‹ Géographie de Grégoire de Tours, le pagus et l'administration en Gaule;Chapitre 20 sur 36 · L. xxxi, c · texte numérisé non relu

L. xxxi, c

Strabon, auxquelles ont été adjointes, à diverses époques, les plus importantes des peuplades secondaires* ; puis la cité elle-même se subdivisait en pagi.* De même qye les viles de l'administration romaine se modelèrent sur les peuplades principales et sur les plus considérables des peuplades secondaires contemporaines de César, de même la subdivision en pagi put se dessiner sur les deux ou trois cents peuplades qui, dans la langue de César et de Tacite, s'appelaient aussi des pagi. A un moment donc pagiis, avec sa signification de subdivision de l'administration romaine, put répondre à peu près à l'ancienne subdivision politique des Gaulois et représenter les peuplades clientes; et, s'il en était resté ainsi, il n'y aurait pas eu beaucoup d'erreur et de confusion. Mais à la fin de l'empire l'identité n'existait plus; en voici, je crois, la preuve : l'Église avec son esprit d'ordre et de régularité adopta , comme cadre de ses divisions , le système romain ; la cité reçut un évêque et devint ce que nous appelons un diocèse. Où le diocèse, à son tour, trouva-t-il ses subdivisions? Si les peuplades secondaires n'eussent pas été brisées, c'est là qu'il les eût assises. Or il n'en est rien : nous avons vu que l'archipêtre, le prêtre, le diacre, ne sont pas délégués dans les anciens pagi gaulois, mais tout simplement dans les châteaux, les bourgs et leurs territoires, castra et vici, qui composaient alors les derniers districts de l'administration romaine.

Et si Ton demande pour quelle raison ces districts ne correspondaient plus aux anciens petits peuples gaulois ,

1 . De ce nombre sont le pagus gabalicus et le pagus gessoriacus de Pline, que nous retrouvons en 401, dans la Notice des Provinces et des Cités, avec le titre de civiias Gabalum (l" Aquitaine), et de civitas Bononensium (2« Belgique).

je répondrai que cette raison se trouve dans le mode d'administration adopté par les empereurs. On sait que l'action du pouvoir central ne s'étendit guère au delà des provinces : la Notice des dignités ne nous fait pas connaître de fonctionnaire impérial régulier qui soit inférieur aux six consulares et aux onze prœsides chargés d'administrer les dix-sept provinces de la Gaule*. Dans l'intérieur des provinces, les cités s'administraient municipalement avec leur ordo, leurs duumviri^ leur defensor^ sous la surveillance de magistrats appelés curatores reipublicœ, dont le savant épigraphiste, M. L. Renier, a précisé les attributions à l'aide d'inscriptions de la période romaine 2.

Au-dessous de la cité les pagi avaient eux-mêmes un conseil et une administration, ainsi qu'il ressort des codes et des inscriptions. Beaucoup d'entre eux jouissaient d'une certaine indépendance municipale ; leur premier magistrat, magister pagorum, entouré du conseil des

Page 1