DICTIONNAIRE DES NOMS APPARTENANT A LA GAULE
J'avais , au début de mes études sur la géographie de Grégoire de Tours, le désir de décrire le partage de la Gaule fait entre les fils de Clotaire, à la mort de leur frère Charibert, en 567 , partage sur lequel le texte du traité d'Andelot me paraissait jeter un jour particulier; mais je n'ai pas tardé à m' apercevoir que ce projet n'était pas encore réalisable, non-seulement à cause de l'obscurité et des contradictions de plusieurs passages du chroniqueur, mais encore parce que, ces passages fussent-ils pleinement éclaircis, il resterait à savoir, pour donner à ce travail une précision satisfaisante, quelles étaient les limites des cités possédées par chacun des trois frères. Il faudrait donc commencer par délimiter les cités, entreprise considérable qui ne saurait trouver place ici. Aussi
me bornerai-je, pour le moment, à reproduire les données relatives à la condition des civitates , telles que me les a fournies mon auteur, sans chercher encore à les compléter ou à les éclair cir par d'autres textes.
Abrincat^, Abrincatina civitas^ Avranches. Mentionnée dans le traité d'Andelot (H. E., ix, 20). Elle avait appartenu à Charibert, puis, en 567, elle avait passé dans la part de Sighebert, à ce qu'il semble, puisque Childebert II, revendiquant la part de son père, l'obtint en 587.
AGA.THA, Agathensis urbSy Agde. Ne figure pas dans la Notice des provinces et des cités de la Gaule ; le titre de urbs^ que lui donne Grégoire de Tours, Agathœ urbs quœ in Gotthorum regno sita est {H. E., vi, 2), indique qu'elle était ville épiscopale; en effet, vers le miheu du v" siècle, elle avait reçu un évêque. Il s'y tint un synode en 506, r avant-dernière année du règne d'Alaric II, roi des Visigoths.
Agaunense M", Agaunum , Saint-Maurice en Valais. Sigismond, fils de Gondebaud, roi des Burgondes, construisit ou réédifia ce monastère en 515 ou 517. (îf. E., III, 5.) Le heu où il s'élevait était célèbre par le massacre de saint Maurice et de la légion thébaine.
Aginnum, Agenensis^ Agennensis urbs^ terminus, Agen. Desiderius aux Petrogoricum pervadit... Aginnum pergit et cunctas civitates quœ^ in parte illa^ adregem Guntchramnum adspiciebant j abstulit^ et ditionibus régis Chilperici subegit. {H. E., yi, 12). Donc, Agen etPérigueux étaient du nombre des cités de l'Aquitaine qui se trouvaient dans le partage de Gontran.
Agrippinensts. AgrippinaurbSf Cologne. Ilestàremar-
quer que nous trouvons ici (G. M,, 62; V. P., 6) ce nom sans celui de Colonia; dans un autre passage, celui-ci qui a fini par prévaloir se présentera à son tour dépouillé de répithète Agrippinensis . Voir Colonia.
Alani, les Alains. Il paraît que, dans le v* siècle, il y avait des Alains au midi de la Loire, car Grégoire raconté que Thorismond, roi des Visigoths, battit et soumit les Alains après la victoire remportée sur Attila, à Châlons. (H. £., l.ii, c. 7.)
Albigensis urbsy civitas^ Albi. Appartenait à Childebert II, car le patrice Mummolus, qui était au service de Gontran, avant de s'attacher à Gondovald, ravagea la citée d'Albi et en emmena nombre de captifs. {H. E., VII, !•) Gontran restitua définitivement cette cité à sont neveu en 587.
Alingaviensis, Langaviensis vicus^ Langeais, h vingt kilomètres ouest-sud-ouest de Tours (Indre-et-Loire). Saint Martin y construisit une église. {H. E., x, 31; G. M. 15.)
Alpes, les Alpes.
Ambaciensis vicus, Amhoise. Doit à saint Martin son église. Clovis et Alaric eurent, vers 498 ou 500, une entrevue dans une île de la Loire, vis-à-vis le bourg d'Amboise. (ff. £.,ii, 35.)
Ambiani, Amiens. In porta amhianensi oratorium œdificatum est. (M. M., i, 17.) Aucune autre mention de cette cité. Elle devait, d'après sa position, appartenir à Chilpéric.
Ambiacini M"*, quod non longe ab urbe Lemovicina situmest. {V. A., 38.) Ambazac (Haute-Vienne), à dixhuit kilomètres nord-nord-ouest de Limoges.
Andegavis, Andegava, Andegavensis urha^ Angers^ An--
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degavum^ V Anjou. In Andegavo terra tremuit (vu, 11). Il est démontré par plusieurs passages de VH. E. (v. 27, et VIII, 42, 43), que la cité d'Angers appartenait à Chilpéric au moins depuis la mort de Charibert.
Andelaus, Andelot (Haute-Marne), vingt kilomètres nord-est de Chaumont. Le traité qui y fut conclu entre Childebert II et Gontran est du 28 novembre 587. — Ce nom doit avoir une signification celtique; il est formé d'un radical qui se retrouve dans beaucoup d'autres noms en Gaule : Andelot (Puy-de-Dôme) , Andlau (Bas-Rhin) , Andelys (Eure) , Andelain (Aisne), rivière d'Andelle, etc.
Anger, Andria, VIndre.
Anicium, Le Puy. Homo quidam ingressus Vellavœ urbis terminum ad locum quem Anicium vocitant accedit... (x, 25). L'expression locus semblerait indiquer que Le Puy n'était pas encore au temps de Grégoire de Tours la ville épiscopale du Velay, Cependant l'historien nous fait savoir que Tévêque y séjournait,. • et restitit instruens aciem^ qualiter Aurelio^ ibidem tune consistenti episcopo, bellum inferret. Ce passage signifie-t-il que l'évéque avait à Anicium un lieu de plaisance, ou que l'église épiscopale avait déjà été transférée de Revessio (Saint-Paulien) en ce lieu? Dans ce second cas, il y aurait emploi abusif du mot locus pour désigner une ville épiscopale, fait exceptionnel même dans la langue irrégulière de Grégoire de Tours. Il n'est guère possible de résoudre cette question d'une façon absolue; on peut seulement dire que si Anicium^ lieu dont l'évéque faisait son séjour, n'était pas encore en possession de l'évéché, il n'allait pas tarder à l'obtenir.
Aninsula M", Saint-Calais^ chef-lieu d'arrondissement
DE GUÉOOIRE t)E TOUKS. 85
dans la Sarthe, Son nom actuel lui vient de Carilephus^ Carilesus^ fondateur et premier abbé du monastère, 528. Merovechus (JiliusChilperici) tonsuratus est... et admonasterium Cenomannicum qtiod vocatur Aninsula dirigitur. (v. 4.) Ce passage prouve que la cité du Mans appartenait' à Chilpéric.
AQUiE, Aquensis urbs, Aiœ. Il semble, par un passage de la G. C. 71, que Aix appartenait à Sighebert : il y est dit qu'un certain Childéric qui tenait le premier rang auprès de ce roi , envahit une villa appartenant à l'ëvêque Franco ; l'affaire est portée devant Sighebert.
Aquensis urbs^ Daœ.En 585, cette ville appartenait à Chilpéric, comme le passage suivant le démontre : Tempore Gondovaldi^ nuper urbis episcopus obierat, et Nicetius cornes loci illius , germanus Ruslici vici Juliensis episcopi^ prœceptionem a Chilperico elicueral ut tonsoratus civitati un sacerdos daretur (vu, 31). Ce qui toutefois peut ne pas vouloir dire que Dax était dès l'origine échue à Chilpéric; car, après avoir assassiné son frère Sighebert, ce roi avait usurpé plusieurs des cités de son neveu.
Aquitania provincia^ in ulteriore Gallia quœ ad partent respicit occidentalem. V. A., 2. Dans ce passage le mot Aquitania embrasse toute la contrée qui, au temps d'Auguste , fut appelée de ce nom , et qui le porta de nouveau à la fin de la première race , au temps des ducs d'Aquitaine. Ailleurs, Grégoire de Tours mentionne les deux Aquitaines et la Novempopulanie , bien que ces divisions romaines aient cessé d'exister, dès l'établissement des Visigoths en Gaule. Voici le passage : Maxime ^ Evaricho rege Gotthorum^ Novempopulanœ geminœqve Germaniœ urbes ab hac iempestate depopulatœ sunt (ii, 25.). Il est
évident qu'il faut lire ici, comme l'a établi Dom Ruinart, Aquitaniœ au lieu de Germaniœ.
Arar, Araricus amnis, la Saône. La mention du nom moderne se trouve dans Frédégaire (42) sous cette forme : Saogonna.
Arbatiligus. C'est le pays, plus tard le comté d'Herbauge. Plusieurs vies de saints, citées par Adrien de Valois (Notice des Gaules^ p. 244), mentionnent une ville appelée Herbadilla^ qui, vers 580, fut engloutie dans un tremblement &e terre , et disent qu'elle était proche de la cité de Nantes. En ce cas le bourg d'Herbault , situé à sept kilomètres nord-ouest de Palluau (Vendée) , pourrait bien en marquer l'emplacement. Le pagus Herbatilicus semble avoir laissé son nom à plusieurs autres localités voisines : les Herbiers, à trente-huit kilomètres nord-est de Bourbon-Vendée; l'Herbergement à vingt-six kilomètres nord de la même ville. Grégoire écrit au chapitre 90 de la Gloire des Martyrs : Apud terminum piclavum viens est in ArbatilicOy nomine Becciaco. Je crois que Becciaeus est Bessay, à vingt-six kilomètres sud-est de Bourbon- Vendée, et , s'il en est ainsi , V Herbatilicus aurait embrassé une grande portion nord-est du département actuel de la Vendée ; peut-être est-ce un pagus dans le sens primitif et véritable du mot, c'est-à-dire marquant la place d'une peuplade secondaire des temps celtiques.
Ardoejnnensis silva^ la forêt des Ardennes. Elle s'éten- -daità côté des forêts Cottiaet Carôonana jusqu'au Rhin; de l'autre côté du fleuve se trouvait la Sylva Buconia; c'étaient des parties diverses de l'immense forêt Hercynie mentionnée par César.
Arelates , Are/a^ensis urbs^ Arelatensis provincia ,
Arles. Bian que cette ville ait partagé avec Trêves et Lyon le titre de capitale de la Gaule dans les derniers temps de l'Empire, elle ne figure pas parmi les métropoles dans la Notice des provinces et des cités , et y fait partie de la Viennoise. Toutefois son évêque ne tarda pas h recevoir le titre de métropolitain; il l'avait déjà en 417, au temps du pape Zozime, Grégoire de Tours ne fait pas allusion à ce titre quand il écrit Provincia arelatensis; il veut simplement désigner la contrée que les Romains appelaient Provincia et que nous appelons encore Provence. Elle appartenait à Gontran, car Sighebert chercha à s'en emparer : Arelatensem urbem Sigibertus capere eupiens, Arvernos commoveri prœcipit (iv, 30).
Areladnum silva. Grégoire de Tours écrit : Chlotacharius œstimans se fratrum exercitum sustinere non posse , in silvam confugit (m , 28) . Par un passage de Frédégaire (ch. 24), nous apprenons qu'il s'agit dans ce texte de la forêt alors appelée Arelaunum , et depuis forêt de Brotone^ dans un pli de la Seine entre Vatteville et Villequier. Mabillon pense qu'elle prit son nom actuel à la suite de la donation qui en fut faite et Saint-Condé, breton de naissance. Orderic Vital l'appelle dans la vie de ce saint Silva Britonis. 11 y a, sur les débris archéologiques que l'on trouve dans cette forêt , une très-bonne dissertation dans le t. x des Mémoires de la Soc. des Antiq. de Normandie.
Argentomaus vicus. Dans la table de Peutinger, Argantomago, Argenton (Indre); dans l'Anonyme de Ravenne^ Argentine.
Arisitensis vicus. Mundericus, archiprêtre de Tonnerre , encourt la colère de Gontran pour avoir fourni des
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vivres à Sighebert dans une invasion en Bourgogne, et est enfermé pendant deux années dans une tour située sur lé Rhône, Enfin il obtient sa liberté , grâce aux instances de S. Nicet, évêque de Lyon; mais ne pouvant rentrer dans ses honneurs , il s'enfuit auprès de Sighebert qui l'installe évêque dans un bourg appelé Arisitensis; sa juridiction ecclésiastique s'étendait sur une quinzaine de paroisses récemment prises aux Goths et revendiquées par révêque de Rodez... Apud vicum Arisitcnsem episcopus insiituiiur^ habens sub se plus minus diœceses quindecim , quas primum Golthi tenuerant; nunc vero Dalmatius Ruthenensis episcopus vindicabat (H. £., 1. v, c. 5). L'emplacement d'une portion de ce diocèse éphémère est marqué par une plaine située sur la rive gauche du Tarn , entre cette rivière et une localité appelée Nant, et qui, aujourd'hui encore , s'appelle le Larsat. Mais il n'est pas aussi aisé de retrouver la situation du bourg qui en était le chef-lieu. Les auteurs du Gallia Christiana (t. i, p. 197) conjecturent que ce bourg peut être la ville de Milhau, en latin Amelia , dont l'église remontait à une époque fort ancienne. La position de Milhau sur la rive droite du Tarn et en dehors du Larsat , plaide contre cette suppo-^ sition. Valois propose Aire ou Ariat sur le Viaur, affluent de l'Aveyron ; mais ces localités se trouvent assez loin au nord du Larsat^ et en plein diocèse de Rodez, de façon à n'avoir pas pu donner lieu h une contestation au sujet de leur attribution diocésaine. S'il est exact, comme l'affirme M. de Mandajors, que le territoire situé à l'est de Nant, et dont une portion a formé la baronie d'Hierles , porte dans des textes très-postérieurs le nom de ArisitensCj il se peut qu'on doive chercher le bourg mentionné par
Grégoire de Tours dans les localités appelées Arigas, Arre, Arphi, entre Nant et le Vigan. Sur ma carte j'indique Teniplacement du diocèse â'Arisitum; quant à celui du bourg, il m'a paru trop incertain pour être mentionné. — Dans sa dissertation insérée, en 1718, au t. v des Mémoires de l'Académie des Inscriptions, M. de Mandajors établit qu'outre la plaine du Larsat, le diocèse d'Arisidum embrassait la bâronnie d'Hierles située plus à l'est, et s'étendait jusqu'au Gard sur presque tout l'espace qui, dans le xvii^ siècle, a été démembré du diocèse de Nîmes pour former celui d'Alais. — Mundericus ne fut pas le premier évêque d'Arisidum; il avait eu pour prédécesseur son oncle Deotarius inscrit dans le Gallia Christiana (t. i, p. 195). M. de Mandajors complète la liste des évêques de ce lieu avec Emmo, mentionne par Flo-^ doard {Hist. Remens, ^ 1. ii, c. 5) comme ayant assisté au concile tenu à Reims, en 625, et Mummolus, nommé dans la vie de Saint-Amand, fondateur de la ville de Nant, et évêque de Maestricht, en 620. (Mabill. Ann. de rOrd. de Saint-Benoist, vu* siècle.) — Si Grégoire de Tours appelle simplement viens un lieu doté d'un évêché, peut-être faut-il voir dans cette expression, qui aurait dû être remplacée par le titre de urbs ou de civitas^ moins une des irrégularités de langage qui lui sont familières , que de la mauvaise volonté à reconnaître comme évêché un démembrement de diocèse. Les évêques déniaient aux rois mérovingiens le droit de changer les circonscriptions diocésaines ; nous verrons une preuve incontestable de ce fait au mot Dunense castrum.
Arthona, vicus Arvernensis, Artonne (Puy-de-Dôme), à douze kilomètres nord de Riom.
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ArverxUxM, Arverna urbs^ Clermont; Aroerfium, Arvernus terminus, Arvernum terri torium, l'Auvergne; Aroema Lemanis, la Limagne. Cette cité est entrée dans la part des rois d'Austrasie.
Atano, Atanense If"*, fondé par Aredius, vers 580; Sainl-Yrieiœ (Haute-Vienne),
Atroa vicus. Il est présumable qu'il faut lire Atora ou Atura, nom de Vicus Julii dans les temps mérovingiens. En effet, Grégoire au commencement du ch. 52 de la Gloire des Confesseurs , écrit : Sub termina Vici Juliensis — et il raconte un miracle qui a eu lieu sur ce territoire; puis il ajoute : Hœc sepulcra sunt infra {intra) terminum quem supra diœimus apud Vicum Atroam. Aire (Landes). Si le mot vicus est joint ici au nom d'une ville épiscopale, c'est à cause de l'ancien nom cette ville Vicus Julius. — Cette cité appartint à Sighebert, puis à son fils Childebert ; car celui-ci la plaça sous la direction d'un de ses ducs (ix, 7) . Le traité d'Andelot confirme le roi d'Austrasie dans cette possession.
Athanacum, lieu situé près de Lyon, au temps de Grégoire de • Tours , et où périrent quarante martyrs. (G. M., 49). C'est en cet endroit même que s'éleva l'autel entouré de soixante statues que les cités de la Gaule consacrèrent à Auguste {Strab.j 1. iv, c. 3, § 2). La tradition en a marqué l'emplacement en un lieu situé un peu audessus du confluent de la Saône et du Rhône, entre les deux fleuves, et qui a retenu le nom à'Ainay. Il est vrai que l'église qui s'y élève et qui fut réunie à la ville au temps d'Adrien de Valois (Notice , p. 49) , est ornée de quatre superbes colonnes paraissant provenir de celles qui flanquaient l'autel du temple. Toutefois, il semblerait.
d'après des découvertes archéologiques plus récentes, que l'autel d'Athanacum aurait été bâti non précisément au lieu qui s'appelle aujourd'hui Ainay, mais près de l'hôtel de ville où l'on a trouvé et où l'on espère trouver encore, dans les fondations des vieilles maisons, des blocs de pierre portant des inscriptions de l'époque romaine. Les deux colonnes de l'autel, sciées et transportées à l'.église qui a pris le nom d'Ainay, auraient donné lieu à la légère erreur qui place en cet endroit Athanacum. Je prends occasion de ce que M. Aug. Bernard a écrit quelques lignes sur ce sujet, pour citer son excellent Mémoire sur les origines du Lyonnais (Mém. de la Soc. des Ai^tiq., t. xviii) ; et je dois aux obligeantes communications du savant épigraphiste , M. Renier, la rectification relative à la position d'Athanacmii.
AuGUSTODUNUM , AntuTi. Le mot jEdmis est encore employé par Grégoire comme synonyme de Auguslodunensis. JEdua civitas (F. A.^ 35). Symphorianus JEduits (P. /., 30). — On retrouve l'expression JEdua civitas jusque dans un document de l'an 746, le Testament de Saint-Waré (Widradus). — Appartenait à Contran.
AuRELiANis, Aurelianensis urbs^ Aiirelianense oppidum^ Orléans , Aurelianensis terminus , territoire >d'Orléans. Aurelianenses, les Orléanais. Dans les Vies des Pères ^ on trouve Genabensis urbs^ expression qui pourrait servir d'argument contre l'identification de Genabum avec Gien, si la question n'était pas décidée depuis longtemps en faveur d'Orléans. ^ — A Gontran.
AusciENSis urbs, Auch. Devait appartenir à Childebert II; car Childericus Saxo ayant encouru la disgrâce de Gontran en 585, s'enfuit dans les domaines de Childebert,
alors en guerre avec son oncle ; il est préposé par ce roi au gouvernement de plusieurs cités avec le titre de duc , et meurt de ses débauches ou est assassiné dans Auch, en 590. (vni, 18, et x, 22.)
AusiENSE territorium. Ce territoire est représenté par un grand nombre de localités d'Indre-et-Loire avoisinant Tours. J'ai parlé déjà amplement de ce territoire dans la première partie démon travail.
AusTRASii. Merovechus a hasilica turonensi fugam iniit et ad Brunechildem reginam iisque pervenil: sed ah Anstrasiis non est collectas (v, 14) . Austrasii désigne , comme on le voit, les sujets de Sighebert et de son fils Childebert. — La mention de Neustria ne se trouve pas dans Grégoire ; mais Valois fait fort bien observer qu'elle est impliquée par celle de Àustrasia. Je l'ai rencontrée pour la première fois dans deux diplômes de Thierry III de 677
et de 680 : et episcopos de rigna nostra, tant de
Kitister quam et de Burgundia.
AuTissiODORENSis urbSy Autisiodorum civitas, Autisiodorense oppidum^ terrilorium, Auœerre. Pœonius municipii autissiodorensis comitatum regebat (H. E., iv, 42). Remarquer ici le mot municipium^ souvenir de la condition d'Auxerre sous les Romains. Grégoire l'emploie sans discernement; car, en recevant un comte, Auxerre pouvait conserver quelques-uns de ses anciens privilèges municipaux, mais elle cessait d'être un municipe ^ c'est-à-dire une cité s'administrant elle-même.
AvALLOCiuM, Alliiye^ sur la rive droite du Loir (Eureet-Loir) .
AvENio, Avinio, Avemiicum territorium, Avignon. Je crois que cette cité appartenait à Sighebert, car ce roi
s*étant jeté sur Arles, son frère Gontran, par représaille, s'empare d'Avignon (iv, 30) .
AvENTiCA civitas, Avenches; citée dans V. P. saris aucun détail. Devait appartenir à Gontran.
AxONA fluviusy V Aisne.
Bajocassini. Bajocassensis civitaSy Bayeuœ. Appartenait à Chilpéric.
Balatedo viens y Ballàn; èi six kilomètres sud de Tours. L'évêque Perpétue y bâtit une église.
Balbiagensis pagus ad Ligerim : Quum quodam tem-pore lier ageremus in pago Balbiacensi, ad Ligerim usque fluvium pervenimus {M. M., ii, 16). Il n'y a près de la Loire, dans le diocèse de Tours, aucun lieu de quelque importance qui réponde à ce pagus Balbiacensis; tout ce que j'ai pu trouver sur la carte de Cassini (feuille 66) consiste en deux localités infimes, Belvau et Belebat, situées entre la Loire et la Vienne, à neuf et à quatorze kilomètres nord-est de Chinon, et qui marquent peut-être l'emplacement du petit territoire auquel Grégoire donne ici le nom de pagus.
Becciagum vicus in Arbatilico, Bessay (Vendée). Voir Arhaiilicus.
Belenatensis mons de quo vici Ricomagensis posilio conlemplalur (G. C, 5). Ce mont était tout proche de Riom, comme l'indique ce passage. Je ne vois pas que son nom ait laissé aucune trace sur les cartes.
Belgicje secundœ provincia (P. T., 32). Cette mention, comme celle des trois Aquitaines, marque le souvenir de divisions qui, depuis Clovis, avaient cessé d'exister.
Belsonangum villa in média Ardoennensis silvœ sita. J'ai trouvé sur la carte de France (feuille 24) , au milieu
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des vestiges nombreux de la forêt des Ardennes, une localité du nom de Bulson, sur la rive gauche de la Meuse, à huit kilomètres sud de Sedan; et je suppose que cette localité répond à la villa Belsonancum , de préférence à Bastoigne que propose Ortelius et qui est appelée dans les titres latins, comme l'indique Valois, Bastonia.
Benarna urhs. Cette cité a été détruite soit par les Sarrasins, soit par les Normands. Valois pensait que son emplacement était marqué par celui de la ville actuelle de Lescar qui a hérité de son évêché; mais l'historien du Béarn, de Marca, a publié la charte de fondation de Lescar, bâtie en 108/i. par Lopofort en un lieu « uhi nihil invenit prœter silvam et ecclesiolam B. Joannis Bapfistœ » {HisL de Bearn, p. 212). D'Anville a démontré, à l'aide des Itinéraires, l'erreur de Valois; et M. Walckenaër, qui a recherché sur le terrain même l'emplacement de Beneharnum, a fort bien indiqué, par le moyen des distances marquées dans les Itinéraires, et par des tronçons d'anciennes voies, qu'il ne fallait pas le placer ailleurs qu'au bourg de Maslacq^ à huit kilomètres sud-est d'Orthez, et à vingt-quatre kilomètres nord-est de Lescar. {Géogr. des GaiiL^ t. I, p. 294.) — Cette cité était entrée dans le partage de Chilpéric, car elle faisait partie du Morgengab de Galswinthe (ix, 20). Contran en obtint la jouissance viagère par le traité d'Andelot.
Begorra, Beorretana urbs^ Beorritanœ urbis terminus. C'est le nom de la ville de Tarbes au temps de Grégoire. On en trouve la mention dans la Notice des Provinces et des Cités (édit. de M. Guérard, p. 29) de la façon qui suit : Civitas Turba^ vbi castrum Bigorra^ ce qui semblerait indiquer l'existence d'un château de Bigorre sur
DE GnÉGOînE DE TOUnS. 95
un territoire appelé Turba. Cependant c'est le contraire qui existe ; les Bigerriones sont mentionnés dès le temps de César (liv, m, c. 27), et aujourd'hui encore le pays s'appelle Bigorre, et la ville Tarbes. — Cette cité était exactement dans la même condition que la précédente,
Berberensis vicus qui nunc Lipidiaco dicilur. Voir Lipidiacus et Lipidiacensis pagus.
Berrao vicus 5 Berravensis, pagus. L'évêque Perpétue dota ce bourg d'une église. C'est Barrou^ sur la rive droite de la Creuse, à dix-huit kilomètres nord-est de Châtellerault,
Bertunense oppidum. Quùm fama ferret S. Mallosum^ apudBertunense oppidum martyrium consumasse... diaconus quidam Mettensis per visum ductus^ ubi martyr quiescerei est edoclus (G. M., i, 63). D. Ruinart conjecturait que ce lieu était Xanten {ad Sancios) , parce que Xanten est au nombre de ceux qui revendiquent le massacre de la légion Thébaine dont saint Malien a fait partie. J'y vois tout simplement Verdunense oppidum, Verdun; et j'g,ppuie cette supposition, qui a déjà pour elle la parenté des lettres B et T avec les lettres V et D, sur ce que le lieu dont il s'agit devait ne pas être éloigné de Metz, attendu que ce fut un prêtre de cette ville qui, suivant le texte, découvrit le corps de saint Malleu. Or, on sait que Metz et Verdun sont voisines et appartiennent à la même province ecclésiastique. Y a-t-il à Verdun une église ou des reliques de saint Malleu? Ce point serait décisif dans la question.
BiTERRis, Bilerrensis civilas, Beziers. Appartenait aux Goths. Voir Septimania.
BiTURiG^, Biturica, Bituriga^ Bourges; Beloricum terri--
m nÈoGRAPniË
(orium 9 Bituricurrij le Berry; Bilurici, Biiuriges ^ les hommes du Berry. Cité appartenant à Contran, comme^il est facile de l'induire des invasions qu'y fait Chilpéric ( VI, 31 ; VII, 12) . Les deux cités de Bourges et de Tours sont constamment en guerre et paraissent animées d'une grande inimitié l'une contre l'autre.
Blaviense castellum^ super littusamnis Garonnœ, Blaye (Gironde) .
Blesenses. Defuncto Chilperico... Aurelianenses cum Bleseiisibusjuncti^ super Dunenses inruunt (H. E., vu, 2). Cette mention est, avec celle qui se trouve dans l'Anonyme de Ravenne^ la plus ancienne qui soit faite de Blois (Ajion.^ p* 189).
Brennagum, Brannacum^ Brinnacum. Ces trois formes se trouvent dans Grégoire de Tours. — ChUpericus post patris funera thesauros qui in villa Brinnaco erant congregati accipit (iv, S2) .Ici accepit signifie: mil la main sur.
, — Samson, Valois, D. Germain, Mabillon,D. Bouquet ont vu dans Brennacum Braine sur la Vesle, à quatorze kilomètres est-sud-est de Soissons. Ce n'a pas été l'avis de Lebeuf. Le savant abbé objecte (Mém. de VAcad. des Inscr.^ t. xxi) que la terminaison acum eût dû se transformer en ai, oi^ ei, i; que Braine étant au-delà de Soissons, Chilpéric n'eût pu se jeter sur les trésors de son père sans être arrêté par ses frères à son retour ; que, dès le vu*' siècle, cette terre appartenait à l'église de Rouen, et ne pouvait être villa royale, et il propose Bargny, entre Paris pt Soissons, à huit kilomètres sud-est de Crépy, et dix-huit kilomètres sud-est de Compiègne. Lebeuf nous apprend luimême que dans les titres latins Bargny est appelé Berne-gium^ Berinneium, Berigneium^ et il faut convenir que si
Braine n'a pas la terminaison qu'eut dû lui transmettre Brennacurriy de son côté la localité proposée par Lebeuf n'a pas un radical qui plaide en sa faveur. Dans Frodoard, Braine est mentionné sous la forme de Braina. Lebeuf en tire argument pour prétendre que si le lieu s'appelait Braina au ix* siècle, il n'avait pas pu avoir au vr le nom de Brennacum; mais j'aîme mieux croire que ce mot, échappant à une règle générale, mais non absolue, s'est dépouillé de sa terminaison au lieu de la changer en i, plutôt que d'admettre la transformation de Brennacum en Bernegium, qui a fait Bargny. La seconde objection du savant n'a pas une grande valeur, car rien ne démontre que les frères de Chilpéric aient été réunis à Soissons ou que ce roi ait repassé par cette ville pour gagner Paris après avoir mis la main sur les trésors de Braine. Quant à la possession de cette villa par l'église de Rouen , Lebeuf l'établit pour le viii* et le tx' siècle et non pour le vi'. — En 580 se tint à Brennacum ce fameux concile où Grégoire de Tours eut à se justifier, devant Chilpéric et Frédégonde, des calomnies de Leudaste; avant de s'y rendre, le saint évêque entre dans Soissons. — Les deux fils de Chilpéric et de Frédégonde sont atteints à Braine d'une épidémie mortelle : l'un succombe; l'autre est porté mourant en une journée de la villa au tombeau de Saint-Médard à Soissons. Je m'étonne que ce fait n'ait pas frappé davantage le savant abbé; il démontre la proximité de la villa dont il s'agit avec Soissons; or, Braine n'en est guère qu'à trois lieues ; Bargny au contraire en est éloigné de sept à huit ; comment Lebeuf, qui, dans la question de Genabum où il se prononce pour Gien, n'admettait pas que les légions de César pussent faire vingt-cinq lieues en trois jours,
suppose-t-il qu'on en fit faire sept à un enfant mourant dans une*seule journée? — Ajoutons que Braine s'accommode mieux que Bargny aux mouvements qui ont précédé la bataille de Droisy, ce sanglant épisode de la lutte entre Frédégonde et Brunehaut. Brennacum est donc Braine. Nul aujourd'hui, parmi les historiens, ne met ce fait en doute; un savant du Soissonnais l'a encore récemment établi d'une façon très- ample {Brennacum, par Stan. Prioux, 1856); et je n'y aurais pas tant insisté ici, s'il n'avait pour adversaire un des hommes qui, dans l'ensemble de leurs travaux, ont le mieux mérité de la Géographie. Bricga. L'évêque Brice y construit une église. Ce peut être Brhche, à trente kilomètres ouest -nord-ouest de Tours. Il faudrait savoir si l'église de cette localité est sous l'invocation de saint Brice.
Brioteidis vicus, Bridoréj sur l'Indre, à treize kilomètres sud-est de Loches.
Britannia, Britanniœ (forme plurielle) la Bretagne; Brilanniy les Bretons. Sprûner, dan^ la carte de la Gaule mérovingienne, a eu tort de prolonger la Bretagne indépendante jusqu'au Couesnon et à la Loire; nous voyons par Grégoire (iv, 4, 20 ; v, 16, 22, 37; ix, 18, 24; x, 9) qu'elle s'étendait tout au plus jusqu'à la Rance et à la Vilaine.
Briva Curretia Viens, in Lemovicino^ Brives-la-Gaillarde (Corrèze).
Brivas viens in Biturigensi urbe, Brives (Indre), à onze kilomètres sud d'Issoudun.
Brivas, Brivatensis vicus, Brivatensis diœcesis, Brioude et paroisse de Brioude (Haute-Loire). Célèbre par les tombeaux de SaintrJulien et de l'empereur Avitus.
Brixis viens ^ Brizay, près de la rive gauche de la Vienne, à quatorze kilomètres sud-est de Chinon. L'évêque Eustochius y bâtit une église.
BuLGiATENSis Villa (variante Bolgiasensis) Boughat (Puy-de-Dôme), à dix-huit kilomètres sud-ouest de Thiers. — Léguée par l'évêque Tetradius à la basilique de Saint-Julien.
BuRDEGALA, Burdegalensis urbs^ Burdigalense oppidum^ Biirdegalensis regio ^ terminus. Bordeaux^ Bordelais. — Éprouva en 580 un fort tremblement de terre. — Au vr siècle, aussi bien qu'aujourd'hui, Bordeaux était sur la rive gauche de la Garonne comme l'a établi Lebeuf, contrairement à l'assertion de Valois {Mém. de l'Acad. des Inscr., t. XXVII). — Cette cité appartenait à Chilpéric; elle fit partie du morgengab de Galswinthe, et fut cédée viagèi;ement à Gontran au traité d'Andelot.
BuRGUNDiA, Burgundiœ (form. plur.), Burgundiones ^ la Bourgogne^ les Bourguignons. Sous le nom de Bourgogne, Grégoire comprend toute la région qui s'étend de Sens jusqu'à la Durance, Arles et Marseille inclusivement, c'est-à-dire toutes les possessions de Gontran.
Cabilloncm, Cavillonumy Cabillonensis civitaSy Chalonsur-Saône (Saône-et-Loire). C'était une des capitales du roi Gontran.
Cadurcum, Cadurcina urbs^ Cahors; Cadurcinum, le Cahorcin. Cahors appartenait à Chilpéric; elle fit partie du morgengab de Galswinthe ; revendiquée à ce titre par Brunehaut , elle lui fut cédée au traité d'Andelot.
Caino vicuSy Cainonense caslrum urbis turonicœ; Chinon (Indre-et-Loire). L'év-êque Brice y bâtit une église.
Cala villa ^ Calensis villa, Chelles. Ville royale sur la
Marne (Seine-et-Marne) , à vingt kilomètres ouest de Meaux.
Calatonnum viens, Clion sur Indre, six kilomètres sudest de Châtillon-sur-Indre (Indre).
Camaragum, Cameracensis urbs^ Cambrai (Nord). En 584 , Cambrai était dans la possession de Chilpéric ; car ce roi apprenant que son frère Contran et son neveu Childebert so;it unis pour reprendre les villes qu'il avait usurpées, se lîéfugie dans Cambrai avec ses trésors (vi, 41). Cette cité était peut-être au nombre de celles que Chilpéric avait surprises après l'assassinat de Sighebert.
Campania, Campaniœ ducatus; Campania remensis , la Champagne; Campanienses, les Champenois. La région à laquelle Grégoire de Tours donne ce nom embrassait un vaste territoire. Un fait en prouve l'importance et l'étendue sous Childebert II en 587 : Rauchingue, et plusieurs des grands de Childebert II et de Clotaire II se réunissent dans le but apparent de traiter de la paix, mais, en réahté : ut^ interfecto Childeberto, Rauchingus cum Théodoberto seniore ejus filio, regnum Campaniœ teneret, ix, 9. Ainsi Rauchingue méditait de créer un royaume de Champagne.
Canbidobrinse M", m Arverno; Combronde (Puy-de- Dôme), à douze kilomètres nord de Riom.
Cantobennensis erypia; Chantoin, monastère situé sous les murs de Clermont près de la barrière de l'est dite des "Js^cobins.
Capraria castrum; Cabrihre (Hérault), à dix-sept kilomètres sud de Lodève.
Caput Arietis Castrum ; Cabarhde^ au sud-est du département du Tarn, à trente-deux kilomètres sud-est de Castres.
DE GRÉGOIRE DE TOURS. *l(yi
Carbonaru silvay la forêt Charbonnière ^ contiguê à celles de Caise et des Ardennes, et vestige, comme elles, de la portion de la forêt Hercynie qui était en Gaule.
Carcassona urbs; Carcassonne. — Ne figure pas dans la notice des provinces et des cités et paraît n'être devenue évêché que postérieurement à A gde et après la bataille de Toulon. Appartenait aux Goths de Septimanie. Un des ducs de Gontran s'en empare momentanément , en 589 ; mais ce roi la reprend presque aussitôt.
Caris , lé Cher. Les inondations étaient très-fréquentes au temps des Mérovingiens. En 580, année notable par ses tremblements de terre, la rigueur de son hiver et tous ses désastres, le Cher ne fit qu'une seule nappe d'eau avec la Loire; c'est du moins ce que signifie, je crois, le passage suivant : Liger fluvius major àb anno superiore fuit^ postquam ei Caris torrens se adjunxit (v, 42). Il en a été de même dans l'inondation de 1856.
Carnotena urbsj Carnotenus pagus/Carnoienus terminus, Chartres, le pays chartrain. La cité de Chartres appartenait à Chilpéric ; moins cependant le Dunois , car, en 573, Sighebert érigea de son chef Châteaudun en évêché (vu, 17, 29).
Catalaunensis urbs et civitas, Châlons-sur-Marne. — Elafius, catalaunensis episcopus, propter causas BrunechiU dis, in Hispanias directus (v, 41). Donc, Châlons faisait partie du domaine de Sighebert et de l'Austrasie.
Catulliagus vicus, célèbre par le martyr d'Eleuthère, de Rusticus et de saint Denis. C'est dans ce bourg que, plus tard, Dagobert éleva l'église et le monastère devenus fameux sous le vocable de ce dernier saint. Ainsi Catul-
:m:r*':*-." *•••••** •"•'géographie
liacus est le nom que portait Saint-Denis (Seine), antérieurement à Dagobert.
Cavellionensis urbs, Cavaillon (Vaucluse) . A Contran.
Cella EusiTii, Selles-sur-Cher^ à seize kilomètres sudouest de Romorantin (Loir-et-Cher). Toutefois, il faut observer que Cella Eusitii peut être représentée par une autre localité, attendu que dans le Berry comme dans toutes les autres parties de la France centrale il y a un grand nombre de lieux appelés Celle ou Selle et gardant sous ce nom le soutenir du séjour de quelque saint ermite; ainsi SeRe-sur-Arnon , à douze kilomètres sud-ouest de Châteauneuf ; la Celle-sur-Cher, à sept kilomètres nordouest de Saint-Amand ; la Cellette à huit kilomètres sud du même lieu, etc.
Celluea s. Maœentii. — Erat vir laudcihilis sanctitatis, Maxentius abbas^ reclausus in monaslerio infra terminum pictavensem^ cujus monaslerii nomen lectioni non indidimus, quia locus ille usque hodie cellula S. Maœenlii vocatur. {H. E. II, 37.) — Il en est aujourd'hui encore comme au temps de Grégoire de Tours; la cellule de Maxentius est devenue la ville de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) .
Cenomannis, Cenomannica urbSy le Mans; Cenomanicum^ le Maine; Cenomannici^ Cenomanni^ les habitants du Maine. Appartenait à Chilpéric, qui envoya le comte du Mans, Roccolène, prendre possession de la cité de Tours, après la nïort de Sighebert. (M. M. ii, 27) .
Cerate, Ceratensis vicus^ bâti par l'évêque Eufronius; Céré (Indre-et-Loire), à douze kilomètres nord de Montrésor.
Chrononense , Cromonense M"* in Arvernis. Cournon^ à dix kilomètres sud-est de Clermont.
CisoMAGENSis vicus. Saint Martin y bâtit une église. Chisseau (Indre-et-Loire), à douze kilomètres sud-est d'Amboise.
Clennus fluviuSy le Çlain affluent de la Vienne.
CoLONiA, Cologne. Bien que dans un passage de Grégoire de Tours nous ayons vu le mot Agrippinensis employé seul, celui de Colonia commençait à prévaloir pour désigner Cologne. En voici la preuve : Sigibertus misit Gondovaldum in Agrippinensem civitatem^ quœ nunc Co* lonia dicitur. {H. E. vi, 24). A Sighebert.
CoLUMBARiENSE M"*, Colombiers ;h3,ii par saint Patrocle, ermite, à dix-sept kilomètres sud-est de Montluçon (Allier) .
CoLUMNA vicus. Clodomir, avant d'aller combattre pour la deuxième fois les Burgondes, tue Sigismond, sa femme et ses fils, apud Columnam Aurelianensis urbisvicum. Je crois d'autant mieux que ce lieu est Coulmers , à dix-huit kilomètres est d'Orléans (Loiret), que tout auprès se trouve une commune qui porte le nom de saint Sigismond.
CoMPENDiuM, Compiègne. Avec Braine et Chelles, un des séjours favoris de Chilpéric et de Frédégonde.
CoNDATENsis vicus ^ diœcesis (encore employé avec le sens de paroisse). Il y a une quantité considérable de localités au confluent des moindres cours d'eau qui portent le radical Cond^ changé aujourd'hui en Cande, Candes ou Condé et qui, dans la langue celtique, répondait aux Confluentes^ Conflans, Coblentz, des Latins. Ici ce mot a pris la forme Candes. C'est le fameux bourg, au confluent de la Vienne et de la Loire, où mourut saint Martin.
CoNDATiscONE M". Saint Lupicinus et saint Romain retirés dans les déserts du Jura y fondent le monastère qui échangea ce premier nom contre celui de saint Oyan {sanctus Eugendus), un de ses abbés, et qui, en dernier lieu, s'est appelé Saint-Claude^ nom qu'il conserve (Jura) .
CoNFLUENTis castrum , Coblentz (Prusse rhénane) .
CoNSORANis , Saint-Lizier (Ariége) . Consoranenies, ses habitants. B. Valerius Consoranentium primus episcopiis. (G. C, 84.) Je crois que cette cité avait appartenu à. Sighebert, parce qu'au traité d'Andelot Childebert la revendique et l'obtient définitivement.
CoNSTANTiNA civitas , Coutauces (Manche) , appartenait à Chilpéric qui envoya Prétextât en exil dans l'île de Jersey, dépendante de cette cité, (v, 19.)
Convenue , Conveniensis urbs , Saint-Bertrand de Comminges (Haute-Garonne) , appartenait à Childebert, ainsi qu'il ressort de plusieurs passages de la tentative faite par Gondovald , prétendu fils de Clotaire P', pour soulever le sud-ouest de la Gaule, (vu, 34, 35.)
CoRNUTiuM, vicus in regione Rhedonica. Ce ne peut pas être comme le pensait Valois, Saint-Aubin du Cormier dont la charte de fondation est du xii* siècle. Lecointe {Annal. ecclésiast.yi.Jiy p. 194.) propose Cornuz sans indiquer la position de ce lieu que, pour ma part, j'avais inutilement recherché. Je dois à l'obligeance du savant M. Lejean d'en pouvoir préciser l'emplacement sur la rive gauche de la Vilaine entre la Seiche et la Bruc. Je ferai en passant remarquer que rien n'est plus inutile que ces mentions de menues localités, ces traductions de noms latins par des noms de bourgades modernes, dont on n'indique pas d'une façon précise la position.
DE GRÉGOIRE DE TOURS, i05
CoTiA5t7i;a. La forêt de Cuise dont lés restes composent aujourd'hui la forêt de Compiègne.
Cragina (var. Gracinà) insula; Vile de Ré. Dans l'Anonyme de Ravenne et dans des documents du ix* siècle (Valois, Notice^ p. 463); elle est appelée Ratis etRatinay nom dont on remarquera l'analogie avec celui de Ratiatum^ Ratiatenses^ pays de Retz, sur la limite des diocèses de Poitiers et de Nantes. Voir Ratiatensis meus.
Crovio , Crwiensis viens , Cracatonnus vicus andegavensisy Carnonensis pagus y in territorio Andegavo insitus, Craon (Mayenne), à vingt kilomètres ouest-nord-ouest de Château-Gontier.
Cyrigi (S.) M*^ , inArverno^ Saint-Cirgues. Il y a trois localités de ce nom à peu de distance les unes des autres ; Saint-Cirgues de Jourdanne à quinze kilomètres nord-nord-est d'Aurillac ; Saint-Cirgues à dix-sept kilomètres nord de la même ville, et Saint-Cirgues (Corrèze) , à huit kilomètres sud-est de Servières.
De as' casirum. Theudebertus usque ad Riterrensem civitcitem abiens , Deas Castrum obtimiil , atque hiric prœdam diripuit. Beinde adaliud castrum y nomine Caprariant, legalos miiiit. (m, 21.) Théodebert, fils de Théodoric , descend d'Auvergïie pour user de représailles à regard des Goths qui , à la nouvelle de la mort de Clovis, sont sortis de Septimanie et ont envahi les conquêtes de ce roi ; le jeune chef Frank s'avance à travers le pays des Rufènesen compagnie de Gunthaire, fils aîné de Clotaire; il entre sur le territoire de Béziers,- prend et pille Casirum Deas. En suivant son itinéraire , nous trouvons dans l'Hérault, à sept kilomètres nord-est deBédarieux, une localité appelée Die que je crois d'autant plus répondre à Castrum
Deas, qu'elle n'est éloignée que de seize kilomètres de CapraricBj Cabrière, où Théodebert envoya des messagers. Adrien d,e Valois désigne comme traduction de ce nom de lieu Diou en Septimanie (Notice, p. 125) . Je ne trouve pas sur ma carte (réduction de Cassini, par Capitaine , 23 feuilles) de localité de ce nom ; peut-être Diou et Die sont-ils identiques,
DiENSis , Deensis urbs. Die jadis capitale des Voconces (Drôme) . — Devait appartenir à Contran.
DisPARGUM castrum. Clogio apud Dispargum Cdslrum habitabatf quodesl in termino Thoringorum. (ii, 9.) L'emplacement de cette localité a été fort discuté. Cependant en suivant la marche de Clodion, on voit que les Franks ont passé le Rhin ; puisque ce roi s'est établi à Dispargum sur le territoire des Thoringi; ce qu'il faut entendre non des Thuringiens répandus sur la rive droite du fleuve, mais des Tongriens admis par Auguste sur le territoire des Eburones qu'avait anéantis César. De là le roi chevelu se jette sur la cité de Cambrai, prend la ville et s'avance jusqu'à la Somme. Dans ces conditions, Dispargum ne saurait être que Duysborch^ entre Louvain et Bruxelles, comme le pensaient Lecointe et Dubos. Cette ville est intermédiaire entre le Rhin et Cambrai. Les Franks s'avançaient ainsi d'étape en étape jusqu'à ce que le génie conquérant de Clovis les mît en possession de toutes les Gaules. J'a- . jouterai que cette position a été adoptée par Spriiner.
DiviONENSE castrum, Divionense territoriiim. Dijon,' le Dijonnais.
DiviTiA civitas, Deutz, vis-à-vis de Cologne, sur l'autre rive du Rhin. Grégoire donne ici le titre Civitas à une ville qui n'a jamais été épiscopale.
DoLENSis viens termini Biturigi; Bourg-Dieu oa héols (Indre) , séparé de Châteaiiroux par l'Indre.
DoLUS vicuSf Doulus (Indre-et-Loire) , à huit kilomètres ouest-nord-ouest de Loches, L'évèque Eustochius y bâtit une église.
DoRONONiA fluvius , la Dordogne.
. DuNENSE castrum^ Castellum Dunum, Ùunenses, Châteaudun (Eure-et-Loir) . Bien que la cité de Chartres fût du partage de Chilpéric , le Dunense avait été attribué à Sighebert. Ce roi érigea de son chef ce château en évêché et y institua Promotus qu'il fit consacrer par Gilles , archevêque de Reims. L'évèque de Chartres réclama et fut appuyé par tous ses collègues : le concile de Paris (573) décida que Promotus ne pourrait remplir d'autre office que celui de prêtre. A la mort du roi, cette sentence reçut son exécution ; Promotus fut chassé de son siège improvisé, et Châteaudun rentra sous la dépendance ecclésiastique de Chartres, (ff. E., vu, 17.)
Ebredunensis tirbs , Ebredonensis civitas. Embrun (Hautes-Alpes) appartenait à Contran.
Egolisma, Ecolismensis civitas^ Equolesinensis urbs, Angoulême; Cette cité devait être du domaine de Chilpéric ; car Théodebert, fils de ce roi, ayant envahi par ordre de son père les possessions de Sighebert, en 575, est vaincu, tué et abandonné sur le champ -de bataille ; son cadavre recueilli par un certain Arnulfe est inhumé dans la ville d'Angoulême. (iv, 51.)
Eposium càslrum, Ivois, puis Carignan sur le Chiers, à trente kilomètres est-sud-est de Mézières (Ardennes) .
Evaunensisi^icws, Èvaux; trente-six kilomètres nordest d'Aubusson (Creuse) .
EvENA vicus^ Avoine (Indre-et-Loire), à six kilomètres nord-ouest de Chinon. L'évêque Perpétuas y bâtit une église.
ExiDiOLUM cella, Eœcideuil (Dordogne) , à vingt-trois kilomètres sud-ouest de Saint-Yrieix (Haute-Vienne) , dont ce lieu dépendait.
Ferreoli vicus , à deux kilomètres nord de Brioud.e (Haute-Loire) ; porte le même nom qu'au temps de Grégoire de Tours : Saint-Ferréol.
Flavaris quem Elacrem vocitant. C'est une double corruption du mot Elaver^ V Allier.
Floriacum villa in Divionensi territorio; Fleury-sur" Ouche , à quinze kilomètres ouest de Dijon (Côte-d'Or) •
Francia. Ce mot ne désigne dans Grégoire de Tours que l'Austrasie et la Neustrie; il ne comprend ni la Bourgogne ni les contrées situées au midi de la Loire, bien qu'elles fussent dans la dépendance des Franks. Voici même un passage où le chroniqueur paraît l'appliquer exclusivement à l'Austrasie : Chlothacarius post mortem Theobaldi^ cum regnum Franciœ suscepisset (an. 553), {H. £., IV, 14.) — Il s'agit ici de la portion qui était échue, lors du partage fait entre les fils de Clovis, h Théoderic et qui avait passé après lui à son fils Théodebert et à son petit-fils Théodebald, le royaume de Metz. Clotaire était roi de Soissons, c'est-à-dire de la Neustrie qui semble n'être pas comprise dans ces mots regnum Franciœ. Cette expression est d'ailleurs extrêmement rare dans Grégoire de Tours. C'est toujours le mot Galliœ qui désigne la Gaule dans son ensemble.
Garalitana urbs^ Javouls; Gabalitanum^ leGévaudan. Javouls, à vingt-deux kilomètres nord-ouest de Monde
(Lozère), a été la capitale des Cabales à l'époque galloromaine; elle ne répond pas à la ville celtique Anderitum de ' la table de Peutinger et des itinéraires, qui est représentée, comme l'a fort bien démontré M. Walckenaër (Géog. des Gaules, t. i, p. 340 et suiv.), par Anterrieux (Cantalj, à vingt-trois kilomètres sud de Saint-Flour. Javouls à son tour fut détruite par les Allemands dans le m' siècle, et Mende, illustré par le martyre de son évêque, saint Privât, lui succéda comme ville épiscopale. Ce changement était déjà accompli au temps de Grégoire de Tours.
CALLiiE. C'est le territoire complet des Gaules, du Rhin aux Pyrénées, y compris la Septimanie et la Bretagne, c'est-à-dire les contrées indépendantes des Franks.
Garonna, Garumna, la. Garonne.
Geinensis vicusy in territorio Andegavensis urbis ; Gennes (Maine-et-Loire), à quatorze kilomètres ouest de Saumur.
Germania. Régions situées sur les deux rives du Rhin ; car Grégoire emploie l'expression Prima Germania comme celle de Aqmtaniœ et BelgicŒj bien que les divisions romaines fussent abolies.
Genuliacum prœdium. C'est un bien rural donné par le testament de saint Arédius à la basilique de Saint-Martial de Limoges. Je crois que c'est Genouilhac (Charente), à vingt kilomètres sud-sud-ouest de Confolens.
GoTHi. Cette expression est employée indifféremment par Grégoire pour désigner les Visigoths et les Ostrogoths; le nom Gotlhia est quelquefois donné à l'Espagne. Terminus GoUhorum (1. vu, c. 9), désigne la Septimanie (iv, 52).
. Gratianopolis urbs. Grenoble (Isère). A Gontran.
Gredonense castrum , Grèzes-le-Château , à treize kilomètres ouest de Mende.
Grigiense prœdium. Ce lieu mentionné dans le testament d'Arédius peut être CreyssensaCj à douze kilomètres sud de Périgueux (Dordogne), ou Creissensac^ à quinze kilomètres sud de Brives- la -Gaillarde (Corrèze) .
GuRTHONENSE M^ in urbe Cavillonensi. Gourdon, à trente- quatre kilomètres sud-sud- ouest de Ghâlon-sur- Saône (Saône-et-Loire) .
Helanus mons in Gabalitano. Une église y a été édifiée à saint Hilaire au iv** siècle. Il y a dans la Lozère plusieurs localités placées sous l'invocation de saint Hilaire, et à quatre kilomètres nord-est de Mende , un endroit nommé Aliène; je ne saurais dire si l'un d'eux répond au mont Helanus.
Helosensis civitas; Eauze. Cette ville qui devait plus tard être détruite par les Sarrasins était encore la métropole de l'anciçnne Novempopulanie (Gers). En 585, Laban, évêque d'Eauze, meurt; je vois Gonfran désigner le successeur de ce prélat (viii , 22) ; en faut-il conclure que la cité d'Eauze était au pouvoir de ce roi? La preuve n'est pas absolue, car Gontran exerçait alors les droits souverains dans les États de son neveu, le jeune Clotaire II, dont il s'était constitué le tuteur.
HisPANiA, V Espagne^ et souvent la Septimanie. Les ambassadeurs de Chilpéric reviennent d'Espagne en 584 (Septimanie) et lui font savoir que de grandes calamités désolent cç pays; Grégoire ajoute : Lues magis in illis partibus {Hispania) sœviens multa loca devastabat; sed
maxime apiid urbem Narbonensem validius sœviebat (vi,93).
IciACENSis domus in Arverno ; Iciodorensis viens; hsoire (Puy-de-Dôme) .
IllidiiM"*, Saint'Allyre contre Clernlont; côté nord de la ville.
Insula BARBARA; l'île Barbe , à Lyon, au confluent de la Saône et du Rhône.
IsEK A fluvius, V Isère.
IsiODORENSis pagus , Iciodorum viens nrbis tiironicœ. L'évêque Eustochius y bâtit une église. Iseure^ sur la Creuse, à l'extrémité méridionale d'Indre-et-Loire.
IssANDO caslrurrij hsaudon sur la Vézère, treize kilomètres nord-est de Brives (Corrèze) .
Januba, Jenubay Jannbensis urbs; Genève. On ne trouve pas d'autre forme de ce nom dans Grégoire de Tours. — A Gontran.
JoGUNDiAGENSis domus; Joué , à cinq kilomètres sudouest de Tours.
JuLiACUS domus. Donné à la basilique de Saint-Martin, par testament de saint Yrieix; Juillac (Corrèze), vingttrois kilomètres nord-nord-ouest de Brives.
JuRENSE desertum. Grégoire de Tours dit , dans la Vie des Pères, c. 1, que les déserts du Jura s'étendaient, au V* siècle , entre le pays des Burgondes et celui des Allemands : Romnnus jurensis deserti sécréta petit, quœ inter Burgundiam Alemanniamque sita , Aveniicœ adjacent civitati.
Lambros viens y Lambros; à deux kilomètres sud-ouest de Douai (Nord).
Laptoeus campus; la Crau^ plaine pierreuse et stérile
du département des Bouches-du-Rhône , près de l'étang de Berre.
Lapurdum, Bayonne. N'était, jusqu'à Grégoire de Tours, connue que par une double mention de la Notice des dignités : Tfibunus coliortis Novempopulanœ Lapurdo; et de Sidoine Apollinaire (1. viii, lett. 12).
Latta M"* , in quo B. Martini habentur reliquiœ. Ciranla-Latle, à douze kilomètres sud-ouest de Loches.
Laudiacls viens , Moîitis Laudiacensis viens ; Mont- Louis, à dix kilomètres nord-est^ de Tours (Indre-et- Loire) .
Lemane , Limane^ Arvernia^ la Limagne; voir Arvernia.
Lemannus lacus per quem Rhodanus influit; Lac de Genève»
Lemovicinum, Lemovicina urbs, Lemodia, Limoges, Lemovicinus terminus, Lemovicinum, le Limousin. En 579, les peuples du Limousin se révoltent contre les taxes énormes dont Chilpéric les charge (v, 29). De ce fait on pourrait induire que cette cité était entrée dans le domaine du roi de Neustrie, soit en 561, soit en 567; ce serait une erreur, Limoges faisait partie de l'Austrasie depuis le temps de Théodebert, petit-fils de Clovis, et Chilpéric l'avait usurpée après l'assassinat de son frère , en 574 ; la preuve s'en trouve dans plusieurs passages de la vie de saint Yrieix et dans le testament de ce saint qui est daté de la onzième année du règne de Sighebert. (V. A., 10,29 etTestam.)
LicANiACENSis vicus. Je n'ose pas affirmer que ce soit Leginiac, près Neuvic (Corrèze). S'y trouve-t-il une église de Saint-Germain ou de Saint-Laurent? Viclorius
prœpositus ab Eoricho rege septem civilatibus^ basilicam S. Law^eniii et S. Germani Licaniacensis incijussit œdificari. {H. E., L ii, 20.) Les savants de nos provinces qui rendent à la géographie le service de rédiger des An-* nuaires ou des Notices^ faciliteraient beaucoup les recherches si 5 au nom des villes et bourgs, ils prenaient l'habitude de joindre celui du patron de leur principale église.
LiGER, Ligera. La Loire.
LiGURiA apiid Narbonensem urbem. La plaine de Livière, près de Narbonne. Ce nom est un souvenir du passage des Ligures sur le httoral de la Méditerranée.
LiNGONis, Lingonica civilas, Langres. Appartenait à Contran.
LiPiDiAGUs vicus , Lipidiacensis pagus , idem qui Ber^ berensis. Il y a deux Lempde et Lempty, assez proches les uns des autres en Auvergne. I^eut-être sont-ce les vestiges du pagus Lipidiacensis. Lempde, neuf kilomètres est de Clermont; Lempty, vingt kilomètres nord-est de la même ville ; Lempde , treize kilomètres nord-ouest de Brioude, sur l'Alagnon.
LiRiNENSE #**, Monastère de Lérins; dans l'île de Saint-Honorat (Var).
LocociAGus , Locodiacense J/"* ; Monastère près Poitiers où saint Martin fut moine, à six kilomètres sud de Poitiers; Ligugé (Vienne).
LoGGis , Luccœ vicus. Loches (Indre-et-Loire) .
LovoLAUTRUM, Lavolautrense castrum. Yolorre , à huit kilomètres sud de Thiers (Puy-de-Dôme) .
LuGiLiAGus vicus. LusUlé^ entre le Cher et l'Indre, à seize kilomètres nord de Loches , fondé par l'évêque de Tours j Injuriosus.
LuGDUNUM, Lugdunensis urbs y Lyon. A Contran.
LuGDUNUM CLAVATUM, Laon. Cette ville qui n'est pas mentionnée dans la Notice des Provinces et des Cités , doit son évêché à saint Rémi. Elle appartenait aux rois d'Austrasie et paraît avoir été placée sous la dépendance des ducs de Champagne, car en 581, Lupus en butte aux inimitiés d'Ursion et de Bertefrid, et voyant que Brunehilde est impuissante à le protéger, met sa femme en sûreté dans Laon, avant de s'enfuir en Bourgogne, (vi, 4.)
Lexobssis^ LuxœnsiscivitaSj Lizieux. JEtherius, évéquc de Lisieux, persécuté par des ennemis domestiques, s'enfuit de son diocèse et passe dans le royaume de Contran; Chilpéric le rappelle et le rétablit sur son siège, 584. (VI, 84.)
Machovilla, AmOy dux Langohardorum^ Ebredunensem carpens viam^ usque Machovillam territorii avennici accessit. Je n'ai rien trouvé d'Embrun à Avignon et sui* le territoire de cette ville, qui répondît à Machovilla.
Majus monastericm^ MarmoutierSj commune de Saint- Symphorien, à deux kilomètres de Tours, sur la rive droite de la Loire. C'est un des plus anciens et des plus célèbres monastères de la Caule. Saint Martin y bâtit une église en l'honneur des apôtres Pierre et Paul ; Volusianus , évêque de Tours, en éleva dans le même lieu une autre à saint Jean , et les sept Dormants de Gaule parents de saint Martin y furent ensevelis.
Malliacensb #*" , in urbe Turonica^ qaod in cacumine montis est constructum^ ab antiquis vallatum œdificiis jam erutis. {G. C, 21.) Il y a près de Tours deux localités qui ont porté ce nom : Malliacum sur la Vienne, aujourd'hui Maillé-Laillier ; l'autre à onze kilomètres ouest de
DE GflÉGOIRE DE TOURS. 116'
Tours , sur la rive droite de la Loire , est dévenu célèbre sous le nom deLuynes. C'est dans cette dernière que vécut et mourut saint Solemnis dont il est question dans le chapitre 21 de la Gloire des Confesseurs. Pour cette raison, et parce qu'en effet Luynes est sur une hauteur, jn cacumine montisy ce doit être de ce lieu qu'il est question dans Grégoire de Tours.
Manatensis cellula^ Mamtense if*". Menât (Puy-de- Dôme), à trente kilomètres nord-ouest de Riom.
Margiacensis domus arverni territorii^ Marsat; à trois kilomètres sud-ouest de Riom (Puy-de-Dôme).
Margiacensis mlla quœ continetur in termina Burdegalensi. MarsdSy à vingt-quatre kilomètres sud-est de Blaye (Gironde) .
Marilegium villa ^ Mariligensis domus regia^ Marlen-^ heim ; à seize kilomètres sud-est de Saverne (Bas- Rhin).
Maroialensis ecclesia ^ Maroialensis villa Biturici termini^ Mareuil sur l'Arnon ; à trente kilomètres sud-ouest de Bourges (Cher) .
Martiniagensis villa; Turonico oppido oratorium erat propinqaum y situm in villa Martiniacensi ^ in quo célèbre ferebatur sœpius errasse Martinum {G. C., 8) . Il y a dans les environs de Tours un grand nombre de petites localités, Martigni, Martinach, Martinas, la Martinière, auxquelles ce nom peut également convenir.
Massilia , Massiliensis urbs^ porttis cataplus^ Marseille^ Massilienses y les Massaliotes^ Massiliensis provineia; porte le nom Provineia au même titre qu'Arles, en souvenir de la domination romaine. Marseille avait appartenu à Sighe- T^ert; le jeune Ghildebert II avait été obligé d'en céder
une moitié à son oncle Gontran en 575 , et celui-ci s'était emparé de tout. Mais dix ans plus tard, la cité était rentrée en la possession du roi d'Austrasie; car nous voyons celui-ci y envoyer un de ses fidèles, Ratharius, pour y régler des différents, (vi, il; viii, 12.)
Matisco, Matiscensis urhSy Matascense opidum. Mâcon faisait partie des États de Gontran.
Matrona fluvius , la Marne.
Mauriagus campus. Attila repoussé d'Orléans remonte dans le camjms MauriacaSy et se prépare à une bataille. Ce lieu paraît être la plaine de Méry-sur- Seine. C'est l'avis de Valois.
Maurienna , Mauriennensis urbs. Saint-Jean de Mauvienne (Savoie).
Mauriopes vicus: Tranquilla conjux Sicharii ad parentes suoSj, Mauriopes vicum expetit. On ne connaît pas de bourg ainsi nommé ; mais il y a un pays qui porte un nom analogue, c'est le Hurepoix en latin Mauripensis pagus. En faisant quelques recherches sur la carte de France du Dépôt de la guerre , j'ai trouvé une très-petite localité dans le Hurepoix même qui s'appelle Mérobes, à dix-huit kilomètres ouest de Malesherbes et à deux kilomètres nordouest de Sermaise , extrémité nord du Loiret. Serait-ce le lieu dont il est question ici ?
Medigonnus vicus. L'évêque Perpétue y hâtit une église. Ce peut être Mosne sur la Loire, à dix kilomètres est d'Amboise. Il faudrait savoir si ce lieu a une église ou des reUques de S. Perpétue.
Mediogantus locus. Lieu dans le Berry où saint Patrocle vécut ermite, et qui doit être très-proche du monastère que ce saint bâtit à Columbier. Je crois que c'est la Celle,
DE GKÈGOIRE DE TOUKS. 117
à six kilomètres sud deColumbier et à dix-neuf kilomètres sud-est de Montluçon (Allier) .
Mediolanense castrum. Valois pensait que c*était Mehun-sur-Yevre (Cher) ; Lebeuf a démontré d'une façon irrécusable, en étudiant le texte de Grégoire de Tours (//. E.^ VI, 31) que Mediolanum est Château- Meillan (Cher) , à soixante kilomètres sud de Bourges et à vingtneuf kilomètres sud-ouest de Saint-Amand. Dans VAmpliS" sima Collectio deD.Martène (t. vi, 24) , on lit: in territorio bituricOy Castro Mediolano, natale S. Genesii^ martyris; ce qui appuie la démonstration de Lebeuf; car l'église de Château-Meillan a pour patron saint Genêt.
Meduana torrens. La Mayenne,
Mbmagum. Voir Nonniacum.
Meldis, Meldensis urbs^ Meldense territorium ^ Meauœ et son territoire (Seine-et-Marne) . Cette cité faisait partie du domaine de Sighebert et de Childebert II , comme il ressort de plusieurs passages de TH. E. et du traité d'Andelot (ix, 20 et 36). Chilpéric y fait acte de souveraineté , mais momentanément (v, 1) , et par suite de ses usurpations, après avoir assassiné son frère.
Melitense J/"* termini 'Arverni, Meallet (Cantal) , à huit kilomètres nord-est de Mauriac.
Mettis, Mettensis urhs. Metz^ brûlé par les Huns, en 451. C'est une des capitales de l'Austrasié.
Meroliacense castruniy Chastel-Merliac ; à trois kilomètres de Mauriac (Cantal) .
MiciACENCis abbatia^ Saint-Mesmin de Micy; à huit kilomètres sud-ouest d'Orléans (Loiret) . Le lieu où s'élevait cette abbaye avait été donné par Clovis à 5. Maximm (Mesmin) en 510, avec QuercetOy Salicto, utroque molendinoy etc.
118 OÉOGR/VPHfE
MiGLiDUNENSE costmm , Miglidunemis pagus ; Melun le Melunois.
Mimas, Memmatensis morts ^ Mende. Voir Gabalitana urbs.
McENUM vicus. L'auteur de la vie d'Aredius dit que ce saint a visité cette localité, mais sans ajouter aucune indication qui permette d'en retrouver la situation (F.>4.,29).
MoGONTiACUM. Momociacense opidum^ Mayence^ à l'Austrasie.
MoNTOLOMADS, Montalomagensis vicus. Mantelan bâti par l'évêqué Volusianus, à vingt-neuf kilomètres sud de Tours.
MosELLA fluviits. La Moselle.
MussiACAS vicus; Mauzac , à l'ouest de Riom, près des faubourgs de cette ville (Puy-de-Dôme) .
MuTiiE CALMES, hruentihus Langobardis in Gallias et usque Mutias Calmes accedentibus , quod adjacet civitati Ebredonensi^ 572. (iv, 42). J'ai inutilement cherché près d'Embrun et dans le diocèse de cette ville, sur la route qu'ont dû suivre les Lombards une localité, répondant à Mutiœ Calmes. L'édition de MM. Guadet et Taranne, traduit par Chamousses^ mais sans dire s'il se trouve quelque part un lieu de ce nom. Autant vaut s'abstenir d- indication qu'en donner une aussi incomplète.
Najogialum villa^ in territorio santonico. La traduction de ce nom est Nieuil et il y a dans l'Angoumois, le Limousin et le Saintois un grand nombre de locaHtés qui le portent; je m'arrête à Nieuil-les-Saintes, à huit kilomètres nord-est de cette ville, parce que ce lieu est sur un coteau assez élevé, situation qui , d'après le texte convient à la villa mentionnée par Grégoire de Tours. [M-. #., iv, 31.)
Namnetas, Namnetica urhs ^ Namneticus terminus^ Nantes et son territoire, Dfumnetici^ les Nantais. En 583 Nantes était sous la domination de Chilpéric; car un duc de ce roi s'avance dans le Berry contre les forces de Contran, à la tête d'une armée de Tourangeaux, de Poitevins, d'Angevins et de Nantais. Mais cette cité avait-elle, ainsi que Tours, été usurpée par le meurtrier de Sighebert, c'est ce que je ne saurais dire.
Navicellis locus, Nazelles sur la Cisse, petit affluent de la Loire, près de Tours (Indre-et-Loire) .
Nazarii viens : in vico quodam supra alveum Ligeris Nazarii reliquiœ eontinentur {G. M., 61). Saint-Nazaire.
Nemausus, Nemausensis urbs^ Nîmes (Gard). Appartenait aux Goths de Septimanie.
Nemptodorum viens. Gontran y tient le jeune Clotaîre, fils de Frédégonde sur les fonts de baptême, 591. — Nanterre où naquit sainte Geneviève (Seine) .
Nereensis viev^ urbis biturigœ; Aquœ Neri des Itinéraires et de la Table. iVem, à sept kilomètres sud-est de Montluçon (Allier).
NiGEA, Nieencis urbs^ regio. Niée et son territoire.
NiGER-MoNS. Chramne s'est révolté , Clotaire envoie contre lui ses deux fils Charibert et Gontran qui, venant par l'Auvergne et apprenant qu'il est en Limousin, Te poursuivent et l'atteignent vers un mont qui est appelé Nigermons (iv, 16) . Sur les confins de l'Auvergne et du Limousin, s'étend une chaîne de montagnes dont le point culminant est le mont Odouze, et à l'extrémité de laquelle se trouve un village appelé Saint-Georges de Negremont, qui marque peut-être le lieu où Chramne avait cherché un refuge à quinze kilomètres sud-est d'Aubusson (Creuse)*
12d GÉOGRAPHIE
NiVERNÙM, Nivernensis urbSj, Aevers. A Contran.
NivisiuM castellum. Dans l'anonyme de Ravenne : TVovesioy Neuss, rive gauche du Rhin, au nord de Cologne.
NoNNiACLM (var. Memacum) , laissé par le testament d'Aredius au monastère de saint Yrieix; le saint y avait bâti une église de saint Julien. C'est Meimac, à douze kilomètres ouest d'Ussel (Corrèze) , ou Nonnac, à trente-deux kilomètres est-sud-est de Barbezieux (Charente), laquelle a une église de saint Julien.
NovEMPOPULANA. L'emploi de ce nom, comme de ceux d'Aquitaine, Cermanie, etc., indique des divisions qui n'existaient plus du temps de l'historien.
NoviCENSis ecclesia, Neuvi ; à vingt-cinq kilomètres nord-nord-ouest de Tours (Indre-et-Loire) .
NoviGENTUM villa prope Parisius, Ce peut être saint Cloud ; mais c'est plus probablement Nogent-sur-Marne (Seine-et-Oise) , qui était avec Chelles, une des villa que fréquentait Chilpéric.
NoviLiAGus vicus^ Noviliacensis pagus, bâti par Injuriosus, évêque de Tours. Un second bourg du même nom fut bâti par Tévêque Baudinus. L'un paraît être Neuilli- Pont-Pierre, à dix-huit kilomètres nord-ouest de Tours, et l'autre Neuillé-le-Lierre sur la Brenne, à vingt et un kilomètres no'rd-est de la même ville. Mais il y a encore bien d'autres Neuillé et Neuilli dans le diocèse de Tours.
NoviOMENSis urbs, Noyon. Médard, évêque de Saint- Quentin et dont le tombeau est à Soissons, transporta son évêché à Noyon dans la première moitié du vf siècle. — A Sighebert.
NucETUM villa; Noisy^ en face de Chelles, sur le bord de la Marne (Seine-ct-Oise) . ' .
Ii^mgl
OcTAVUS vicus lugdunensis. La peste s'étend de Marseille jusqu'à ce bourg sur le territoire de Lyon. Dans cette direction, je n'ai trouvé sur les cartes à grande échelle que Saint-Jean-d'Octavéon, à neuf kilomètres nordest de Romans (Drôme) . Mais ce ne doit pas être la localité désignée par Grégoire de Tours, attendu qu'elle se trouve dans le diocèse de Vienne et non dans celui de Lyon.
Onia. s. Ursus y fonde un monastère, ainsi qu'en deux autres lieux du territoire de Bourges. 11 y a près de cette ville un petit bourg appelé Heugne qui peut répondre à Onia; il y a encore Allogny à dix-sept kilomètres nord-est de Bourges. Mais je ne sache pas qu'on trouve dans ces localités trace de monastère. Voir Pontiniacum Monasterium.
Orbigniacus^ Orbaniacus viens haud procul a Ceratensi; bâti au temps de l'évêque Eufronius. Orhigny, à vingt kilomètres est de Loches, entre l'Indrois et le Cher.
OsGARA, rOaçhe, rivière qui passe à Dijon.
Parisius (invariable)^ Parisii, Parisiaca urbs, terminus parisiacus; Paris et son territoire. En 508, Clovis, après avoir conquis l'Aquitaine et reçu de l'empereur Anastase les insignes du consulat, revient de Tours à Paris et y établit, dit Grégoire de Tours, le siège du royaume (//.^., 11,38).
Paternacensis ecclesia urbis turonicœ^ Pernay^ à seize kilomètres ouest -nord-ouest de Tours.
Pertensis pagus Carnotenus^ le Perche.
Petreus-pons, lieu d'une entrevue entre Gontran et son neveu Childebert II, Pompierre sur le Mouson ; à onze kilomètres sud de Neufchâteau (Vosges) .
Petrogoriga urbs, Petrocoricum opidum, territorium, Périgueux et son territoire, Petragorici, les Périgour-
dins. Cette cité appartenait à Gontran, de même qu'Agen. Voir Agen.
PiCTAvis^ Pictavensis civitas, Pictavum, Pictavus terminus^ paguSj, Pictavum territorium; Poitiers et son territoire 9 Pictavi les Poitevins. Appartenait à Sighebert ; ce fait ressort de plusieurs passages du chroniqueur; et il suffirait des louanges dont Tévêque-poëte Fortunat comble ' Sighebert et Brunehaut, pour le démontrer.
PoNTiciACENSES silvŒ Arvemi territorii. Au milieu de cette forêt, saint Émilicn et saint Bravy (Brachio) bâtissent un ermitage qui , peut-être , est représenté par le bourg de Pionsat (Puy-de-Dôme, arrondissement de Riom) ; ce que je crois d'autant plus volontiers, que Pionsat n'est qu'à seize kilomètres est de Menât, dont Grégoire de Tours dit que saint Emilien devint abbé (V. P.^ 12).
PoNTico villa y Ponticonensis domus. Ponthion^ à dix kilomètres est de Vitry-sur-Mame (Marne) .
PoNTiNiACUM M"" (var*® Pontiviacum) . — Ursus abbas Cadurcinœ urbis incola fuit, de quo egressus locOy Bituricum terminum est ingressus; fundatisque monasteriis apud Tausiriacum, Oniam, atque Pontiniacum... (F. P.^iS). Valois, Lecointe et Ruinart n'ont rien trouvé qui pût répondre à ce nom de lieu ; en effet, on cherche vainement dans un rayon assez étendu autour de Bourges un ilom qui paraisse dérivé de Pontiniacum. Voici la supposition à laquelle je me suis arrêté : les trois monastères fondés par saint Ursus paraissent, d'après ce que que dit Grégoire de Tours, avoir été proches les uns des autres sur le territoire de Bourges ; si Onia est Heugne ou Alloigny, près de cette ville, vers le nord, Tausiriaciis est peut-être Trouy, à huit kilomètres sud-est de la ville, et Pontinia-
cus^ ayant échangé son nom primitif contre celui de son fondateur, serait devenu La Chapelle-Saint-Ursin^ petite localité entre Heugne et Trouy, à six kilomètres ouest de Bourges.
Prisciniacensis vicus urbis turonicœ , Grand Précigny sur la Glaise, à vingt-sept kilomètres sud-est de Loches (Indre-et-Loire).
Provincia, portion de l'ancienne Province romaine, dont la Provence tire son nom, et qui, au temps de Grégoire, comprenait Marseille, Aix, Arles et Avignon.
PYRENiEi montes^ Pyrénées.
Randanense #"^ Randan^ h vingt et un kilomètres nordest de Riom (Puy-de-Dôme) .
RatiatenSis vicus : Infra ipsum Pictavorum terminum qui adjacet civitati Namneticœ, id est in vico Ratiatensi {G. C, 54). Dans les Annales de saint Bertin et dans un grand nombre d'autres documents (voy. Valois, Not., p. 465), ce n'est plus seulement le vicus, mais le pagus ratiatensis, qui est mentionné. Ce pagus est devenu célèbre sous le nom de duché de Retz. L'espace assez considérable qu'il occupait au nord de l'Herbauge (Herbatilicus) , dans la partie méridionale du département actuel de Loire-Inférieure, est encore marqué par plusieurs villages aux noms desquels le sien s'ajoute comme Saint-Père, Saint-Cyr-en-Retz, etc. Ge pays doit marquer l'emplacement d'un petit peuple gaulois , client des Pictones, ou peut-être des Lemovices; car la ville de Ratiastum, mentionnée par Ptolémée, est attribuée par ce géographe aux Lemovices. Toutefois, comme il est certain que la capitale de ceux-ci était Augustoritum , placée par Ptolémée chez les Pictones, il est présumable que, par suite d'une de ces
V2li GÉOGRAPHIE
erreurs qui sont fréquentes dans la Gaule de ce géographe, il y a eu interversion entre les deux villes (Ptolémée, édit. de M. Renier, dans VAnn. Hist. de 1848). Peutêtre aussi la confusion ne procède-t-elle pas de l'auteur grec, mais des copistes d'après lesquels les éditions que nous possédons ont été données ; car d' Anville {Notice de la Gavle, 127) cite, d'après un Mémoire de l'abbé Belley, inséré dans le tome XIX de l'Académie des Inscriptions, deux manuscrits oïl Ratiastum et Augustorttum occuperaient leur véritable position respective, celle-ci chez les Lemovices^ celle-là chez les Pictones. C'est un des points que le futur éditeur de Ptolémée aura à éclairdr. En tout cas, on ne saurait guère mettre en doute l'identité du Ratiastum gallo-romain avec le viens Ratiatensis de Grégoire de Tours; ce qui confirme l'espoir que nous avons de retrouver le nom et l'emplacement de quelques anciennes peuplades gauloises à l'aide de pagi ou même de vici mentionnés par les écrivains du moyen âge ; ainsi les Ratiatenses doivent désormais, ce me semble, prendre rang dans les listes des peuples gaulois. — J'ai déjà signalé le rapport de nom qui existe entre eux et l'île de Ré, RadiSy Ratis, Ratina (dans Grégoire Cracina)^ et qui indique peut-être ou qu'ils avaient peuplé cette île, ou qu'ils s'étaient étendus le long du golfe aquitanique jusque vis-à-vis d'elle, bien au delà de l'espace restreint qu'ils occupaient dans le moyen âge , et où aujourd'hui nous retrouvons leurs vestiges. Toutefois je n'insiste pas sur ce rapprochement, parce que Valois donne au nom de l'île de Ré une étymologie celtique ryd^ gué, rade, qui n'a rien à faire avec le nom de notre peuple {Notice^ p. Û63). L'étude de la langue des anciens Gaulois jettera
DE GftÉaOIRE DE TOURS. 125
peut-être quelque lumière sur cette question. — Le viens Ratiatensis a, comme le pays qui l'entoure et tout le littoral, souffert cruellement des incursions normandes; et son emplacement n'est pas facile à préciser. D'Anville proposait Saint-Pierre ou Sainte-Opportune-de-Retz ; Valois avait pensé que ce pouvait être une toute petite localité auprès de Saint-Viau, appelée le Restail. Tout récemment M. Deloche {Mém. de la Soc. des Antiq.^ m* série, t. 3) a proposé Rezé sur la rive gauche de la Loire presque vis-à-vis de Nantes; et j'accède d'autant plus volontiers à ce sentiment que, dans un titre de l'église de Sainte-Opportune, nous trouvons le nom du pagus ratiatensis transformé en celui de Razezius qui présente une grande ressemblance avec celui de Rezé..
Recense territoriiinij le territoire de Riez (Basses- Alpes). Appartenait à Gontran.
Remis, Remensis urbs, pagus ^ Reims et son territoire. C'est la seconde capitale de l'Austrasie.
Reomatis J/"*, Moutier-Saint-Jean^ à douze kilomètres nord-ouest de Semur (Gôte-d'Or) .
Reontilm villa in territorio burdegalensi. Rions sur la Garonne, à vingt-cinq kilomètres sud-est de Bordeaux (Gironde) .
Rhedoniga urbs^ regio. Rennes et son territoire. Britanni graviter Rhedonicam regionem vastaverunt incendio... (v, 30) . Donc Rennes n'appartenait pas aux comtes bretons et se trouvait sous la dépendance de Chilpéric.
Rhenus fluviitSy le Rhin.
Rhodanus amnisy le Rhône.
Rhototalensis villa in Rhotomagensi termino. Frédégonde y fut exilée par Gontran. Rueil^ plus tard Vaw-
rfrewi*/, aujourd'hui Notre-Dame de Yavdreuil sur l'Eure, à vingt et un kilomètres sud de Rouen (Eure) .
RiGOMAGENSis vicus cwitatis arverncBj, Riom (Puy-de- Dôme) .
RiGOÏALENSis villa prope Parisius^ Rotoïalensis villa^ Rueil (Seine). ^ RoMANiAGus campus : Alors apparurent deux armées de sauterelles qui, franchissant l'Auvergne et le Limousin, s'abattirent sur le Campus romaniacus (iv, 20). C'est peut-être Romagne dans la Vienne au sud de Poitiers ?
RoMANUM J/"*^ Romain-Moutier (Suisse) ; vingt-trois kilomètres nord-ouest de Lausanne.
RossoNTENSE.... ConreniY ut Silvanectis domnus Childe^ bertus in integritate teneaJty et quantum tertia domni Guntchramni exinde débita competit^ de tertia domni Childeberti quœ est in Rossontensi^ domni Guntchramni partibus compensetur (ix^ 20) . Dans ce passage^ il n'est pas question d'une localité, mais d'un territoire {pagus) , dont plusieurs petites bourgades me semblent avoir retenu le nom et marquer l'emplacement ; ce sont : Resson-sur-Matz, à quatorze kilomètres nord-ouest de Compiègne ; Resson-le- Long, à douze kilomètres ouest de Soissons, et peut-être Rethondes-sur-l'Aisne, un peu au-dessus de son confluent avec l'Oise, Ce Rossontense était d'une certaine étendue puisque, de même que le Silvanectense^ il avait été partagé en trois portions. Or, dans Ptolémée, nous trouvons chez les Silvanecti une ville du nom de Ratomagus ou Rotomagus^ fait qui est resté inexplicable, puisque leur capitale s'appelait, comme il est parfaitement démontré par lavable et les Itinérair es y Augv^tomagùs. Je soup-
çonne que dans les documents dont s'est servi le géographe , il pouvait y avoir deux petites peuplades peu distinctes et mentionnées ensemble ; il aura fait quelque confusion indiquant le nom de l'une et y joignant la capitale de l'autre. De ces deux peuplades obscures, celle des Silvanectes^ favorisée par la fortune, aura acquis ce titre de civitas que lui donne la Notice des Provinces et des Cités, et auquel elle doit sa notoriété et son importance ; sa voisine, celle que je crois retrouver dans Ratomàgm et Rossontense^ demeurant dans son infériorité primitive, ne nous aura laissé pour la reconstituer que la mention qui résulte de l'erreur du géographe grec et la vague indication de Grégoire de. Tours.
RoTHOMAGUM, Rothomageusis urbs, Rouen.
RoTOMAGus, près Tours. L'évéque Brice y construit une église ; fiwa/i-sur-Indre , à dix-sept kilomètres sudest de Tours.
RuTHENis^ Ruthena civitas^ Rodez; Ruthenus terminus ^ son territoire. Cette cité était entrée dans la part de Sighebert, puisque, malgré les usurpations de Chilpéric, en 580, elle appartenait encore à Childebert II qui en désigne l'évéque. (v, 47.)
Santonas, Sàntonica urbsj Saintes^ Santonici^ les habitants du pays de Saintes (Charente -Inférieure). Cette cité devait appartenir à Sighebert, puis à Childebert II, car, en 576, Chilpéric la fit envahir par son fils Clovis et par le duc Desiderius. Contran s'opposa à cette nouvelle usurpation de son frère et envoya contre lui le patrice Mummolus qui battit ses adversaires dans une sanglante rencontre, (v, 13.)
Saponaria villa super Carum. l.'évêque Perpétue
affranchit par son testament les hommes et les femmes qu'il possède dans cette villa. SavonnièreSj à quatre kilomètres sud de Luynes (Indre-et-Loire) .
Sauriciacls villa. Un synode d'évêques s'y tint en 590. Soucy, à seize kilomètres sud-ouest de Soissons.
Saxones Bajocassini. Dans les derniers temps de l'empire, quand, de toutes parts, les barbares se jetaient sur la Gaule, des Saxons pénétrèrent jusqu'au fond de la deuxième et de la troisième Lyonnaise. Nous n'avons connaissance de ceux qui s'établirent dans la troisième Lyonnaise que par quelques vers de Fortunat, dans lesquels l'evêque de Poitiers félicite celui de Nantes, Félix, d'avoir converti ces barbares :
Munere Felicis, de vepre nata seges, Aspera geos Saxo, vivens quasi more ferino,
Te medicante, sacer, bellua reddit ovem. (L. HI, car. 9.)
Les Saxons de la deuxième Lyonnaise sont devenus plus célèbres et ont tenu plus de place dans notre histoire. Grégoire de Tours indique par l'épithète bajocassini qu'on doit chercher leur place dans les environs de Bayeux; en effet, Lebeuf {Mém. de l'Acad. des Inscript. ^ t. XXI) montre fort bien que les Saxons de Bayeux habitaient, à l'ouest de cette ville, un territoire représenté par les villages de Saonnet, Saon, Estrehan. Ce dernier est mentionné comme il suit dans une charte de Charles le Chauve, 8H : Heidrum in Otlinga Saxonia. Heidmtn répond à Estre. Quant à han ou Aam, c'est ce mot allemand qui signifie demeure et qui est devenu le seul nom de tant de localités dans le nord-est de la France. ScALDis fluviuSy V Escaut.
Sellense castrum quod in Pictava hahetur diœcesi. Celle, à six kilomètres nord de Melle (Deux-Sèvres) .
Senaparia locus, in turonico territorio. Saint Ursus de Cahors y fonde un monastère et le place sous la direction de Leubasse {Leohatius) . Senevière, à huit kilomètres est de Loches (Indre-et-Loire).
Senoch. Saint Senocii bâtit dans le territoire de Tours un monastère. Il existe à huit kilomètres sud-ouest de Loches une localité qui retient son nom. (Voir Taifales.)
Senonica urbs^ Senonicum. Sens et son territoire. Cette cité appartenait à Contran, car, en 586, Frédégonde ayant publiquement empoisonné , dans Rouen , un seigneur frank, et menacé de l'assassinat l'évêque de Bayeux, le roi de Bourgogne délègue vers cette reine trois de ses évêques , qui sont ceux de Châlon ^ Troyes et Sens (viii, 31).
Septimania. La Septimanie, qui depuis s'est appelée Languedoc, portait en outre, au temps de Grégoire de Tours, les noms deGothie {terminus Gotthorum) et d'Espagne qu'elle devait à la domination visigothique. Toutefois il est à remarquer, par une coïncidence assez singulière, que le pays appelé, au temps de Grégoire de Tours, Septimanie et Espagne avait, à une époque bien antérieure, été considéré déjà comme faisant partie de l'Ibérie, sans doute à cause de la parenté de ses habitants primitifs avec les Ligures d'Espagne. Strabon nous a conservé le souvenir de cette ancienne division : « Autrefois, dit-il, on comprenait sous le nom d'Ibérie les régions qui commencent à partir du Rhône.» (L. m, c. 4, § 19.) — Grégoire de Tours , qui n'est pas très-conséquent avec lui-même, place la Septimanie tantôt en Gaule et tantôt à
côté : Septimania quœ infra terminum Galliarum continetur (viii, 28); Septimania quœ Galliis est propinqua (viii, 30) . L'origine de ce nom de Septimanie a été fort controversée. Dom Vayssette, dans le tome V de son Histoire du Languedoc j p. 657, a publié à ce sujet une assez longue dissertation dont voici le résumé : Scaliger, Marca et Pagi prétendent que le nom ,de Septimanie vient de l'ancienne partie des Gaules, appelée les Sept-Provinces, et dont les Visigoths étaient presque complètement maîtres quand ce nom fut mis en usage ; le père Marca ajoute que les Visigoths ayant perdu, en 507, la plus grande partie de leurs conquêtes en Gaule, le nom de Septimanie demeura à la portion qu'ils conservèrent. Mais à quelle époque commença-t-on à se servir de cette expression de Septimanie? Sidoine Apollinaire est le premier qui ait appelé de ce nom les États des Visigoths, et la date la plus reculée que l'on puisse assigner à son épître est fixée à 473 par Tillemont. Or, à cette époque, les Visigoths n'étaient pas maîtres de l'Auvergne et ne possédaient rien encore dans la deuxième Narbonnaise et la Viennoise ; ils ne régnaient guère que sur trois des sept provinces (deux Aquitaines , Novempopulanie , deux Narbonnaises , Viennoises, Alpes maritimes) . — Valois et Lecointe pensent que ce nom de Septimanie provenait des sept cités qui composaient la première Narbonnaise quand les Visigoths s'en sont emparés. Mais ou elle comprenait seulement six cités comme dans la Notice : Narbonne, Toulouse, Béziers, Nîmes, Lodève, Uzès, ou elle en comprenait huit et même dix , quand Agde , Maguelone , puis Elne et Carcassonne furent venues s'ajouter aux six premières. — Après avoir ainsi repoussé les conjectures de Marca et de
Valois , Vayssette cherche à son tour la Septimanie et croit la trouver dans la deuxième Aquitaine que les Visigoths occupaient particulièrement à l'époque où écrivait Sidoine Apollinaire. A la vérité, la deuxième Aquitaine ne comprenait pas plus de six cités : Bordeaux, Agen, Angoulême, Saintes, Poitiers, Périgueux. Mais Vayssette y joint Toulouse dont ils étaient également maîtres. Ainsi la portion de la Gaule occupée primitivement par les Visigoths se sérail appelée Septimanie, ce nom se serait transmis à leurs acquisitions successives et maintenu dans leurs dernières possessions. — Cette supposition ne me paraît pas inadmissible, bien que celle de Marca ne soit pas non plus aussi invraisemblable que le veut dom Vayssette. En effet, voici le texte de Sidoine Apollinaire : Gothis crédite qui sœpenumero etiam Septimaniam suam fastidiunt (1. m, ep. 1). En supposant que l'écrivain ait voulu désigner par le nom de Septimanie lès sept provinces, suam Septimaniam pourrait signifier la portion qu'ils en possèdent, la Septimanie des Goths. Mais je n'insiste pas sur ce point. Si l'on remarque que le roi Euric compose justement de sept cités un duché en faveur d'un certain Victorius (Grégoire, qui raconte le fait : Eorichus Gotthorum reoo Victorium ducem super septem civitates prœposuit^ 180 [H. £"., 1. Il, c. 20), ne dit pas quelles étaient ces sept cités), et si l'on se rappelle que, par un singuher hasard, Béziers, au cœur de la première Narbonnaise, avait été le séjour de la septième légion, et que Pline l'appelle Beterrœ Septimanorum {Hist, nat., m, 5), on conviendra qu'une partie de la France méridionale semblait vouée à ce chiffre sept; je m'étonne d une seule chose, c'est que ce nom de Septi-mania, produit par la coïncidence de tant de faits divers,
n'ait pas laissé de trace dans la géographie moderne. — Les Franks firent à plusieurs reprises des tentatives infructueuses pour reprendre aux Visigoths la Septimanie, notamment Gontran, en 586. Cette province ne partagea la condition du reste de la Gaule qu'après la bataille de Poitiers, 732; sa conquête fut un des résultats de la victoire de Charles Martel sur les Sarrasins.
Sequana (variante Segona) , la Seine.
Sexciacensis vicusy domus, infra terminum Beoterranœ urbis. Il y a autour de Tarbes cinq localités du nom de Serres : Serres, quarante et un kilomètres ouest-nord-ouest de Tarbes; Serre, vingt-trois kilomètres nord-ouest; Serre, dix-huit kilomètres est ; Serre , trente kilomètres sudouest ; et Serre, à vingt kilomètres sud de la même ville. A laquelle convient le vicus Sexciacensis^ s'il convient à une d'entre elles? Je pencherais vers la. dernière, parce qu'elle est proche d'un village de Saint-Joustous ; or, Grégoire nous fait savoir que les restes du prêtre saint Justin reposent dans le vicus Sexciacensis. Entre ce lieu et les Cocosates Sexsignani de Pline (iv, 32) y a-t-il quelque rapport? On sait que la capitale de ce peuple était Aquœ tarbellicœ, Dax.
SiLVANECTENSE tervitorium , territoire de Senlis. Voir Rossontense.
SmoiALENSE oraiorium, construit par saint Martin. Le même que Latta; voir ce mot.
SoLONACENSis vicus. Saint Martin y construit une église. Saunay^ à neuf kilomètres sud de Paluau (Indre) .
Stablo villa^ Estoublon^ à seize kilomètres nord-est de Riez (Basses-Alpes).
Stampensis pagus^ le territoire de la ville d'Étampes
DE OnÉGOlRE DE TOURS. 133
(Seine-et-Oise) , laquelle probablement était un vicus au temps de notre historien, qui mentionne trois fois son territoire (pagus) y et pas une fois la localité.
Strateburgdm. Cette mention est, avec celle que nous trouvons dans l'Anonyme deRavenneS^ra^/ftwrgro (p. 187), la première qui soit faite du nom moderne &' Argentoratum. Dans un diplôme de Chilpéric II en faveur du monastère de Saint-Grégoire en Alsace (vers 661 D.^ t. II, p. 121) , nous trouvons ce mot de nouveau modifié comme il suit : Strazburgensis episcopus.
SuESSiONis, SuessionaSy Suessonicus pagus ^ Soissons et son territoire; Suessonicurriy le Soissonnais. A Chilpéric.
Talua viciLS Beorretanœ civitatis uhi Missilinus requiescit. Est-ce TalazaCy à douze kilomètres nord de Tarbes? Si on révère saint Mesclin dans cette localité, il n'y a pas de doute.
Tarabennenses , les habitants de Térouenne. Leur cité ne faisait pas partie de l'Austrasîe, malgré sa situation septentrionale; elle était du domaine de Chilpéric, comme l'atteste ce passage : Merovechus a Tarabennensibus circumventus est dicentibus quod^ relicto pâtre ejus ChilpericOy et se subjugarent^ si ad eos accederet (v, 19).
Tauriacum vicusj bâti par l'évêque Eufronius. Je crois que c'est Thuré^ à six kilomètres ouest de Châtelleraut (Vienne).
Tadsiriacum M"* in biturico termino; Trouy (Cher)? voir Pontiniacum.
Tauredunum castrum super Rhodanum in monte collocatum erat. Grégoire de Tours et Marius d'Avenches racontent qu'après soixante jours d'un bruit inexpliqué,
13/i GÉOGRAPHIE
le mont Tauretunensis, sur lequel s'éJevait un château du même nom, fut tout d'un coup détaché d'une montagne voisine et précipité avec ses villages, ses églises, ses hommes, ses bestiaux, dans le Rhône. Le fleuve reflua, emporta le pont de Genève et ses moulins, et causa un énorme dégât dans un espace de 60 milles en longueur et de 20 milles en largeur {H. £"., IV, 31. Marins^ ad ann. 563). C'est donc sur le Rhône, à une distance de 50 ou 60 milles de Genève, que s'élevait ce château ; le lit du fleuve a peut-être gardé des traces de cette catastrophe.
Ternodorense castrum quod ad Lingonicam civitatem pertinet. Tornodorensis pagus in parochia lingonensi {G. C, 87). Encore un des exemples ou parochia signifie diocèse, tandis que diœcesis signifie souvent paroisse. Tonnerre (Yonne).
Theifalia pagus Pictavi , Theifali. Tiffauges , pays du Poitou, les Theifales. Dans la Notice des Dignités (édit. Boeking., t. II), nous trouvons des barbares de ce nom au service de l'empire : « Horum una cum Sarmatis apud Pictones prœsidium. » Nous les connaissons d'ailleurs ces Theifales par un passage d'Ammien Marcellin, qui ne saurait être traduit, et qui les accuse de mœurs aussi ignobles que bizarres : Hanc Taifalorum gentem turpem ac ohscenœ vitœ flagitiis ita accepimus mersam, ut apud eos nefandi concubitus fœdere copulentur marihus pubères; œtatis viriditatem in eorum pollutis u^ibus consumpturi. Porro si qui jam adultus aprum exceperit solus, vel interemerit ursum immanent^ colluvione liberatur incesti (1. XXXI, c. 9, § 5). Ceux de ces barbares qui s'établirent en Gaule durent changer de mœurs sous
rinfluence du christianisme. Grégoire nous apprend, à
leur louange, qu'ils donnèrent un saint à la Gaule, c'est
saint Senoch. Ils étaient à l'est du /tatiatensis^ et au
nord-est de YHerbatilicm. La petite ville de Tiffauges,
sur la Sèvre-Nantaise, tout au nord du département de
Vendée, marque encore la place qu'ils occupaient.
Themellus villa : Qmdam de villa Themello in pago
turonicœ urhisy vici ambiacensis (M. M., IV, 421). J'ai
inutilement cherché dans un rayon assez étendu autour d'Amboise, sur la carte de Cassini, une localité répondant à ce nom. Je n'accepte pas Thenay, à vingt-trois kilomètres est d'Amboise, qui ne répond ni par sa situation ni par la forme de son nom à Themellus.
Tholosa, urbs Tholosatium^ Thohsanus pagus ^ Tholosates, Tholosani; Toulouse , le Toulousain, les Toulousains. Cette cité appartenait à Chilpéric, car un duc de ce roi ayant envahi les cités d'Agen et de Périgueux, qui faisaient partie des États de Gontran, s'empare de la femme du duc, son adversaire, et l'envoie en captivité à Toulouse.
TiGERNUM castrum Arverniœ, Tigernense castellum, Thiers (Puy-de-Dôme).
Thoringia, la Thuringeet le pays de Tongres. Pour ce second sens, voir Dispargum et Tungri.
ToRNACUM, Tornacenses mûri, Tornacensis pagus, Tournay et son territoire. Appartenait, comme Thérouenne, à Chilpéric , qui, battu et pressé de toutes parts par son frère Gontran, y cherche un refuge en 575.
ToRNOMAGENSis vicus. Saint Martin y fonde une église.
Saint-Martin de Tournon (Indre), à quatorze kilomètres de Leblanc, en Berry.
13a GÉOGRAPHIE
Trajectensis, Trijectensis urhs, Trajectum ad Mosam et Trajectum superius; Maëstricht^ qui succéda, vers 151 , à Tongres comme évêché dans la deuxième Germanie, et fut, à son tour, remplacé par Liège au viir siècle. Cette cité appartenait à Sighebert.
Trece urhs Campaniœ^ Tricassini^ Troyes, qui, du temps de Grégoire de Tours aussi bien qu'aujourd'hui, ne paraît presque jamais qu'avec cette qualification : Troyes en Champagne. Appartenait à Gontran.
Treveris, Treverica urbs^ Treveromm civitaSy Trevericum territonum^ Trevericus terminus^ Trêves et son territoire. A Sighebert.
Tricastinum , Tricassina urbs^ Saint-Paul-trois-Châ-teauxy vingt-deux kilomètres sud de Montelimart (Drôme) . A Gontran.
Trinorciense castrum , quadragesimo ab urbe Cavillo-nensi milliario^ dissitum. Tournus^ à vingt kilomètres sud de ChMon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Saint Valérien, parent de saint Marcel de Châlon, y subit le martyre.
Transalicensis, Transaliacensis vicus^ Transaliensis pagus in Arverno : Lupicino defuncto^ adfuit quœdam matrona quœ ablutwn dignis induit vestimentis^ et cum eum ad vicum Transalicensem inferre vellet, restitit ei populus pagi Lipidiacensis (V. p. xiii). Ainsi, le territoire (pagus) de ces deux bourgades était limitrophe. Or, à l'est de Lempde et de Lempty qui, je crois, répondent au pagus Lipidiacensis^ il y a une localité qui s'appelle Trezioux, et qui me semble devoir être le vicus Transaliensis. Il faudrait savoir si cette localité ou quelqu'une des plus voisines a une église ou des reliques de saint Lupin. Trezioux est à vingt-quatre kilomètres est de
Lempde et à trente-trois kilomètres est-sud-est de Clermont (Puy-de-Dôme).
TuLBiACENSis civitos, Tulbiaccnse oppidum. Remarquons ici le titre de civitas, donné par Grégoire de Tours à une ville illustrée par un grand fait historique, mais qui n'a jamais été épiscopale. Zulpich (Prusse-Rhénane) .
TuNGRi oppidum. C'est l'ancienne Aduatuca Eburonum, où fut massacrée une légion de César. Le conquérant signala sa vengeance par l'extermination desEburones^ dont le territoire fut donné à des Germains, appelés Twng'n au temps d'Auguste, et souvent Thoringi dans les monuments de la basse latinité. Tongres fut détruite parles Huns, et son évêché transporté à Maëstricht , oii était mort son saint évêque Aravatius, 451. Cette ville ne s'est pas entièrement relevée de ses ruines ; cependant elle subsiste encore , à seize kilomètres sud-ouest de Maëstricht (Belgique).
TuRNACENSis, vUla tervitorii Cenomannici in ditionibus basilicœ S. Martini. Paraît être Tomes ^ petite localité de la Sarthe, à onze kilomètres nord-ouest du Mans, entre Guerche et Lavardin.
TuRONis, Turonica urbs, Turonicum oppidum^ Turonicum^ Turonicus terminus^ pagus^ Turonicum territorium, Turonici. Tours y son territoire et ses habitants. Bien que la forme Turones fût primitivement plus usitée que la forme Turoni^ c'est sous cette dernière, employée à l'ablatif, que le nom de Tours est devenu invariable. C'était une des cités de Sighebert, et ce fut une des premières qu'usurpa Chilpéric après avoir assassiné son frère.
UcETiCA, Ucecensis urbSy Uzès (Gard). Cette ville, bien que dépendante de la 1" Narbonnaise, ne faisait pas partie de la Septimanie; elle avait été prise par les Franks aux
Visigoths. Elle appartenait à Childebert II, car, en 585, elle fut réunie par ce roi aux cités de Clermont et de Rodez pour former un duché (viii, 18).
Uguernum, arelatense castrum; Beaucaire^ ou peut-être seulement une île du Rhône qui se trouve entre cette ville et Tarascon (Gard).
Ulda fluvius, VOust, grand affluent canalisé de la rive droite de la Vilaine.
Urbiensis pons, Parisiacœ civitatis ; pont sur la rivière à' Orge ^ petit affluent de la Seine , dans laquelle il se jette par deux embouchures à Athis et au-dessus du hameau de Châtillon-sur-Seine (Seine-et-Oise).
Vabrense cccstrum ^ Vabrensis pagus. LeVabrensis^ Wcevrey s'étendait entre la Meuse et la Moselle, deLongwy et du Chiers, affluent de la Meuse au nord, à Commercy environ vers le sud. Les noms de lieux indiqués sur la carte de France du Dépôt de la guerre, avec la mention en Woèvre sont très -nombreux, mais je ne vois pas lequel peut représenter d'une façon certaine le castrum Vabrense. Je l'ai placé, en attendant des renseignements plus positifs, à la petite localité appelée ville en Woèvre.
Valentia urbsj, Valence (Drôme). A Gontran.
Vapigensis civitasy Gap (Hautes-Alpes). A Gontran.
Vasatensis urbs^ fut assiégée par les Huns en 437. Bazas (Gironde). Je crois que cette cité faisait partie des États de Chilpéric. Cependant je n'en trouve pas de preuves certaines- dans Grégoire de Tours.
Vasconia : Bladastes dux in Vasconiam abiit atque maximam exercitus sut partem amisit, an. 581 (vi, 12) . C'est la première apparition dans l'histoire de ce mot Vasconia avec la mention qu'en fait Fortunat 1. ix Car. 1 ;
Chilpericum...
Quem Geta, Wasco tremunt, Danus, Estio^ Saxo, Britaonus.
Il s'en fallait alors que la Wasconia s'étendît à la Novempopulanie entière ; niais à partir de ce moment les Vascons ne cessent d'envahir le pays frank. En 587 ils descendent de leurs montagnes et ravagent le plat pays ; puis ils finissent par s'emparer de toute la région à laquelle ils ont donné le nom de Gascogne.
Vellavi, Vellavœ urbis terminus. L'ancienne ^ei^emo, plus tard Vellavi^ est représentée par le village de Saint- Paulien, à dix kilomètres nord-nord-ouest du Puy, Haute- Loire. Avait-elle, au temps de Grégoire de Tours, cessé d'être évêché? Je ne le pense pas; mais il est sûr qu'elle n'avait plus longtemps à l'être. Voir Anicium. Appartenait, comme l'Auvergne et le Rouergue, à Sighebert.
Veneti, Venetica urbs, Veneticum; Vannes et son territoire (Morbihan). Chilpéric et les chefs bretons se disputaient la possession de cette cité. En 587, le Breton Warochus en était maître (ix, 18).
Verberis (variante ifferèem) , fluvius^ leBarberon^ trèspetit affluent du Dolon, rivière qui se jette dans le Rhône au-desous de Vienne.
Vernadum vicits : l'évêque Perpétue y bâtit une église; Vernon^ sur la Brenne, à dix kilomètres nord-est de Tours.
Vesonticorum civitasy Besançon. C'est à propos des martyrs Ferréol et Ferrucion (G. M., 71^^, que se trouve dans Grégoire de Tours l'unique mention qui soit faite de Besançon. Cette cité ne pouvait appartenir qu'à Contran.
ViBRiACENSis domiiSy viens : Nanninus presbyter domus Vibriacensis , S.Juliani relliquias expetivit^ quas... tulit
iliO GÉOGUAPHIE
usque ad basilicam S. Ferreoli quœ procul ah ipso vico sita est. — Proche de Saint-Ferréol, qui est à deux kilomètres nord de Brioude , je ne vois sur la carte aucune localité qui réponde à Vibriacensis : Vebret, que propose D, Ruinart, est près de Mauriac, à plus de soixante-dix kilomètres dans l'ouest. Je n'ai pas trouvé Vibrac que le même savant dit appartenir au diocèse de Clermont, sans plus de détails, et dont le nom conviendrait fort bien. Savaro [in Originib. Claromontens.) traduisait domus Vibriacensis par Vieille Brioude (Haute-Loire), à quatre kilomètres sud de Brioude.
ViciNONiA ftuviuSy la Vilaine.
ViCTORiACUM, Victoriacensis villa, Vitry, entre Douai et Arras, sur la Scarpe (Pas-de-Calais).
ViCTOBiACUM castrum : Un certain Mundericus se révolte contre Théodoric, mais ne se sentant pas assez fort pour le combattre, il se fortifie dans le castrum Victoriacum. C'est Vitry, à quatre kilomètres est de Vitry-le-Français (Marne).
Vicus JuLiusi, Juliensis. Nom gallo-romain de Aire (Landes), et qui commençait alors à^tre remplacé par celui de Atura. Voir Atroa.
ViENNA, Viennensis urbSy Viennense territorium. Vienne (Isère). A Contran.
Vjgenna, la Vienne, affluent de la Loire.
ViNGiENSis urbs, Vence ( Var) . Cette cité paraît avoir appartenu à Childebert II ; car, en 588, c'est ce roi qui désigne le successeur da son évêque Deutherius (ix, 24) .
ViNDiACENSis donnes. Saint Émilien se retire dans les solitudes de l'Auvergne à Pionsat ; il y est rejoint par saint Brachio qui lui succède et lègue au monastère fondé par
saint Émilien des biens parmi lesquels : saltus e domo Vindiacinsi (V. P. 12). Ce lieu paraît être Saint-Saturnin de Vensaty près de Pionsat (Puy-de-Dôme) .
ViNDOCiNUM castellum, Vendôme (Loir-et-Cher.)
ViNDUNiTTA insula urbis Namneticœ, saint Friardus s'y retire. Ce doit être une des nombreuses îles de l'embouchure de la Loire. Je n'ai pas vu que le nom d'aucune d'elles convînt au mot latin cité ici.
ViRrouNUM, Viridunensis civitaSj, Verdun (Meuse). A Sighebert.
ViROMANDENSE oppidum , tevritorium. Beaucoup d'écrivains, séduits par un rapport de nom, ont voulu retrouver ce lieu dans le village de Vermanc^ à neuf kilomètres nord-ouest de Saint-Quentin. Mais dans la passion de Saint-Quentin on voit que ce martyr fut conduit à Aurgusta Viromanduorum juxta Somenam; or, la ville de Saint-Quentin est, en effet, sur la Somme, tandis que Vermand en est à deux lieues , sur un petit affluent appelé l'Aumignon. D'Anville faisait, en outre, observer (Notice, p. 122) que le plus ancien quartier de Saint-Quentin a retenu le nom d'Aouste dérivé d'Augusta. Enfin, on a exhumé du sol de Saint-Quentin des débris de toute sorte qui attestent son existence aux temps romains. — Vermand aussi a fourni un riche contingent de débris et de médailles ; ce dut être un des oppida des Veromandui , et l'on pense que plus tard il y eut en ce lieu un camp romain. Que ce village ait retenu le nom des Veromandui, il n'y a à cela rien d'étonnant : Jublains , Vercors , Corseult , Javouls et d'autres témoignent que le nom d'une peuplade gauloise pouvait, soit que le pays le conservât, soit qu'il disparût, rester attaché à des localités d'impor-
442 GÈOGRAPHrE
tance aujourd'hui secondaire. Viromandense oppidum de Grégoire de Tours est donc Saint- Quentin (Aisne). Rien dans notre auteur n'indique à qui elle appartenait ; mais il est vraisemblable qu'elle était, comme toutes les cités qui l'entourent, du domaine de Chilpéric.
ViRONTiA, urbis Viennensis locus. Yézéronce, à dix kilomètres nord de la Tour-du-Pin (Isère) .
ViYARiENSis urbsy Vivievs (Ardèche). Cette ville devait être du domaine de Gontran. Toutefois, il n'y a, dans Grégoire de Tours, aucune indication qui puisse préciser cette allégation ; notre historien mentionne une seule fois cette ville pour dire qu'elle fut ravagée par la peste, lues inguinaria (x, 23)*
VoDOLLACENSis vicus^ in territorio hurdegalensi, Bouliac ou Vouliac , sur la rive droite de la Garonne , à quatre kilomètres sud de Bordeaux (Gironde).
VoGLADENSis campus : Chlodovechus cum Alarico in campo YogladensBy decimo ah urbe milliario, convenit (il, 37). Le nom de lieu par lequel on traduit ce nom montre combien il est difficile de déraciner une erreur généralement admise. Près de Quinsay sur l'Auzance où l'on voit encore quelques traces du camp fortifié derrière lequel Alaric croyait pouvoir attendre en sûreté son adversaire, il y a, à douze ou quinze kilomètres nord-ouest de Poitiers, une petite localité appelée Vouillé. Veuille est Vogladuniy ont dit les premiers qui ont cherché à traduire ce nom latin, et cette traduction a été longtemps admise sans contestation. Mais l'abbé Lebeuf, revoyant en 1739 non-seulement le texte de Grégoire de Tours, mais encore les documents qui le confirment, lisait dans les Gesta Francorum : campus Vogladisus super fluvium Clinno ;
DE GPiÉGOIRï: dé TOUAS. IM
dans Roricon : campus Vosaglinsis super Clinnum flu^ vium; dans Hincmar : campfus mogotonsis, du nom d'un gué du Clain, près duquel s'est élevé un monastère; et observant que Vouillé est à moins de dix milles de Poitiers et sur TAuzance, non sur le Clain qui coule à 15 kilomètres plus à Test, ce savant chercha en un autre endroit le champ de bataille où s'est décidé le sort de la Gaule méridionale. D'ailleurs, Vouillé eût au delà de Quinsay, Clovis venait de l'est à l'ouest, et comment Alaric eùt-il laissé passer l'armée franke sous son camp sans livrer bataille ; enfin le nom latin de ce lieu dans les titres du moyen âge est Villiacum^ Volleiacum. Lebeuf étudia mieux les mouvements des deux armées et reporta le lieu de l'action au sud de Poitiers sur les bords du Clain, près de Vivonne; il touchait à la vérité sans l'atteindre complètement encore, car Vivonne qui doit son nom à un petit affluent du Clain ne peut pas répondre à Vogladum. C'est à M. de Beauregard, évêque d'Orléans, que revient le mérite d'avoir complété cette restitution historique. Dans une dissertation résumée dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, (an. 18»36), l'évéque d'Orléans suit la marche de Clovis. Le chef frank passe la Loire sans difficultés, remonte la rive droite de la Vienne au gué de la Biche, pousse à l'ouest et vient occuper sur la rive droite du Clain le camp de Sichar et de la Clouère (petit affluent du Clain). Alaric, tourné et coupé d'Angoulême, quitte son camp, remonte la rive gauche du Clain, passe la rivière à Mougon, près de Vivonne, et livre bataille dans l'espace qui s'étend depuis Sichar, Baptereze et Champagné-Saint-Hilaire jusqu'à Voulon, Vogladum in campo Vogladensi. (Voulon est sur
164 GÉOGRAPHTË
le Claîn à vingt-quatre kilomètres sud de Poitiers, Vienne) . Ainsi, il y a cent vingt ans que Lebeuf a démontré qu'il ne faut pas dire Vouillé, il y en a vingt deux que M. de Beauregard a établi qu'il faut dire Voulon; et Vouillé est le nom que nous avons appris, celui que Ton enseigne encore; et parmi les auteurs contemporains d'histoire générale, il y en a un seul, M. Henri Martin, qui se soit enquis de la vérité et qui ait placé le lieu de la mort d'Alaric et de la ruine des Visigoths en Gaule, à Voulon.
VosAGUS silva^ Vosagense territoriumy la forêt des Vosges et les Vosges. La forêt était gardée et la chasse de l'auroch, buhaluSy réservée au roi, était interdite à tout autre sous les peines les plus sévères; le coupable était lapidé, (x, 10, an- 590).
VosiDENSE M'^y Vigeois sur la Vezère à 6 kilomètres sud d'Uzerche (Corrèze).
VuLTACONNUS ^;^c^^p*daî;e/^m. Adrien de Valois avait inutilement cherché la traduction de ce nom de lieu mentionné incidemment par Grégoire de Tours dans un chapitre des Miracles de saint Martin, (1. ii, ch. 45); la numismatique qui est appelée à rendre tant de services à la géographie, l'a trouvée : il existe un trions avec le nom Vultaconno, et la, Revue Numismatique (an. 1836) a établi qu'il fallait l'attribuer à Voultegon (10 kilomètres nord de Bressuire, Deux-Sèvres), un des nombreux endroits où Ton battait monnaie sous les Mérovingiens.