‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 8 sur 178 · I." PARTIE. -^ L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." PARTIE. -^ L'EUROPE

disque, et auxquels répondroient ies Hypernotiens qui en occuperoient les bords méridionaux.

A l'est de la Scythie, sont ies Sauromates et les- Amyrgiens, voisins de la mer Caspienne; les Ichthyophages , qui habitent vers ies emboucliures du Woiga, i'Araxe d'Hérodote ; ies Massagètes , répandus sur d'immenses plaines ou déserts autour de la nier Caspienne, à i'ouest, au nord et k l'est.

Les lyrques, les Issédons, occupent ensuite lei régions supérieures.

Quant aux Arimaspes, peuple fabuleux (3, 116; 4, I 3 et 27 ) et voisin des peuples qui dorment six mois de l'année (4? -5 ) . ce sont les Samoyèdes et les Sibériens.

Au-delà , on remarquera ies Hyperfjoréens , qu'il faut nommer encore, lesquels occupent le bord du disque, et qui donnent lieu, dans Hérodote, h un bien intéressant épisode.

Telle est, dans son ensemble, l'Europe d'Hérodote. Nous allons entrer dans les détails géographiques, dont on ne séparera pas, ainsi qu'on l'a déjà remarqué , diverses batailles d'Hérodote, qui abondent en descriptions topographiques.

I. Iles Cassitér'ides. Hérodote { 5 , 115) nomme les îles Cassitérides , ou îles de l'Étain [ y^o^-n^^ç j , lesquelles, dit M. Gosseliin [Strab. traduct. franc, tom. I, p. 4^4 ) > sont les îles Scilli ou Sorlingues, près du cap Land's-End, le plus méridional et ie plus occidental de l'Angleterre. Hérodote juge l'Éridan fabuleux ( «Jk

ZZ GEOGRAPHIE d'hERODOTE.

iiJiiiofj.iti-xits-o CT/HTîû) Tmin^v ). Quant au:c îles Cassilerides, if se borne à en dire qu'elles lui sont inconnues ( K o'iifa.— OU ihvcç OLViv^tu yi.v. OU Suva/ui.itf aKou(raf]. Les Pfléniciens, qui faisoient le commerce de l'étain, en gardoient le secret : témoin ce navigateur phénicien qui, suivi par un vaisseau romain , s'échoua volontairement et généreusement sur un banc de sable ( Strab. 3 , pag. 265 , C. ), et entraîna dans son naufrage ceux qui fe suivoient. Notons, en passant, (pdo'i'û), que le traducteur de Strabon rend mai par jalousie , et qui ine semble pris en bonne part par Strabon : ce géographe, en effet, raconte que le Phénicien qui s'étoit échoué , s'étant sauvé sur des débris , fut indemnisé de ses pertes par son gouvernement.

Les Cassitérides sont, sur ixotre carte n." I, le premier pays à l'occident de l'Europe. Le contexte d'Hérodote ( 4 5 ' • 5 ) ' ) ' ""^^ "^^ ^'' ''"? Eliç^)^!! ct£^c lampiiv 1^77=6)1' , nous y autorise : nous les avons marquées par des points, pour avertir de l'incertitude de leur gisement. Cassitt'rhles , voyez, 1.° d'Anville , Géogr. abr. lom. I, pag. 103; 2." la Martinière.

II. Ibérie , Ibères. L'Ibérie étoit ainsi appelée du nom de \Ebre [ Iber ou Iberus ] , rivière de ce pays.

Les Ibères et i'Ibérie (qui, ainsi que l'Adriatique, la Tyrrhénie et Tartessus, furent découverts par les Phocseens, hardis navigateurs, i, 193, ') répondent a l'Espagne méridionale. Notre historien ne connoissoit pas la figure des côtes baignées par l'océan Atlantique : aussi avons-nous tracé ces côtes par des

points. De cette manière , les golfes de Gascogne et le pas- de Calais ne peuvent se montrer sur notre carte.

III. Cyni'siens. C'est dans ces contrées qu'Hérodote place les Cynésiens (2,' 33), ou les Cynètes, qu'il qualifie (4, 49? 3) de derniers peuples de l'Europe, à partir de l'occident (:7-£;ç «Aia S'ua^im); puis l'Eridan (3, II)) ou le Rhin; puis le pays de l'Ambre, qui est le pays de Hambourg et la Poméranie.

M. Malte- Brun place les Cynésiens en Espagne, au-dessus et très- près de Tartessus : inais, d'après Hérodote (l. i), la dénomination de Cynésiens sembleroit devoir s'appliquer à tous les peuples que nous connoissons sur les côtes du nord de l'Espagne et de la France.

Valckenaer ( 2 , 33) parle des Cynésiens à l'occasion des Cynètes ; c'est-h-dire qu'il fait deux peuples d'un seul et même pfcuple. 1

IV. L'Eridan. Hérodote ( 3 , 115), étonné de voir un nom grec appliqué à un fleuve de contrées lointaines, juge le nom SEridan fabuleux et inventé par un poète. M. Malle Brun pense que ce fleuve , qui se jette dans la mer du Nord (2 , 3 , ( i 5 ^ , pourroit être le Rhin ou le Pô. M. Gossellin ( Gcogr. astronom.) remarque que les géographes s'accordent, depuis deux siècles , à recoiinoître l'Eridan dans la Vistule , ou plutôt dans une petite rivière -nommée Raudane ou Radaune , que reçoit ce fleuve près de Dantzig, à une lieue de la mer, et dans les environs de laquelle on

trouve encore aujourd'hui beaucoup de succin. Nous rapportons ces diverses opinions sans les croire basées sur rien de positif.

V. Pays de l' Ambre. L'électre ( 3 , 115, i ) ou succin, ou ambre jaune, substance très -recherchée des anciens , et qui se recueille aujourd'hui sur les côtes de ia Hollande et de la Poméranie, venoit, dit Hérodote (ibid.) , des bords de l'Eridan.

Hérodote , qui connoissoit par tradition les moyens employés pour se procurer l'électre , ne pouvoit avoir aucune idée précise des côtes : elles ont dû, en conséquence , perdre leur forme sur la mappemonde hérodotéenne.

VI. Celtes. Strabon ( 3, p. 203 , B; 4. p- 3o4) Bl, à la suite de l'Ibérie, nomme les Celtes, les Aquitains et les Belges. Bornons-nous à dire , d'après Hérodote (2,33;4)49>3)) qu'ils sont , après les Cynètes , les derniers peuples de l'Europe à l'occident. Ils occupoient probablement le centre de la Gaule et de l'Allemagne.

A l'occasion des Celtes et des Cynètes, Waickenaer cite un ouvrage écrit en français , où l'on relève les erreurs géographiques de la Martinière. Est-ce que jamais on ne citera aucun mémoire en faveur de cet écrivain, que l'on copie tous les jours, que l'on ne nomme que lorsqu'il se trompe, et qui, le plus souvent, ne se trompoitque lorsque son imprimeur leharceloit et lui demandoit, à époque fixe, des articles qu'il eût voulu rédiger plus lentement !

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