THUCYDIDE. 11/ SECTION
3 I . Za Sicile, par M. Coutan. A des dénominations insignifiantes, nous avons substitué celles de, \.° mer de Tyrrhénie (appelée ensuite Thuscie); 2.° mer de Sicile, dénomination indiquée par Thucydide; 3.° mer de Lybie, Voyez infra, n.° 105 , Phèdre et Thucydide expliqués.
32. Plan de Syracuscs ( Thucyd. , liv. 6 et 7), par M. Letronne. Dans ce plan très-soigné, M. Letronne a considéré Syracuses telle qu'elle étoit, sur-tout à l'époque que décrit Thucydide.
33. Plan de la première bataille des Athéniens en Sicile, par M. le général Sorbier.
34. Bataille des Sy hôtes , par M. le chevalier Teullié. Cette bataille est un des faits militaires les plus importans de l'Histoire grecque de Thucydide ; le plus mémorable combat naval de Grecs contre des Grecs,
Quoique livrée sur des parages aujourd'hui assez fréquentés, on n'en a aucun relevé d'une rigoureuse exac-
titude. La partie de Corfou est réduite, d'après la cai^te de cette île, publiée par M. Je Chevalier, et celle de la côte opposée, d'après des matériaux que m'a fournis M. le chevalier Teuliié, ingénieur français, qui a long-temps résidé à Corfou. '
Ce que les cartes antérieures laissent à désirer, nous a été en partie révélé par" les textes. D'après les textes , nous avons cru [)ouvoir affirmer, en i H 17, c'est-à-dire, long- temps avant fa publication du Voyage de M. Pouqueville, i .° que le fleuve Achéron, coulaiit du centre de lEpire, tombe dans le lac Achérusias; qu'il le traverse, et se jette ensuite dans le Clycls-limen ou la mer; mais que la distance entre sa sortie de i' Achérusias et la mer est si foible , que Thucydide (i, 4^, 2) a pu dire , l' Achérusias se décharge dans la mer ; et Strabon , l' Achéron , à partir de l' Achérusias , recevant plasi-turs fieuves [le CDcyte[\], entre autres), se jette dans le Clyeis-limen om port Glycis , qui est la mer ; 2.° qu'il y a identité entre Cichyre et l'ancienne Éphyre (2), qui est la moderne Parga ; 3.° qu'il y a pareillement identité entre Eléa et Glycis-limen.
} 5. Cotes de la basse Asie. Cette carte présente, d'après Thucydide, i .° l'état du pays , considérée une époque où il étoit indépendant des Perses (indépendance qu'il perdit bientôt, ainsi que l'indique la carte de M. Barbie); 2.° la Phasélis présumée de Thucydide ; et de plus { addition faite en 1 8 I 8 ) , les limites de la Doride. Voyez , sur les Doriens et la Doride, le Pbdol. tom. III, pag. 172 sq.
(1) Pauianias , i, i(5. Voyez ausji /Vî//»/. tom. 11 , pag. 25417.
(i) PhM. tom. IV, pag. 1.47 sq. , et Aucr.ir. Xfnoph. tom. 1, pag. 179 iq.
•3^. L'Hellespont , par M. Barbie du Bocage. De nouvelles études sur Hérodote et Thucydide m'ont conduit à améliorer cette carte , et à réparer des omissions tie d'Anville et autres.
II résulte de discussions consignées dans ma Giograph'u d'Hérodote [lom. II, pag. 182-250), que l'illustre d'Anville a tort d'oniette , dans son Asia minor , 1.° Idacus , 2.° Arrhiûnes , 3.° le cap Cynosseine. II en résulte encore que ce même géographe a mal placé, en i/jtî, sur sa carte particulière de l'HelIespont, ce cap Cynossème, qu'il a omis en I7i4i <î"6 certainement Cynossème doit être placé au nord et non au. midi d'Idacus. A l'aide du texte grec et du sens des prépositions , discutées avec soin , nous avons éclairci la topographie de l'HelIespont, corrigé diverses erreurs, enrichi notre carte de THeilespont d'IJaciis, d'Arrkiaiies, de Cynossème , et des tours d'Europe et d'Asie, qui paroissent pour la première fois, ainsi que le nom de Pydius.
Des deux tours, laquelle étoit habitée par la prêtresse Héro ! Musée (ij nous met à portée de répondre à cette question, puisqu'il. nous dit (v. 27 ei pass.) que Léandre demeuroit dans Abydos , et que Héro , prêtresse de Cypris ( V. 30 ) , séparée des auteurs de ses jours (2), habitoit , sur le territoire de Sestos (v. 20), une tour située près de la mer ( v. 3 1 ).
J'ai dit , I .° sur le territoire de Sestos : car , prêtresse de
(1) Amour! âe Héro et Je Léandre.
[i] Le Lexicon Xenoph. avertit que tq^-^voi signifie quelquefois, dans ce sens restreint, parentes.
31 n." INDEX,
Cypris, elle desservoit un hiéron, qui, suivant Tusâge antique, devoit être hors de la ville de Sestos, et non dans fa ville; et celte conjecture n'est point combattue par le SHsif ti/itjiv du vers 26 ; car le grec Sxsàf , quoique qualifié de TTo^i/f (v. I 6 et 17), peut désigner tantôt la ville et tantôt le territoire; 2." séparée des auteurs de ses jours nie paroît mieux rendre 77vppi>v , ^xtb 'Sfoyivinv (v. 31), que turr'im avitam , version de X., à tort adoptée par ma version françoise. Héro, prêtresse, vivant dans la solitude, loin des auteurs de ses jours, n'ayant que les flots de la mer pour voisins , intéresse bien plus que Héro, habitante d'une tour, héritage de ses pères. Peut-être conviendroit-il d'ajouter que TTJft^i de Musée doit probablement se prendre dans un sens d'extension , admis par Eustathe , et signifier , non j)as seulement une tour, mais un château , un fort d'une grande étendue, lequel auroit contenu l'hiéron de Cypris, et qu'auroit habité la prêtresse Héro. Nous reviendrons ailleurs sur ce point de critique,
37. Combat naval sur l'Hellespont , par M. Fadeville. Voyez ma Géographie d'Hérodote , tom. II, pag. 248 sq.
. 38. L'empire des Odryses. Et l'histoire de Sitalcès, qu'on est fondé à nommer l'Epaminondas de la Thrace , et la géographie de son empire, considérée philologiquement , sont un sujet absolument neuf. J'ai fjiit sur cette matière un mémoire divisé en trois parties. L'histoire de Sitalcès est l'objet de la première ; la géographie de la Thrace Odrysicnne, celui de la deuxième. .Te traite, dans la troisième', de gouverneurs qui rclevoient du roi des Odryses, et que de célèbres antiquaires ( Eckhel , Cary et autres ^ ont
mal
mal à propos mis au rang des rois de Thrace. Voyez, i ." le Rapport de rinstitut, 2 juillet 18 13,. p. 32-35; 2.° Thuc. tom. II, pag. 9j sq.; 3.° H. 4, 92; 4.° Phîlol. tom. III, p. 160 sq. et 39(5; 5.° V Index de ma Géographie d'Hérodote- Voyez Y Index.
39. Z<2 //(7wr^ et basse Macédoine, l'Epitkrace, la Thcs^ salie et iillyrie. Le fond de cette carte, empruntée de celle de la Grèce de M. Barbie, présente, dans les détails, beaucoup d'innovations, mais toutes jusiifiées par les textes grecs. La première à défendre est celle à'Epithrace.
En mille passages , ces deux locutions, « O/iâx-H et là. Itt'i &paLK»ç, se trouvent traduites toutes deux par la TArace(i) , ou, la première, par la Thrace , la seconde par les affaires de la Thrace : mais , d'après une ample discussion des textes, j'ai jugé nécessaire., grammaticalement et géographiquement , d'établir une distinction entre l'une et l'autre locution , et d'enseigner que « 0p4''-» signifioit la Thrace proprement dite, celle qu'habitoient les Barbares; -jk Wi ep^nç (s. %&>p/a), l'Épithrace, ou les villes épithraces ; dénomination qui indiqueroit les colonies grecques établies sur la mer Egée , depuis la presqu'île de la Pallène jusqu'à Byzance (2). Ua. Géographie d'Hérodote (tom. II, pag. 1-72 sq. ) contient un Mémoire grammatical, histo- ,rique et géographique, i ." sur l'Épithrace, ou colonies .grecques duiittoral de ia Thrace; 2.° sur l'expédition des
(1) Ou bien encore on traduit, non moins fautivement, « Q^sàw par ia Thrac(, et ra' '£m QfaKKç par les affaires de la Thrace.
(2) Notre carte n'étend pas l'Épithrace jusqu'à Byzance; c'est-à-dire que aoHs avons trop peu oj/. ' •
Athéniens et leur défaite à Drabesque l'Edonique ( ihid.
p. 72 jy.); 3.° sur la Ihrace odrysienne (/^, p. jC sq,).
On trouvera sur la même carte , n.° i j , ie golfe Piérique, non auprès d'AmphipoIis, comme on le fait ordinairement, mais au-dessous du mont Pangée. Nous reculons au-delà du Strymon les Odomantes, que plusieurs géographes établissent en-deçà. De plus, nous divisons fa Macédoine en haute ^t basse Macédoine , innovation autorisée par Thucydide ( 2 , fjp , 1 ) , et même Hérodote; (7, 173, 5 ; 8 , 137, 2.) Voyez l'Index de mon Hérodote, ad voc. Aîacedon'ia super/or.
D'après Xénophon (E. 4, 39; tom. V, pag. 34^)5 je donne, dans la Tbessalie, Pras, Narthace , et les monts achaïques de Phthie, qui semblent être ce que les géographes postérieurs appellent Othrys, montagnes citées par Théocrite [id, 3, 43 ) ? et que son scholiaste dit montagne de Thessalie, sur laquelle étoit située Phylacé; passage utile, en ce qu'il indique une position de ville qui embarrasse des géographes.
Nous avons conservé les mots Aclidie et Afélitie achdiquc : cela doit être, puisque, du temps de Thucydide (4. 78, i) , ces mots s'appliquoient à une partie de la Thessalie ; et de plus, dans fa Thesprotie, nous avons donné i'Jiiéatide, qu'aucune carte ne marquoit avant nous.
Voyez, dans fe Philologue, tom. IV, pag. 4-3, un excursus , i ." sur la mer de Thrace d' Homère ; 2." sur l'erreur d'Eustathe à ce sujet; 3.° sur la marche des vents, dans Homère.
4o. Topographie d'AmphipoIis , pour finlelligencc du siège d'Amphipofis.
Le Lacédémonien Brasidas se présente devant Amphipolis (Thucyd. 4> '03 sç[.). Favorisé par une faction de l'intérieur, il Feût prise d'emblée, s'il n'eût perdu le temps en excursions (4? io4) 2). Cependant Brasidas, informé que Thucydide, possesseur de riches mines dans cette
partiede la Thrace qui avoisinoit Thasos (4> io4, '05)> mettoit en mer, avec sept vaisseaux, de Thasos (4> 104)» fait tous ses efforts pour hâter la reddition de la place avant l'arrivée de Thucydide (ib.). A l'aide d'une insinuante proclamation , Brasidas prouve aux Amphipolitains, et même aux Athéniens (4 ^06, 1 ] , qu'il faut lui ouvrir lés portes d'AmphipoIis. II entre dans la ville (4, 108).
La topographie d'AmphipoIis est si bien tracée par Thucydide , qu'il a été facile d'en dresser un plan d'après son texte. II décrivoit comme témoin et acteur.
Nous venons d'annoncer fa topographie d'AmphipoIis ; azinonçons maintenant la bataille de même nom.
4' • Bataille devant Amphipolis , par M. Fadeville (Thuc.
5, 2, j^. ). L'arrivée de Brasidas à. Amphipolis date de fa
première année de la 89.' olympiade, 4^4 «ins av. J. C.
rLa bataille dont nous allons parler, se livre la troisième
.année de la 8cj.' olympiade, 4^2 ans av. J. C.
La prise d'AmphijJoIis avoit consterné les Athéniens (4) J08 ) , qui tiroient de ce pays des bois de construction , des contributions pécuniaires , et qui d'ailleurs •voyoient leurs colonies menacées, et une nouvelle route jusqu'au Strymon s'ouvrir aux Lacédémonîens. Athènes ne pouvoit rester tranquille sur les suites de cette révolution.
36 nr INDEX,
Gléon, qui, contre l'attente des Athéniens ( 4> 28 sg.]^ avoit été vainqueur à Pylos ( 4 , 2.8 sq.), marche sur ïÉ;?ithracc (5, 2 sq,), fait sans danger le péripie de cet Athcs (Thuc. 5, 3, 4), qui fut si fatal à la première expédition des Perses contre les Hellènes (H. 6,44)- Cléonétoit parti avec trente vaisseaux ( Thucyd. 5, 2, i ), 1200 hoplites > 300 hommes de cavalerie, et la plus grande partie des alliés. Une bataille se livre : Brasidas et CJéon y périssent; (Voyez, i." le pian; 2.° les tableaux chronologiques, pag. 206.)
J'ai dit dans l'Epithracc ( ou sur k littoral de la Thrace); car ceux qui écrivent que: CJéon va dans la Thrace ( con^ tinentale) avec une flotte, vont contre le génie de la langue, négligent une vérité historique et topographique, et se rendent inintelligibles.
-4-- Carte de la presqu'île de la P aliène et d'une partie de l'Epithrace , pour l'intelligence du siège de Potidée, Ce siège commença îa deuxième aimée de la 86." olympiade, 43 5 ans av. J. C. , un an avant la guerre du Péloponnèse. Au lieu d'indiquer ce siège important sous le double rapport de l'histoire et de la géographie, M. Larcher se borne, dans sa Chronologie , à en citer une petite circonstance. (Voyez mç&' Tableaux chronologiques , v."' siècle, an 43 5 avant J. C. )
43- Détroit de VEuripe, pour expliquer, I. l'expédition de. l'Athénien Diitrej)hcs contre les /Mycalessiens (Thuc. 7, 29) ; II. la position d'Aulis;lll. lajttée.
I. Expédition de Diitréphis, intéressante et comme fait historique, et comme moyen de découvrir la posit'on de Aiycalessi.-
ANALYSE DES CARTES. ^f
Cette expédition, Fune des plus désastreuses de la guerre du Péloponnèse (Thuc. 7, 30, 5 ), mérita (Paus. 1, 25, p. 54) les honneurs d'une statue de bronze à Diithréphès, exterminateur des Mycalessiens ; et cependant le nom de cette expédition n'est prononcé ni par Dodwel, dans ses Anna/es, ni par M. Larcher, dans sa Ckrono/ogie. (A'oyez mes Tableaux chronol. pag. 212.)
Elle intéressera, non-seulement comme fait historique, mais encore comme moyen d'arriver \ la position de Mycalesse. Des géographes distingués mettent Mycalesse assez près de la mer : pour moi , je me crois fondé à la reculer dans l'intérieur des terrçs, d'après Pausanias ( i, pag. 54}> et sur-tout d'après ce passage de Thucydide ( 7, 29, a ) : Diitréphes surprit les Alycalessicns , qui ne songeaient pas qu'on pût, de la mer ( 'àiro dtO^aomç ) , s'avancer à une si grande distance ( -rinZiTiv] dans l'intiricur des terres. Voyez l'Atlas d'Anach. n.* i4, mettant Mycaleite (sic) près de la mer.
II. Position d'Aulis. Delilie et d'Anville diffèrent entre eux sur la position d'Aulis. Dans les cartes d'Anach., n.° i 4, M. Barbie met Aulis dans une direction presque méridionale, à plusieurs lieues de Chalcis et à l'est d'Hyrie. Ces différences d'opinions m'ont donné l'idée de recourir, en 1 8 i4 (1)5 aux sources anciennes. D'après les textes donc, nous placerons le bourg et port d'Aulis {2) à l'ouest de
(1) Voyez, I ." Eiijforl Je r ,'risiitut , i." jiiilLt iSi4. C'est un an apris nl.i lecture faite à l'Institut, que M. Geil m'a annoncé, de Naples , la communication de son plan de l'Euripe; 2." mon Philologue, tom. IV,. pag. 421..
(2) Je croirois Aulls adj. grec, dont le subst. sôus-entendu sei-oît W^jt : ot- alors Aulis seroit lieu exj/ose' aux vents. Eurip.- [Iphig. A, 120, 121 )
Chalcis( I ), non d'après ce passage de Tite-Live (3>p.797) - A Chalcide Aulidem trajicit trïum millium spatio d'istantim, portum ïnclytum statione quondam mille navium Agarnemnoniœ classis , Dianœ templum (2) ; car s'exprimer ainsi, c'est donner uniquement une distance (3) et non une position : mais d'après des p.issages de Pline, de Pausanias et de Diodore.
Piine (liv. 4» c. 7) (4) dit : In ipsis faucibus Eurîpi , quem fdc'it objectus Insutœ Euboeœ, Aulis capaci rwb'dis portu ; ce qui signifie , Aul'is est précisément dans la partie la plus resserrée de l'Euripe, que forme une pointe de terre, qui, de l'île d'Eubée ( s'avançait vers la Béatie ) ; et liv. 4» ch. 12, Chalcircujut ex adverso in continente Aulis est (5). Il résulte du premier passage, qu' Aulis était précisément dans la partie la plus resserrée de l'Euripe ; et du second, qu Aulis itoit h l'opposite de Chalcis. Nous sommes donc fondés à mettre Aulis à- l'ouest de Chalcis [d).
Pausanias { y , pag. 74? ) apprend qu'à c{uelque distance de rhiéron de Cérès mycrilesiienne (enBéotie) est Aulis-
appelle AuVii , (ti:Ai/fttK toi- ymK'mai''^ -Tpipny' Et/'é'jmf. Dans Slrjbon , 8 , pag. i j !> , B , et p.iss. , aJhM , nom de plusieurs vjiies , signifie vaHa.
(i) M. B. met Aulis au sud, en tirant un peu vers l'est.
(2" Ici lemp'um n'est pas synonyme d'/iU'roit, car Pausanias (9, pag. 748) l'appelé mof.
(j) Encore, quelle distance! S'agit-il d'une distante marine . ou de !a distance de Chalcis à Aulis, en suivant la jetée!
(4) ^'oyci Pausanias, pag. 9r4; et Pline, liv. 4, ch. -.
(;) Chnkii.Aevant Liqu/lU al Aulis dans le continrni : telle est l'inexa'tc version de Poinsinct.
(6) Nous ne citerons pas Est de Byi. , metunt AuUs «truci de Chalcis; car cet aKU»» , sans terme de 'omparaison, dit trop peu.
X'iais cet hiéron est sur la route de Mycalesse, et ia route de Mycaiesse est à l'opposite de Chalcis. Aulis est donc pareillement à l'opposite et à l'ouest de Chalcis.
Ce que nous affirmons, d'après des textes comparés. Diodore { 1. 1 , p. 5 77 ) ne l'enseigne-t-if pas formellement, lorsqu'il assure que la jetée (p^Wjt«t), d''un côté, touche k Chalcis, et que, de l'autre, elle est près d'Aulis : Aulis doit donc être rapprochée de cette jetée, et placée sur le continent béotien, à l'ouest et en face de Chalcis : assertion que confirment MM. Gell et autres savans géographes et voyageurs.
III. Le Zevgma. Qu'est-ce que le Zeugma de Thucydide (7, 30, 2)! Mes devanciers, et parmi eux Ducker (i), jugent ce mot altéré (l), et proposent "élw tbû -m^iv/Mi-nç, hors du trait. Rien en effet, ajoute le même Ducker, de plus connu que sVttç el ^^(Jù ^iXuv et ■jv^iùiMi-Tnç , locution devenue presque proverbiale, défendue par Bauer (3) , et admise par d'Ablancourt, par M. Lévesque et par d'autres encore. Pour moi, je croirois que l:!,iûy>M>.'n>i; , mot précieux
(i) Hac est scriptura vu!gata hujus loci , de cujusveiitate non sine causa dubitari. potest. Ducker.
(2) A peine ma traduction de Thucydide eut paru, que, revenant à l'ancienne leçon ^ivyjuufnç , trop facilement abandonnée, je fis imprimer un carton où je traduisis çiiX jete'e.
(3) Tarn facilcm lecthncm, qualis sa î'^nj 7B|tt(fcu»75f, qux mutdndi fuerjt causa non video. Ainsi parle Bauer, (pii auroit dû suspecter cette leçon,précisément parce qu'elle est facile. Voyez les raisons ci-après, et sur-rout tom. VI de mon Xénophon , 11.' part. pag. 11. J'y prouve combien on doit se défier des leçons faciles qui, trop souvent, remplacent témérairement le» Us leçons difficiles.
iP Jl/ INDEX,'
pour la topographie de l'Euripe , doit être conservé et rangé parmi les i/7af hîyifjmva., mots une seule fois dits , on du moins rares ; qu'il s'entend d'une construction , ou jetée faite sur l'Euripe pour unir la Béotie à VEubée ; et qu'il répond au ■)^yui. de Diodore ( tom. I, 13, pag. 577, et au yi<^uçy. tftTrXêS^ioç de Strahon (9, pag. 618). Voyez les diverses acceptions de 'C.ily^, \ ." 7, 30, 2; 2.° 7, 6^, 4; 3.° 7, 70, 2.
44- Jetée de l'Euripe. Le mot jetée est, je le répète, la version littérale du ÇeJl^ de Thucydide, dont nous venons de parler au n." 43-
La construction de cette jetée a enfanté plusieurs hypothèses que j'ai exposées , en indiquant celle qui m'a paru préférable. Voyez Rapport de l'Institut, i." juillet i8i4.
4). Straits of Egripo, de M. Gell. \'oyez n.° 43-
46. Essai sur la batailk de Platée , d'après Thucydide. V o)-ez suprà , n."' 25 et 26.
47. Topographie de Platée , d'après des remarques de l'Anglais Hohhouse. C'est ma première lecture de la topographie de Platée à i'Listitut qui a donné à M. Stanhope, assistant h cette lecture, l'idée du plan annoncé. Mes études sur Hérodote et les plans de iMAL Gell et Stanhope ont mis M. Isambert à portée de donner des cartes plus exactes de Platée.
48- Plan géométral et perspective du siège de Platée par *#*» les Lacédémoniens, Deux planches, n."' 1 et 2 ; j)ar le savant
M. Rondelet.
La
La légende des deux planches dispense de commentaire. Il ne sera cependant pas hors de propos de donner aux possesseurs de la première édition , une idée des améliorations et corrections de la seconde.
La première correction est indiquée ( planche i ) par la lettre G, Voulant indiquer ïa structure intérieure dn mur de bois [^vf^ivov ■m^^, 2, 75, 3), ou bâti de charpente, nous en montrons une partie dépouillée de la cloison qui probablement servoit d'abri aux tr:ivailleujs montant les remplissages en briques.
Au lieu de cette-cloison, Thucyd. ( 2. , ^6 , 4 ) dit que le bâti de charpente étoit clos en devant par des cuirs et des peaux qu'indique ( pî. 1 ) îa lettre E. Des cuirs et des peaux, seul moyen présenté par le texte grec, devant être un foible rempart contre des projectiles de toute espèce, nous pensons que le bâti de charpente devoit être fermé sur le devant par une cloison.
La deuxième planche contient trois corrections : la première consiste à supprimer tout intervalle entre îa terrasse ( x^l^ ) des Péloponnésiens et le premier mur des Platéens; fa deuxième, à supprimer l'intervalle qu'on avoit exprimé en profil avec la lettre E, et à transporter l'incendie (sous la même lettre) entre les deux mur?; la troisième, à remplacer ces mots, nœuds coulans pour amortir les coups, par ceux-ci, nœuds coulans pour enlever les béliers, car la fonction des nœuds coulans n'étoit point du tout d'amortir; la quatrième, à rétablir la galerie souterraine et à lui donner une pente uniforme. Voyez les n." 2^, 26, 46,47.48, 4^.
49- Continuation et fin du siège de Platée, expliquées en 1815 par mon fils , et revues par moi en 1 822.
Nous placerons ici l'explication des figures du plan tracé pour l'intelligence du texte,
Fig. j." A. Ville de Platée.
Fig. 1." B. Moitié de la circonvallation faite par les Péloponnésiens et les Béotiens autour de Platée. Cette eirconvallation est formée, i ." d'un fossé C du côté de la ville ; 2.° d'un premier mur avec large berge ou chemin de ronde entre le mur et le fossé ; 3.° d'un second mur éloigné de seize pieds du premier; 4-° d'une nouvelle berge au bas de ce mur, et enfin d'un fossé extérieur D. — Les deux murs , étant liés l'un à l'autre par une terrasse audessus de Tespace X, avec parapets garnis de créneaux, paroissent ne former qu'un seul mur épais : l'intervalle qui les sépare est distribué, sous la terrasse, en logemens pour l'armée de siège. Sur la terrasse, de dix en dix créneaux, s'élèvent des tours ( indiquées en plan (jig, i, n." 2) et en élévation (fig. 2, 11.' 2), qui coupent la circonvallation en autant de portions distinctes ou courtines', et qui séparent entièrement ces courtines; de sorte que l'on ne peut communiquer de l'une k l'autre qu'en traversant les tours par les passages ( j, ^) pratiqués au milieu.
Fig. 2, Elévation à vue d'oiseau de quatre courtines et de cinq tours de la circonvallation.
Les Platéens, après avoir traversé le fossé intérieur, dressent leurs échelles sur la berge, et montent sur la courtine en A. Douze psiles, partagés en deux bandes, pénètrent à-la-fois dans la tour de gauche B, par le passage D ; et dans la tour de droite C , par le passage E, que le
ANALYSE DES CARTES. 4î
spectateur ne peut voir. Ils égorgent les gardes, et probablement de l'intérieur des tours ils montent sur la plateforme de ces tours par une échelle (i), qu'ils retirent ensuite , pour que l'ennemi ne puisse s'en servir (2), Pendant ce temps, d'autres psiles, qui ont également escalade la courtine, viennent, les uns garnir et défendre les deux passages des tours E et D , les autres dresser des échelles de la terrasse de la courtine contre ces tours , pour monter extérieurement sur leur plate-forme et renfoncer les premiers psiles qui soat montés par l'intérieur. Ainsi les efforts de l'ennemi pour pénétrer sur la courtine qui doit servir au passage des Platéens , sont repoussés d'en haut par les psiles qui sont sur la plate-forme des tours , et d'en bas par les psiles qui sont sur la terrasse de la courtine, aux passages étroits E, D de ces tours. Le gros des Platéens peut donc escalader sans obstacle la courtine , renverser les parapets, reprendre ses échelles, venir les placer sur la face extérieure de la courtine, et descendre sur la berge A du fossé extérieur , où il se forme pour attendre et protéger k son tour les psiles qui ont assuré le passage. Lorsqu'il est effectué, les psiles placés sur le haut des tours descendent sur la terrasse de la courtiiie par les échelles extérieures, et de là sur la berge du fossé. Il ne reste plus alorsque ceux qui défendoient les passages des tours E, D, et ceux-là , obligés de se battre en faisant retraite , ont plus de peine à descendre de la courtine sur le bord AT du fossé extérieur. Toute la troupe réunie, ayant écarté à
(h) Voyez Vitruvf , ■png. 32, éd. Varrse, 1 f 6-.
(«) Cela se pratiquie encore d;«f les redoutes à deux étages.
44 ir.' INDEX,
coups de traits la grand'garcle des trois cents, qui vouroît s'opposer à son passage, traverse le fossé extérieur, dernier obstacle que lui offroit la crrconvaliation, et opère sa retraite.
On a figuré au plan de la ville (fig. A) des tours rondes ; elles sont meilleures pour l'attaque : mais, connue ces tours rondes sont d'invention moderne, peut-être convenoit-iî de les faire carrées.
Le texte dit que les tours n'avoient que la largeur de la fortification, tandis que l'estampe représente les tours plus larges que la ligne de circonvallation ; légère inexactitude, excusable puisqu'elle est avouée.
50. L' Acarname et l'Etoile , pour l'intelligence de trois expéditions racontées par Thucydide, 2, 80 ji^. ; 3, 59 sq. ;. et 3, loi , 1 i4» — Toute la partie méridionale est prise, à peu près jusqu'à la hauteur de Straios, de la carte de la Morée dessinée par Al. Barbie, et gravée au Dépôt de la guerre. Les longitudes et les latitudes sont prolongées d'après celles que donne la même carte. Quant h la projection des degrés de latitude, nous n'avons pas cru nécessaire de la tracer. Voyez n."^ 5 2 et 53.
j I. Essai sur le combat pris Stratos , par M. Fadeville
(Thucyd. 2,821^.),
52. Bataille d'Olpes, dans l'Amphilochie (Thucyd. 3, 105, sq.). On se borne aujourd'hui à renvoyer sur cette bataille au Rapport de l'Lisiitut, 2 juillet 1813.
53. Détail du golfe de Crissa (ou Crisa), pour l'intelligence de trois batailles, toutes trois indiquées sur lu
ANALYSE DES CARTES. i^j
cafte (Thucyd. 2, %q sq.\ — Ibid., dit Thucyd. i, 84, Phorinion, à la faveur d'un vent périodique, obtient-un succès par mer (ainsi Thentistocle à Salaminej. — Les Ampraciotes et les Chaoniens , dit encore Thucydide, 2, 8 5 , voulant se rendre maîtres de toute l'Acarnanie et la détacher d'Athènes , engagent Laeédémone dans leur cause. Trois batailles ont lieu : l'une sur terre; et des deux autres, l'une se livra près de Molycrium , hors du golfe; l'autre près de Naupacte, dani le golfe (Thucyd. ibid.). C'étoit pour la première fois que les Lacédémoniens s'essayoient dans un combat naval ( Thucyd. 2 , 85 ].
Le bassin compris entre la Grèce septentrionale et la Grèce méridionale ou le Péloponnèse inéritoit bien de s'appeler mer. Nous Pavons de préférence appelé golfe de Crissa, parce que Thucydide ( i, 107; 2, 82 ] emploie Te mot né^mç (ij. De savans géographes, sans distinction d'époques, l'appelleric golfe de Corinthe; mais cette synonymie n'a eu lieu, je crois, qu'à des époques postérieures.
Le lieu théâtre de la première bataille s'appelle détroit. Au premier coup-d'œiT, 011 s'étonnera de voir le détroit plus grand que le golfe ; mais cette singularité ptovient de ce que notre carte ne donne que l'entrée du golfe : la surprise cessera en jetant les yeux ( n.* 50) sur la carte de l'Acarnanie. Au reste, j'emploie le mot détroit, parce que Thucydide (2, 83) appelle vrip^fteç l'espace compris entre
(i) Thucydide, 6, 44, i , emploie le même ^ct xcAtza-sf pour designer fespace de mer qui se trouve entre le cap lipygie , Corcyre et Épidamne. Cet espace n'est certainement pas un golfe proprement dit: aussi xo'atoc et nnv s'emploient-ils comme synonymes. Voy. Lcxù: Xcnoph. au mot KoAHSf^