HisL nat., l. IV
5. Novaria ex Vertacomicoris Vocontiorumhodieque pago. Hist,nat.,\. III, 21 , G. L. Xï, c. 97.
celui-là des Morins ; mais, pour le troisième, César vient à notre aide et nous permet d'affirmer que les Cabales étaient un peuple secondaire client des Arvernes et dénommé pagvs'^.
Ce mot pagus, employé par César pour désigner les peuples subordonnés, lui a servi de même à indiquer les innombrables subdivisions des peuplades germaines 2, et il répond alors au mot allemand gaw. C'est dans le même sens que Tacite l'a employé^, que nous le rencontrons très-fréquemment dans Ammien Marcellin ^ et que nous le retrouvons encore dans un passage de Grégoire de Tours qui concerne les tribus frankes^.
Quel est le mot celtique qui servait à désigner ces peuples secondaires^? Je ne le connais pas. Peut-être terminait-il quelques noms de peuplades et aura-t-il été effacé par la désinence latine qui leur a été imposée ; peut-être se cache-t-il dans certains radicaux et pourrons-nous l'en extraire quand des notions plus complètes
1. Galli imperant triginla qujnque millia Arvernis, adjunctis Elentelis, Cadurcis, Gabalis, Velannis, qui sub imperio Arvernorum esse consuenint. VII, 75.— Vercingetorix Gabalos proximosque- pagos Arvernorum in Helvios mittit. Vil, 64.
2. Suevornm gens est longe maxima et hellicosissima Germanorum omnium, ni centum pagos habere dicuntur. IV, 1.
3. Dcfinitur et numorus (velitum) : centeni ex singulis pagis sunt. De morihus Germaniœ, VI. — Eliguntur in iisdem conciliis et principes qui jura per pagos vicosque reddant. De moribus Germaniœy XII.
4. Julianus, cum Alamannorum pagos aliquos esse reputaret hostiles... I.XVIII, 2.
5. Tradunt Francos, Iransacto Rheno, Thoringiam transmeasse, ibique, juxta pagos vel civitates, reges crinitos super se créasse. H. E., II. 9.
6. Dans le Dictionnaire celtique de Legonidec et dans le Glossaire que M. Auréiien de Courson a joint à sou Histoire des peuples bretons, t. II, p. 391, j'ai trouvé p&w, pou, désignant la province, le pagus, dit M. de Courson ; caer, fiaer, ker, ville; plou, plouf y paroisse. D'Anville fait observer dans sa Notice, p. 51, que le mot Poulet a en Bretagne le sens ^q pagus Aletensis. Est-ce le mot pow qui répond à pagus?
de la langue celtique nous auront permis de décomposer les noms de peuples et de lieux qui, pour la plupart, sont aujourd'hui des monuments encore muets.
En tous cas, il est fort regrettable que le conquérantannaliste ait cru devoir remplacer dans son récit ce mot celtique par une sorte d'équivalent latin : car cet équivalent répondant mal au mot gaulais et exprimant des idées qu'il ne comportait pas, a été la cause d'une confusion que nous trouvons à son comble sous les Mérovingiens, mai» qui existait déjà sous les Romains.
En effet, ce mot pagvs^ que César a pris à sa langue pour l'appliquer aux petites peuplades celtiques, a désigné, à l'époque de la toute-puissance romaine, la moindre des divisions administratives de l'Empire. L'Italie et toutes les provinces jusqu'au fond de l'Afrique étaient subdivisées en pagij comme l'attestent une grande quantité d'inscriptions.
A côté de ce sens bien défini, le mot pagus en prit à la longue un autre, très-lâche et très-vague, qui n'avait rien d'administratif et répondait tout à fait à' notre mot actuel pays. C'est ainsi que, dans Ammien Marcellin, on lit : Alani per pagos^ ut nomades , vagantiir immensos^^ les Alains, comme des nomades, errent à travers d'immenses régions.
En Gaule, comme dans tout le reste du monde ï-omain, le mot pagus a eu le sens exact et divisionnaire de district. Dans les derniers temps de l'çmpire, le diocèse se subdivisait en provinces, les provinces en cités, lesquelles ne sont autres que les anciennes civitates ou peuplades principales de César, de Pline, de Ptolémée, de Tacite, de