‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 88 sur 178 · I." i'ARTlE. — L'EUROPE · texte numérisé non relu

I." i'ARTlE. — L'EUROPE

M. Larcher a converti les hiérons (i) (souvent vastes enceintes) en temples qui ne font que partie de ces enceintes. Réduisant les hiérons en temples, il s'est vu contraint de réduire les temples en chapelles.

Pour nous, conformément au texte d'Hérodote, distinguons ce qu'en effet il distingue, et traduisons: Là (dans la cité des Gelons) , sont des hiérons de divinités grecques, distribués à la manière des Grecs, et ornés , comme les leurs, de statues , d'autels et de temples.

On remarquera dans cette version littérale, i.''ipà et cHoi rendus dans les termes qui conviennent h chacun; 2.° K^T^ar.iva.tr/J.va. , qui renferme idée d'arrangement et de distribution, et non celle de construction; vérité que nous établissons dans notre excurs. sur ^'EgyP'^'' 3'° /3a)£;^8i;o(/i77, que l'on traduit y>^v festa agere Baccho ( M. Schw.), célébrer des fêtes en l'honneur de Bacchus (M. Larcher] ; mais qui, en vertu de sa désinence tùa , me semble, le plus souvent, devoir signifier célébrer avec transport,

IV. Les Budins étoient-ils dans l'usage de se peindre tout le corps, usage qu'on attribue aux Gelons !

Pour répondre à cette question , examinons le texte.

(i) Plus d'une fois, de vive voix, et dans des notes appuyées par M. Gence lui-même, j'ai essayé de convertir M. du Theit sur son usage de conlondre les termes ii^v et vaiç. Mes tentatives n'ont pas été heureuses : ce savant, dans sa version de Strabon ( liv. 9 , pag. 606, C, et ailleurs), rend viùç par chapelle. Cependant vers la fin de la partie qu'il a traduite, un peu revenu de ses préventions, il rend isg^V YM local sacré, et vaoç par temyle.

l88 GÉOGRAPHIE D'hÉRODOTE,

Il porte, BovS'Tvot , 'îSmoç kv /Ayt y.ttj tuiTO^ov yT^ttvxjov ri -mv l'^c^ç 857 JC^r-j 7wj)fôv. M. Schw. traduit y'ha.vMv tî tt. — ^ Twyfûv , glaucî et rubicundi ; et M. Larcher, les Badins se peignent le corps en bleu et en rouge. La version de M. Larcher, contre son intention , a entraîné M. Rennel à transformer (/, /, pag. 92 ) nos Budins en magiciens (de profession ). Cette version de M. Larcher, comme le dit ce savant, en note, se fonde sur Pictique Geloni, de Virgile . ( C, 2 , i 1 j ). Mais , i ." peuton beaucoup compter sur le fait que raconte un poëte , lorsque l'historien n'en dit pas un seul mot au moment où il décrit et le pays et les mœurs des Budins et des Gelons. 2.° Les Gelons étant colons grecs, est-il probable qu'ils eussent, peuple industrieux et civilisé, pratiqué un usage bizarre , qui semble appartenir à des peuples sauvages? 3.° De ce que les Gelons se seroient peint le corps ( assertion que dément olÂv -nv l»v ôfioTot ov To ^^[M de 4 5 '09» i ) » s'ensuivroit-ii que lés Budins en eussent fait autant! Les Budins, sinon autochthones, du moins fort anciens habitans de la contrée, auroient, ce semble, moins imité les nouveaux venus , qu'ils n'auroient eux-mêmes servi de modèles. 4'° Seroit-ce le mélange et la fusion des deux peuples qui auroient amené cette conformité prétendue! Mais Hérodote ne dit point du tout que les Gelons vécussent au milieu des Budins , comme le prétendent M. Larcher et M. le C.'^ J.Potocki. Chassés des villes-comptoirs du Borysthène , ils avoient demandé aux Budins et obtenu deux une portion de territoire.

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