‹ Géographie de Grégoire de Tours, le pagus et l'administration en Gaule;Chapitre 23 sur 36 · Rollandistes, Fcv., t. I, c · texte numérisé non relu

Rollandistes, Fcv., t. I, c

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une peuplade secondaire; sous les Romains un district administratif; sous les Mérovingiens toute espèce de territoire. Mais à cette époque même, malgré l'emploi déréglé qui en a été fait, en vertu de la tradition qui lui conservait parfois sa signification première , il doit nous servir à retrouver quelques peuplades gauloises.

Ces dernières assertions, appuyées sur des inductions autant que. sur des faits, seront peut-être contestées et discutées ; mais ce que ne contestera nul de ceux qui se livrent à l'étude approfondie des textes, c'est que \epagus, aux temps mérovingiens , n'a servi de base à aucun système de divisions administratives.

DUCES, PATRIGII.

Les divisions administratives mérovingiennes, les voici : la première de toutes est le ducatus , et nous allons voir combien elle était peu régulière.

C'est à partir de Dioclétien que les anciens chefs militaires appelés duces cessent d'être uniquement des généraux d'armée et deviennent des fonctionnaires permanents de l'administration impériale. Ils apparaissent fréquemment dans Ammien Marcellin sous ce nouvel aspect, et la Notice des Dignités en mentionne dans l'empire d'Occident douze, parmi lesquels cinq pour la Gaule seule*. D'après le mot limes joint au titre de plusieurs d'entre

1. Dux SequanicaBj tractas Armoricani et Nervicani, Belgicœ secundae, Germaniae prima?, Mogontiacensis. Boehing, t. U. p. 6.

DE GRÉGOIBE DE TOURS. Gl

eux et les contrées dans lesquelles ils sont délégués, il est facile de voir pourquoi ils sont devenus permanents: c'était pour qu'ils pussent mieux protéger les barrières de l'empire contre les attaques réitérées des barbares. Quand ceux-ci eurent brisé ces barrières et se furent installés dans l'empire, l'institution des ducs fut une de celles qu'ils s'approprièrent ; dès l'origine nous voyons autour de la personne du roi, chez les Franks, des personnages appelés duces et revêtus d'attributions assez diverses.

Le roi les créait à sa volonté, les choisissant de préférence parmi les hommes appelés domesiici qui faisaient partie de sa maison et ne quittaient jamais sa personne. En 581, Childebert II réclame de son oncle Contran la moitié de la cité de Marseille, que son père avait possédée. Contran refuse : alors Childebert choisit parmi ses do- . mestiques Condulfe , qui était issu d'une famille sénatoriale, le crée duc et l'envoie à Marseille *.

Ce passage indique en outre que les ducs pouvaient être pris parmi des Callo-Romains, attendu que les Franks n'étaient pas de race sénatoriale.

Ce furent des ducs que Chilpéric envoya contre les Vascons et la Bretagne 2. Contran était assisté de plusieurs ducs dans la désastreuse expédition qu'il dirigea en personne contre les Coths de la Septimanie en 586^, et Childebert II n'en comptait pas moins de vingt dans l'armée qu'il conduisit contre les Lombards en 590^.

1. Haec ceniens Childebertus Gnndulfum ex domestico ducem factiim, de génère senatorio, Massiliam dirigit. H. E., VI, 11.

2. Bladastes dux in Vasconiam abiit, maximamque partem exercitus sni amisit. H. E., VI, 12. — . . . Warochus cum diiciLus régis Chilperici pacem faciens. H. E., V, 27.

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