‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois indexChapitre 39 sur 72 · ANALYSE · texte numérisé non relu

ANALYSE

Version de Larcher.

environné d'un autre rivage à l'occident. Près de la mer coule une fontaine d'eau douce trèsabondante , dominée par le rocher. On trouve en ce lieu toutes sortes de bois, et entre autres, sur les bords même de la mer, de très-beaux bois de construction et en grande quantité. La montagne ou promontoire qui touche au port j s'étend environ vingt stades dans l'intérieur des terres. Le sol est de la terre, sans pierres ; mais la partie qui est le long de la mer, et qui comprend un espace de plus de vingt stades, est toute couverte d'une grande quantité d'arbres d'espèces différentes et fort élevés.

Le reste du pays est beau et spacieux; on y trouve beaucoup de villages bien peuplés : il produit de l'orge, du froment, toutes sortes de légumes, dupanis, du sésame, une assez grande quantité de figues , beaucoup de vignes qui donnent d'excellent vin; en un mot, il y croît de tout, excepté des oliviers. Telle est la nature du pays.

Version de J, B. G A il.

est le port (de la presqu'île) , dont l'ouverture regarde l'occident.

» Près de la mer elle-même , coule une eau abondante et douce , dont le bassin est l'entière et absolue propriété des habions.

» Les bords mêmes de la mer abondent sur-tout en beaux bois de construction. Quant à la montagne, qui prend naissance dans le port, et qui s'étend jusqu'à vingt stades dans l'intérieur des terres, elle a un sol propre à la culture et sans pierre; et le côté { du mont ) qui longe le rivage dans l'espace de plus . de vingt stades, présente une forêt touffue d'arbres de toute espèce et fort élevés.

» Le reste du pays, couvert de villages très-peuplés, est spacieux et beau; car il produit de l'orge, du froment, toute sorte de légumes, du panis, du sésame et quaniité de figues. Beaucoup de vignes y donnent d'excellent vin. En un mot, il y croît de tout, excepté des oliviers. Tels sont Limen-Calpé et ses environs, w

1 lO II.' INDEX,

NOTU LES.

Que l'on compare et que l'on juge. Ce qui, dans Xénophon indique la presqu'île ( pouvant contenir dix mille hommes), c'est, i .° fa locution ^fiov •yr^iuifÀvov cv tÎî SaX., territoire qui avance dans la mer; 2.° tty;i(«v, isthme. M. Larcher traduit le premier par promontoire ( faute également commise par l'illustre comte de la Luzerne ) , et le second par langue de terre ; et, place les dix mille hommes , non pas dans le territoire qui avance en mer, ;t^p/ov nsrç^Kiifiîvov , mais dans l'isthme : puis fait mention , i .° de deux rivages , où il n'y en a qu'un ; 2.° d'un port qui est par mer, et non dans l'intérieur des terres, &c. &c. Comment peut -on dire, d'après cela, qu'il a connu et décrit la péninsule nommée fort Calpél

On insiste : «Chez M. Larcher, port Calpé doit se prendre pour la péninsule tout entière. « A cela je répondrai que telle n'a pas été la pensée de M. Larcher; que le savant qui a dit [\oyez supra, pag. 108, lig. i4) le port Calpé est (par MER ) entre Héraclée et Byjance, et qui dit ensuite [supra, pag. 108, Hg. 29 j, le port est sous le rochir , a pris bien évidemment le terme port Calpé dans fe sens restreint de lieu propre à recevoir des vaisseaux , et non dans le sens étendu de péninsule ; ou du moins qu'il a rendu sa pensée d'une manière si inintelligible, que, d'après lui, lesRennel, les d'Anville, les Barbié-Dubocage, et autres, n'ont pu dresser une carte de la jiéninsule Calpé.

Théocrite ( Id. xxii , v. 27 1 décrit ainsi le même lieu : « Après avoir échappé à ces roches (Cyanées), qui (s'entrechoquoient et ) sembloienl former une seule masse

(impénétrable), le navire Argo sedirigeoit ( t}ça^i>ig.vi] vers les Bebryces ( mais n'y étoit pas encore arrivé ) . . . . Les guerriers débarquèrent dans une anse profonde, sur une côte située sous un vent ( û-mvifav iKriw ) favorable aux vaisseaux venant de l'embouchure du Pont-Euxin. 3> Vent dont probablement parle Apollonius de Rhodes, i, 135,8.

Castor et Poliux, quittant leurs compagnorts , considèrent cette forêt qui couvre la montagne ( cv 'ép«) , aperçoivent au pied d'un rocher lisse [ùrmo htoASt wixpii ' un bassin [nfiww) d'une onde pure.

Nous essaierons, dans un mémoire qui paroîtra'cette année, de démontrer, dans le plus grand détail, l'identité parfaite entre fa description de Xénophon et celle de Théocrite.

En attendant, notons, 1.° vTmvifMiv ttitTitv,un rivage, une côte située sous un vent (favorable aux vaisseaux venant de l'embouchure du Pont-Euxin), et non une cote battue p^iT les vents, comme on le prétend ; 2.° «^«imi' , un bassin d'une grande étendue , sens appuyé par le contexte, et non une fontaine, terme équivoque qui appelle la pensée sur un petit monument de pierre; 3.° ùçaiply^vt, dont l'àTrà et l'imparfait 'iH^v^ avertissent qu'à partir des roches Cyanées (àp') on se dirige sur les Bebryces, mais qu'on n'y est pas encore arrivé, et que, par conséquent, le territoire des Bebryces ne commence pas immédiatement à la sortie des îles Cyanées; 4-° les mots Bebryces et Bitkyniens.

Et d'abord Bebryces n'est-il pas un composé de Bc , voisin de Bi , et de Bryces , synonyme peut-être de Bryces, Phrygiens! car les gutturale c elg se permutent souvent ; et alors nous dirions, à titre de conjecture , toutefois , que le terme

Bryces, accru à une époque (et par suite d'émigration) du monosyllabe be, pourroit bien indiquer une origine brygienne ou phrygienne.

Au reste, Pline (V, 32) appuieroit la conjecture dans ie passage où il dit que les Bryces s'iippelerent , passés en Asie, Phryges (Phrygiens).

Quant«ux mots Bithyniens , le bi , en persan, comme vi , en sanskrit, signifioit, selon un de mes anciens disciples orientaliste , /'/•iv(7/w/?, Marquoit - il quelquefois addition, comme Va, tantôt augmentatif et tantôt privatif des Grecs! Et d'ailleurs , h l'époque oîi les Thyniens d'Europe, passés en Asie, s'appelèrent Bithyniens , quel idiome parloient-ils! et que signifioit alors bi !

Remarquer l'émigration des Thyniens, qui, en Asie, s'appelèrent Bithyniens , c'est avertir que les Thyniens et les Bithyniens ne sont qu'un seul et même peuple ; que les plus grands géographes et philologues , qui donnent une province à chacun d'eux , se trompent gravement ; que Pline, qui favorise cette erreur ^V, 32), s'étoit donné à lui-même ( l. l.) le moyen de la corriger.

Pline fait deux peuples des Thyniens et des Bithyniens, et donne une province à chacun d'eux, tencnt orani Thyni, intaiora Bithyni ( liv. 5, chap. 32). Mais Pline ici manque de critique; '=•1 pour découvrir la vérité, il a négligé même un moyen qui étoit à sa disposition ; car, dans le chap. 32, où il fait deux peuples des Thyniens et des Bithyniens, Pline déclare lui-même, d'après des autorités, qu'ils ne faisoient qu'un seul et même peuple.

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