‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois indexChapitre 42 sur 72 · II. Obseri>ation sur Traps^iwv · texte numérisé non relu

II. Obseri>ation sur Traps^iwv

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Notre savant confrère laisse subsister son ancienne version 5 iransiit per Pœones , Doberes et Pœoplas. Mais j'oserois presque afiirmer qu'elle est inexacte et grammaticalement et ge'ographiquement : i", Grammaticalement 5 car dans ce composé de deux prép. on néglige comme redondant, eV. prép. pleine de force , qui exprime écart, déviation. 2,°. Géographiquement, car Xerxès ayant le Pangëe entre lui et les Peeoniens, n'a point passé le long des Pœoniens et des Dobères : car il s'est écarté de leur territoire qu'il pouvoit longer ; il a dévié de leur territoire ; il a laissé de côté 5 c'est-à-dire , à sa droite , en déviant probablement j les Dobères , etc. : tel est le sens que m'indique la prép. £K de ce composé très-difEcile dont je ne me flatte pas d'avoir encore rendu le vrai sens. J'aurai du moins corrigé ma première version, longeant le territoire des Pœoniens ^ etc. (^Géog. d^H., t. II j p. 102); appelé l'attention sur èx prép. délaissée, et que je croii'ois avoir exactement expliquée dans un passage de Plutarque {ihid,, p. 64).

Je viens de parler de Pœoples et des Dobères, situés au-delà du Pangée, par rapport à Xerxès. Je dois remarquer la leçon wpî tô Da^yaiov, H., 5, i5 et 16, que je rapprocherai de la leçon mi^ tô II. H. 7, 112 et Ii5 que je discuterai ailleurs.

Planches XXX et LXXXI. Nous parlons (ii«. Index, pi. 3o et 81 ) de la prétendue ville d'OIympie d'après les historiens grecs. Ailleurs nous chercherons l'opinion des principaux classiques latins , et essayerons de prouver , d'après kurs textes, qu'ils admeltoient cette

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ville d'Olympie, qui jamais n'exista aux (époques que décrivent les trois grands historiens ; qu'ainsi ils ne comprenoient pas le véritable sens de ri Ô).vp.m«, puisqu'ils voyoient une ville d'Olympie et un peuple sur un territoire sacré qui n'eut ni ville dOlympie, ni peuple ch-mpien. Bornons -nous aujourd'hui à l'indication de textes qui appuyent notre opinion, voy. i°. Pline, liv. VII, ch. 47. 2.% Cic, Tusc, i , 46. 3% Tite-Live, t. 2, liv. XXVI, p. 48» e'd' Crévier.

De ces passages et autres que nous discuterons, nous seroùs fondés à conclure que des Latins ne comprenoient pas le vrai sens du terme grec Ôb/xnia; qu'ils n' avoient nullement soumis ce terme grec à un examen critique; que probablement, ils voyoient une seule et même ville dans Olympie et Pise (opinion ailleurs combattue par nous)j que parfois ils se contentoient d'apeu-près, comme paf' exemple, lorsqu'ils s'agit des hiérons des Grecs, qu'ils rendent par le terme équivoque templa.

Planche XXXVIII. L'empire des Odryses.

Nous avons fait (Géogr. d'Hér., t. II, p. 76-122), d'après Thucyd. surtout, un mémoire sur l'empire des Odryses.

Diodore (12, 5o, t. I, p. 5x2), peut-être, avoit Thucydide sous les yeux, lorsqu'il disoit de l'empire des Odryses, « ■napc^cù.d-czi.oi aiizfn (s. X'^^pac, ) ànà xr,ç Ao$r,~ ùixâv y(iûa; T»iV <xpyj,v s^ovax Mxeivs /ic'xp' foù Içpou TTo-a^oû , la partie maritime de son empire , commençant., à partir des frontières d'Abdères, s'étendait jusqu'à Vlster, et à marcher de la mer dans l'intérieur des terres, la dis-

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tance étoit telle qu'ilj'alloit à un homme de pied bien ceint , 10 jours de marche.

Le passage de Diodore est moins clair, ce semble; car, en disant, à partir de la mer, il ne pre'cise pas assez le point de de'part.

Au reste, ce qu'il ne précise pas, se devine avec un peu d'attention.

Eu effet, comme il vient de parler du pont Euxiii et des bouches de l'Ister, lorsqu'ensuite il nous reporte vers l'intérieur des terres, il faut prendre pour point de départ celui où il nous avoit laissés. D'ailleurs, le texte de Diodore, dans ce qui ne paroîtroit pas assez expliqué, recevrait son commentaii-e du texte de Thucydide dont il est la répétition.

, Planches XL , XLL AmphipoUs. Sans sortir de mon cabinet, j'ai eu plus dune fois le bonheur de faire des découvertes topographiques. Mais, pour la topographie d'Amphipolis, ce bonheur est réservé à celuilà seulement qui visitera Amphipolis et son territoire, le texte grec de Thucyd. à la main. Voici pourtant quelques documens que me fournit mon e.vcursus, fort étendu, mais auquel je suis loin d'avoir mis la dernière main.

Amphipolis, ville de l'Epithrace (aujourd'hui Chrysopoli') , nommée Amphipolis (Thuc. 4, 102), pai'ce que leStrymonfentouroit presque, fut d'abord habitée par les Edonieus, sous le nom de Neuf -voies {ènia. ôâoî. 16,). Elle devint, sous Agnon , colonie athénienne. Notre carte (n°. 17, i"' édition de Y Allas, et n° 40 de celte 2" édit.) l'a placée trop au nord.

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Amphipolis, entourée du Strymon, étoit située sur une éminence peu considérable, que dominoit, en partie, Cerdj'lium (Thucyd. 5, 6 et 8), montagne fortifiée par la nature, que désignent peut-être ces mots, èrà Xdyou Kapzepov {ib, 5, 70). Thucydide (4, lo3), ne lui donne qu'un pont, celui d'occident, par oii étoit venu Brasidas; mais Hérodote (7, 114) en indique deux, l'un à Forient, l'autre à l'occident. La marche de Xerxès, allant d'orient en occident, appuie la conjecture.

A quelque distance du pont d'occident, étoit un faubourg ou poste avancé, que Thucydide (ibid.) nomme Tsôliuixx. Nous traiterons ailleurs cette matière à fond.

Planches 58 (la Corinihie) , et 80 (l'Attique, la Mégaride, la Corint/iie^. Dé/ail sur Corinthe et son acropole y d'après Xénophon et Strabon.

Xénophon (ky. 2, 17, tom. I, B, pag. 52i) corrige. — Marche d'Agésilas. — Mention de {ç^vx) défdés , de murs qui joignent Corinthe au Léchée ; depjles (portes) du Péloponnèse, et du passage appelé Contoporia. — Yr.èp (sa72s régime'), Kaxà, eIç, èni, ivà, «710, oùv, dans une seule et même phase. — Version littérale du texte à rapprocher des planches 58 et 80 de PAttiquc , de la Mégaride et de la Corinthie.

u Agésilas, vainqueur en Béotie (Ay. 2, 12 , p. 0I7), «'apercevant que les Argiens, maîtres de Corinthe, se plaisoient à une guerre dont ils tiroient profit, marche contre eux (et plus littéralement, sur eux, en avTohi), ravage leur territoire , delà , ksl^ev (revenant sur ses pas) franchit les défilés (hnepSixkùv zà çevà), vient à Corinthe (as Kop.), fait sauter (alptï) les murs qui joignent

la ville avec le port Leche'e (et plus littéralem., qui alloient gagner le Léchée, zeîv. ènl xo As/.), ouvre ainsi les Çpjles) portes du Péloponnèse (àv«7t. nç U. tàç tdj- X«ç); et après ce coup -de-main (oOtw;), part (àiiù^év. Notez, dans ce composé, Yà-ô souvent mal traduit) et arrive à Lacédémone, aux fêtes d Hyacinthe; et, à la place que lui marque le maître des chœurs (uno toy x°p-)> il achève, avec ses concitoyens (aùv), le Péan (commencé) en l'honneur du dieu, hîxélu. » — Sur le Léchée (xiZTotxt'av où 7roX),/!v), voy. Siraôon, 8, p. 782, A.

Dans notre passage topographique, deux locutions méritent d'être notées, i°. t« çîvi, les défilés entre l'Argolide et la Corinthie, défilés voisins de Cléones, et nommés Contoporia, lieu par où passoient les contos ^ mot qui, je crois, désigne tantôt une espèce de trait {h. définir); tantôt un croc à l'usage des vaisseaux, etc. Cette dénomination ne se trouve pas planche 80 de mon Atlas ^ parce que Xénophon l'omet, et quelle ne pouvoit se trouver sur une carte dressée pour la géographie de Xénophon. M. Barbié-Dubocage (^Anach. pi. 16), la donne d'après Athénée, liv. II : — 2°. alm- Icu, les py les on portes. Ces portes désignent figurément les murs qui joignent la ville au port Léchée, et que représente la planche 80. A l'aide de ces pyles ou murs , gardés avec peu de monde , les Corinthiens empôchoient d'aller dans l' Achaïe ; et avec des forces plus considérables, postées dans la contoporie, t« çtvx, il devenoit fort difllcile de passer de l'isthme dans l'intérieur du Péloponnèse.

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