PARTIE. — L'EUROPE
Budins. Cette ville étoit habitée, non paries Budins , peuple nomade qui n'avoit pas de ville, mais par les Gelons , qui habitoient une ville.
On n'a pas été plus exact lorsqu'on a avancé que les Budins, Scythes -Tschouds, habitoient autour des Gelons (1). Entourés de Budins, les Gelons auroient été emprisonnés. Or certainement, les Gelons, industrieux et commerçans , avoient acheté aux Budins, non une prison , mais une partie de territoire où pût s'exercer librement au-dehors toute leur industrie.
La faute n'a point été commise par M. Raoul-Rochette, dans son ouvrage sur l'histoire de l'établissement des colonies grecques ( tom. III, pag. 398 ) : mais comme ni ce savant , ni M. Schw. , n'ont traité la question philologiquement et en réunissant les détails qui y sont relatifs ; comme d'ailleurs l'erreur de M. Larcher est loin d'être réfutée par M. Heeren, dans son précieux ouvrage sur les relations politiques et commerciales des anciens peuples, il importe de soumettre à un examen critique le texte suivant d'Hérodote ; ce sera en même temps corriger mon Pliil, tom. I, pag. 225 sq. : TloKiç Iv auTHn TnT^Xtçoi ^î^^/Vj) '
0llV0f44i <h Tlt TTOM ici Tê^aCCf * TSU TH^iOÇ /Jliyi^ç. — Ketj oîyjoj
oL-mv ^ti'Kiva^, Kctf la t^.. Eçj 'yi Jii oLviiài E?^}ivikS'I' St&Jv »£«!, EMxi'/Jwiç ja!.TE<WJWa(rfiêfa U}a>^/M.in, &C. (H. 4, 108].
(i) Pag. 1415. Au reste, autour, du C.'"^ J. Potocki, pourroit bien ii'ètre qu'une faute de rédaction , cjui ne doit pas être jugée sévèrement.
l86 GÉOGRAPHIE D'HÉRODOTE,
La difficulté grammaticale gît dans cv nl-miin et dans <«ùtb37 : le premier se dit des Budins, qui ont cédé aux Gelons une partie de leur territoire; et le second, de l'emplacement occupé par les Gelons. Cette distinction , nécessaire à la clarté du récit , n'existe pas dans la version de M. Larcher, qui traduit le premier par dans leur -pays (celui des Budins) ; et le second, par dans ce pays : faux sens qui a conduit notre confrère à attribuer aux Budins les maisons, les temples et les usages des Gelons.
Après avoir remarqué que t«;^ç, en parlant de la ville des Gelons, signifie murailles , considérées comme fortifications ; après avoir ensuite fait remarquer l'incohérence de ces idées de M. Larcher , leurs maisons et leurs temples sont aussi de bois. Il y a , EN effet , dans ce pays , des temples consacrés aux dieux des Grecs, arrêtons-nous sur cette phrase , ici yà^ ctit-n^ Éy^,nvi>tav ^ïwc tg^ V.XXnviiccûç y^n<n.iua.a-/xiva, iiyi.X/M,(n te Hctf fiufMÎin ^ vnoîn. M. Larcher traduit, il y a dans ce pays des temples consacrés aux dieux des Grecs ; ils sont bâtis à la façon des Grecs , et ornés de statues , d'autels et de chapelles de bois : c'est-à-dire qu'ici M. Larcher confond les hiérons et les temples , ou du moins remplace ici temples par chapelles. Mais dire des temples des Gelons qu'ils sont ornés de chapelles , c'est dcuiner une idée inexacte. Hérodote, en effet, montre, non des chapelles dans des temples; mais des temples renfermés dans des hiérons; temples qu'il est inconvenant d'appeler chapetles. D'où provieiit l'inexactitude! de ce que