PARTIE. L'EUROPE
probablement à prix d'argent, comme autrefois une faction de Samiens vaincus ( 3, 59, 1 ) en avoit acheté aux Hermionéens.
Là, ils vivoient ( non pas au milieu des Budins, mais ) sur le territoire acquis ; attachés à ieurs vieilles institutions, comme les Budins l'étoienl à celles de leurs pères. Ma conjecture sur la différence des mœurs et usages de ces deux peuples, deviendra certitude, si l'on se rappelle ce que nous avons déjà dit, que les Budins étoient nomades , c'est-à-dire , peuple pasteur, sans habitation fixe , tandis que les Gelons vivoient renfermés dans l'enceinte de leurs villes ; que ces deux peuples n'avoient ni la même langue, ni la même manière de vivre; que les uns vivoient de blé, et les autres de viandes, soit saines, soit putréfiées; qu'en un mot, ces deux peuples différoient tellement d'usages, que, dans le cas où les Gelons se sereient peints, les Budins n'auroient pas suivi cet exemple; et qu'ainsi le terme vwppof, appliqué aux Budins, doit s'entendre , non d'un usage de se peindre qu'ils n'eurent jamais, mais de la rousseur de leurs cheveux et de leur teint,
TXauMi' est encore plus difficile à définir que Trvppoç et (patoç.
M. Larcher entend yXcujMi' comme Tmpfoç-, de la couleur de la peau. Mais, comme M. Heeren, et, avant lui, le C," J. P., j'inclinerois à l'entendre de la couleur des yeux , et je traduirois yXojuKo) appliqué aux Budins d'Hérodote, 4> 108, i, par ( hommes J aux yeux pers.
ipo GEOGRAPHIE D'hERODOTE,
Le sens que nous donnons à yXaauiùç, considéré seul, ne sera pas celui que nous adopterons pour le composé y?<<wm7n;.
Dans mon Phi/, tom, VII, pag. 306 stj., j'ai fait, sur yXcujxiç et yXajuxZ'^ç , des remarques que je crois devoir remplacer par les suivantes.
Sur ces deux mots seuls, on pourroit faire un mémoire, si l'on entreprenoit de considérer leurs acceptions à diverses époques, 1.° aux temps d'Homère et d'Hésiode; 2.° au siècle de Périclès, où Thucydide, sur-tout, s'appliqua k perfectionner la prose attique; 3.° au temps des Ptoiémées, époque féconde en érudits et en critiques. Je me bornerai ici à exposer le résultat de quelques recherches faciles.
Homère et Hésiode emploient à tout moment ^Actu- KàTnç Àânc», et l'on traduit, Minerva cœsiis oculis [ Minerve aux yeux pers]; version qu'adopte la Fontaine dans ses Alinéides (v. 295 ). Tous les savans, avant et depuis ce grand homme, obtiennent ce sens en recourant à l'étymologie yXaxjylç , qu'ils rendent par cœsius (sens parfois admissible), et u-^, oculus. Mais cette étymologie , vraie à une époque , et conformément à certain mythe, n'étoit certainement pas admise à toutes les époques et dans toutes les croyances.
Pausanias, parlant de la statue de Minerve qui frappoit ses regards (i, i4)> disoit qu'elle avoit les yeux yXoujxeùç, conformément à un mythe libyen qui la faisoit fille de Neptune et de la nymphe du lac Tritonis, Uo^niJata; y.aj a//xv«ç TpiT^vlJhg : c'est- à-dire