‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois indexChapitre 22 sur 72 · Plaines de Troie. Voyez infrà, n · texte numérisé non relu

Plaines de Troie. Voyez infrà, n

I 3. Environs de Cyme et Smyrne. Cette carte, qui se rattache a celle de la plaine de Troie , contient une partie de la côte d'Asie, depuis l'embouchure du Caïque (H., 7, 4-2 )» au nord, jusqu'aux environs d'Ephèse, au sud; supplée à divers détails qui n'ont pu entrer dans les cartes de la Grèce et des îles de la mer Egée ; et sert à l'intelligence de la Vie d'Homère, et de divers points de l'Histoire d'Hérodote. M. Larcher , dans la crainte peut-être de confondre les époques , m'a paru négliger les noms de lieux et de pays mentionnés dans la Vie d'Homère (qu'au reste, il n'attribue pas k Hérodote) : en sorte que sa table omet l'Etrurie, l'Hélicon , Ithaque , les Taphiens , Pithys , tandis quelle mentionne Bolisse.

i4. Coupe du cénotaphe d'Achille. Voyez, dans le Philologue (tom. IV, pag. 4' ^ ) » 'a réponse négative à cette question : Patrocle et Achille ont-ils jamais tu de véritables tombeaux ( Tsifoç ) dans la Troade !

1 5 . Bataille navale, près de Milet, entre les Perses et les Ioniens (H. 6, f; ) ; et ensuite, sur la même planche, Combat de M aie ne , en Mysie (H. 6, 25) ) , par M. Fadeville.

i6. Bataille de Adycale. (H. 9, \oo sq.)

17. P/an de l'isthme de l'Athos. Ma Géographie d'Hérodote (tom. II, pag. 25 I sq.) contient des recherches sur l'Athos, considéré h. diverses époques, d'après Hérodote, Thucydide, Strabon et Ptolémée.

D'après des textes non discutés avant nous, nous nous efforçons d'établir, i." que des deux dénominations Athos et Acte, données au mont Athos, la dernière étoit inconnue à Hérodote ( 1 ) (ce que ne remarque pas la table géographique de M, Larcher ) ; 2.° que, par la construction du canal du grand roi, fe mont Athos n'a point été percé (2); 3.° qu'une colline de six lieues a été h tort placée dans une plaine d'une lieue (5); 4-"' que la position de la Sané dé l'Athos est indiquée par Thucydide en des termes auxquels les géographes n'ont pas fait assez d'attention (4j; 5-° qu'il existe deux Sané, l'une dans la Pallène (5^ , l'autre dans l'Acte (ou mont Athos, pris comme terme générique] , et que celle de l'Acte, ou Athos , étoit sur l'isthme où finit l'Athos, et non dans 1 intérieur de l'Acte ou Athos, comme l'ont prétendu Delille et d'Anville (6); 6.° que Sané, quoiqu'en dehors et au nord du canal, est attribuée à l'Athos par Hérodote (7) ; 7.° que Strabon ne met pas Sané parmi les villes de l'Athos, ou parce qu'on s'étoit habitué h ne placer dans la péninsule que ce qui étoit au midi du canal, ou parce qu'elle n'existoit peut-être plus du temps de Strabon (8) ; 8." que Ptolémée (autorité d'un grand poids, puisqu'en décrivant les côtes il en suivoit les sinuosités, et que, par là,

(1) Voyez m.i Cci'gr.yhie d'Hcrodnif , tom. Il, png. 266 et z-J. — ^1) IL pag. i6j. — (3) H. pag. 270. — '4) It. pag. 272 si]. — ()) It. et thikil. t. IV. pag. 143 et 2141^., où nous parlon.'i et des deux Sané , et de l'unique ;1ï«4ii, — ((■) !>■■ pig- ^74- — (7) i'>- P^ig *74. »75- — v^) It. pag. 276.

ANALYSE DES CARTES. ii

il devoit inoins se tromper qu'un géographe théoricien) , que Ptoiémée, dis-je, place Acanthe sur le golfe Singitique , mais que le moyen de le concilier avec Hérodote , qui place Acanthe sur le golfe Strymonique , est de reconnoître deux Acanthe , situées , l'une sur le golfe Strymonique , l'autre sur le Singitique (i) ; que d'Anville, qui donne une position d'Acanthe uniquement d'après Hérodote, néglige à tort celle indiquée par Strabon , puisqu'elle est indispensable pour la connoissance du périple de fAthos (2) ; 9.° que les côtes voisines de i'AthoS sont prises pour l'Afrique d'après une vicieuse interprétation de w^pot- (3); i o." qu'il existe une mer des Acanthiens (4)> et qu'il résulte du silence de M. Larcher sur l'existence de cette mer, un grave inconvénient ( 5 ) ; I 1." qu'il faut reconnoître des Acrathoens et non des Acrothoens (6) ; 12.° qu'Uranopolis [cité du ciel] désigne l'Athos tout entier, et non une ville de l'Athos ; que Cantacuzène, qualifiant l'Athos de ■nâ'htv oùpaviav [cité du ciel ] , et les moines de toute la montagne Sainte, de oùç^:r.vo7nx7Tttj [habitans de la cité céleste] , désigne, non une ville de l'Athos, non la ville d'UranopoIis , qui n'a jamais existé, mais la péninsule toute entière, mais tout l'Athos, avec ses cinq villes, appelé montugne Sainte , locution qui correspond bien à l'Uranopolis, cité du ciel : qu'ainsi l'on a tort de prendre pour une ville, des déblais ou ruines de chaumières; que rien, ni texte, ni monument quelconque, n'appuie l'existence de la ville d'UranopoIis; et que, par conséquent, H faut se résigner k la rayer des cartes ( et de la nôtre, par

(i) n. 180 sq. — [^) Ib. pag. 277, 282, 283. — (j) Ih. p. 278 tq.— (4) pag. 283. — (;) lU — {6} U. pag. 184.

i2 II.' INDEX,

conséquent) , et h. laisser tomber dans l'oubli une vilfe que les géographes plaçoient dans une vallée, tandis que, par la composition de son nom , Uranopolis ( nom de tout i'Athos) s'élevoit jusques aux cieux.

1 8. La Doride , la Locride , la Phocide , &c. Une lecture approfondie du texte d'Hérodote m'a mis à portée de faire à cette carte des corrections et des additions que je crois d'une haute importance.

Elle donne, i .° la mer de Thrace, distincte d'une autre mer de Thrace sur le Pont-Euxin, dont le contexte d'Hérodote conseille la dénomination ; 2.° Artémisium , golfe; 3.° Artémisium ou hiéron d'Artémis ; 4-" Doride, avec son surnom de Dryopide. Pour Atalante, nous renverrons au Ph'il. tom. III, pag. 183 sq. et tom. V, pag. 63. Nous y parlons de sa position, et de l'époque où elle fut pour la première fois habitée.

J'ajouterai, s'il est permis de faire valoir les moindres améliorations, que j'ai fait écrire, sur la carte où il convenoit de les écrire , ces mots : Détroit de l'Eubcc ; et celui-ci : Artémisium (mer). D'An ville et autres indiquent sur leurs cartes V Artémisium , mer; mais omettent la dénomination (ï Artémisium , hiéron d'Artémis. C'est supprimer un point de départ montré par Hérodote, et un moyen de calculer les distances. C'est ce que j'espère démontrer dans ma Géographie d'Hérodote. Voyez le n.° 19.

1 9. Fronticres de la Béotie. Nous ne pouvons pas garantir tous les tracés de cette carte , faite d'après la Morée de M. Barbie. Nous affirmerons du moins qu'on n'avoit pas encore présenté, ainsi détaillé, le tableau d'une grande

partie de la Béou'e et de la Phocide. Des routes fréquentées et fameuses dans l'antiquité ont été marquées de manière à faciliter l'intelligence de divers auteurs. La carte rappelle, entre autres événemens, la rencontre d'CEdipe et de Laïus (Soph. (Ed. T. v. 735 sq.], et marque le schiste odos \%^ ô/of, ib. V. 752], qui, certes, n'est ni dans, ni vers l'AuIide, comme le pense le scholiaste grec de Sophocle. Au lieu de AÙxlJk, je soupçonnerois que le schol. avoit écrit Aa.v>'iJk, mot que donne Homère, //. , 2, 519.

Oùservalions , relatives à Delphes , aux DelphienS, et àPytho , des n." iS, i^, 74.

Au n." 18, époque où j'écrîvois contre la prétendue ville de Delphes, M. Isambert a écrit sur sa carte, Pytho, les Delphiens. A une autre époque, M. Barbie, n'admettant pas mon opinion, a écrit sur sa carte n.° 74, Delphes ; et postérieurement M. Isambert, n'ayant pas eu le temps de peser mes raisons , a écrit , au n.° 1 9 , Delphes ou Pytho, en laissant toutefois subsister le mot Delphiens. Voilà une grande discordance d'opinions.

La mienne a été jugée audacieuse par des enfileurs de notes : mais j'espère démontrer, dans un mémoire, i ." que, chez les trois grands historiens de l'antiquité, il n'a pas plus existé de ville de Delphes, qu'il n'exista de ville d'Athènes avant Thésée; que soutenir le contraire, c'est aller contre le génie de la langue et commettre un anachronisme; 2." qu'à la vérité Pausanias (10, 8, pag. 818, lig. 2) donne aux Delphiens une ville proprement dite, une astu (açv), mais qu'il a pu être induit en erreur par la ■n'oXa

ii II." INDEX,

d'Hérodote ( 8 , 36, 2 } , mot qui, vulgairement mal rendu

par ville ( i ) > ^ donné lieu à une création gratuite de quan-

"7 tité de villes ; que d'ailleurs notre assertion ne peut être

combattue par celle de Pausanias , parlant de la Phocide de son temps , plusieurs siècles après les trois grands historiens de l'antiquité ; 3.° que l'on met à tort l'hiéron de

• Delphes au milieu d'une prétendue ville de Delphes; car

l'hiéron qualifié Sh'iéron de Delphes appartenoit tantôt aux Delphiens, tantôt aux Phocéens { Thucyd. i, 112); et lors de ces révolutions on ne disoit pas, selon que l'intendance de Thiéron appartenoit à ceux-ci ou à ceux-là, l'hiéron de Delphes , l'hiéron de la Phocide ; l'hiéron s'appeloit constamment, indépendamment des chances des combats , l'hiéron de Pytho, Il fut désigné presque toujours sous le nom à'hiéron des Delphiens \-n> Iv Aè>.(Po7ç], parce qu'il ne fut presque jamais contesté aux Delphiens, peuplade de ministres consacrés au dieu de Pyiho; 4-*' que Pytho, qualifié |df ville par MM. Larcher, du Theil, &c. &c. , n'a jamais été appelé ville dans Homère, quoique Pausanias affirme le contraire , d'après un vers d'Homère qu'il n'a pas compris; 5.° que Pausanias, qui (10, 6, pag. 812) qualifie Pytho de vôxiç , mot traduit par urbem chez X., le désigne uniquement comme nom de lieu [6, 4.1, pag. 460), d'abord 6,4, pag- i^o, lig. 3 3 , et p. 46 1, lig. 25; que, dans ce dernier passage, il nomme Pytho avec la Némée et l'OIympie, que j'ai invinciblement dé-

(1) Voyez notre Index d'Hcrodotc , au mot iio^if. — Dans les temps attcrieurs à la civilisation , on lubitoit par dlmrs ou bourgades; on n'avoit point de villes : le territoire de ca liabilans^de diverses bourgades s'appetoit mKiç: et, avec le temps, inKK, par extension, a signilîé même ville preprt^ent

'''■■'•■ montrés

ANALYSE DES CARTES. 2j

montrées être uniquement noms de lieux (i), et qu'ainsi, sur ce point, il ne se montre point du tout topographe exact; qu'il est loin de ressembler à Thucydide, qui-( 5, 18, 9, et sur-tout 5, 23, 4), ayant îi nommer l'Olympie, Pytho, l'Isthme et Athènes, donne 6KviJL7na(n ^Xl\j^7 ^iâ-iJi.tf, sans épithète ni scholie aucune, parce qu'il n'y a nulle équivoque, et qu'ils se disent tous trois uniquement de noms de lieux; tandis qu'après avoir écrit cf A^vati, locution équivoque, puisque A^nivcLj signifie tantôt la ville d'Athènes et tantôt son territoire, il ajoute (5, 24> 4) w wôAw, et qu'il fait suivre ■srùA;«, mot équivoque pour nous, de wap' ASmv^, aupr(s de Minerve , ce qui indique l'Acropole, où étoit la primitive Athènes; précaution qu'emploie de nouveau Thucydide (5, 24, 4)» lorsqu'il a nommé Iv ha.MStuiMvt. Ce mot signifiant tantôt ville et tantôt territoire, il ajoute, 5rap' A'7To>^uvi cv A/x,-jxMtloi, auprès d'Apollon, dans l'hiéron d'Amyclte, lieu tout-h-fait distinct de la ville de Sparte; 6.' que Pytho, qualifié de Tiixtç par TiHustre Eustathe (2J, se trouve ailleurs uniquement désigné comme nom de lieu par le même Eustathe^'3) , dans cette scholie , é nû^roç -nmi 0 TTtfi AeAipoûf ; ce qui prouveroit , ou qu'Eustathe n'avoit pas d'idée fixe sur. la qualification à donner k Pytho, ou que cette scholie a été communiquée à Eustathe, et admise par lui dans son Commentaire, sans rapprocher sa note de l'Iliade, de celle de 'l'Odyssée; 7.° que Pytho est à tort donné par M. Larcher, dans sa Géographie, comme synonyme de cette ville de Delphes, qui n'a jamais été ville dans

{>] Sur la Némér, voyez carte n." 7;, et sur l'Ulympie, n.» 81. (1) Comment, nd Uiad. , 2, pag. 274, éJit. Rom. i;4i. (j) AdOdysi., 1, pag, 1389, lig. 39.

les temps anciens; 8.° que Pytho , h'uron , ou enceinte sacrée d'Apollon, ne fut jamais, dans l'antiquité, au milieu des villes, m^us, suivant l'usage, loin du tumulte des villes; que les preuves de ces assertions et autres seront données dans notre ^Mémoire sur la prétendue ville de Delphes. ( Voyez supra, pag. 22 sq., et infrà , n.° 74.)

20. Les Thcrmopyles et ses environs. Discussion faite des textes d'Hérodote et autres écrivains , j'ai changé divers points de cette carte.

Ces changemens se fondent sur un mémoire dont voici le sommaire : Topographie des Thermopyles. — Pyles , Thermopyles , tantôt synonymes et tantôt distingues (distinction que j'ai respectée dans la carte). — Les Pyles existoientclles avant le mur des PJiocîens! — Trois points distincts dans les Thermopyles (considérées lato sensu), et marqués dans notre carte, où A, B, 6" désignent ces trois points étroits, appelés T* fîfct. J'ai, sur cette matière, un excursus philologue.

2 1 . Topographie de Salaminc (H. 8,70 sq. ). Nous avons pris pour base le plan topographique de M. Barbie, qui lui-même avoit dressé le sien sur le plan de M. Foucherot. Le nôtre est fait sur-tout pour le temps d'Hérodote. II ne contient, en conséquence, que les lieux et les détails consignés dans ses récits.

Diodore, 2, 17, indique un înjpof. Nous l'avions omis; notre carie supplée îi notre omission.

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