‹ Géographie de Grégoire de Tours, le pagus et l'administration en Gaule;Chapitre 8 sur 36 · Lues inguinaria, G. 6'., c · texte numérisé non relu

Lues inguinaria, G. 6'., c

Il n'est pas sans intérêt de rechercher remplacement de localités même si peu considérables ; beaucoup se sont effacées du sol, mais quelques-unes y ont pris racine et sont devenues le centre de lieux qui subsistent encore. h' hospitiolum du pauvre habitant de la Limagne , sanctifié par le séjour d'un prêtre, a dû prendre le nom de cella, cellula. Peut-être la piété de son hôte, les miraculeux bienfaits de son tombeau, y ont -ils attiré les pèlerins , et ainsi les maisons ont pu se grouper alentour.

On trouve encore dans les diplômes, sinon dans Grégoire de Tours, bien d'autres expressions pour désigner des biens ruraux plus ou moins considérçibles ; ce sont casa^ colonica^ curtis^ villare, res^ potestas^ locellus^ silus, mansio^ mansus, mansellus. Tous ces mots sont à peu près synonymes. Il est à remarquer que curtis s'est souvent joint au nom propre qu'il définissait pour former les nombreux noms, de lieux qui se terminent en court : Blincourt, Haudencourt, Armancourt, Gernicourt.

TERRITORIUM, TERHIKUS , FINIS, AGER, BANNUS, SUBURBIUM, CONDKDA, MARCHIA, CONFINIA, REGIO , PATRIA.

Tous ces mots désignent le territoire plus ou moins étendu qui dépendait d'une cité, d'un bourg ou d'une simple villa.

Habituellement territorium comporte une idée assez vaste, c'est le territoire de la cité : Burdegalense territorium, Piclavum lerrilorinm. Toutefois Ausiense territo-

rium ^ ne désigne qu'une portion de la cité de Tours.

Terminus et finis, par une dérivation facile à concevoir, ont joint au sens de limites celui de territoire même. La phrase du chapitre 79 de la Gloire des Confesseurs , que j'ai traduit à propos du mot Iwspitium, nous présente terminus et finis avec leur sens primitif; voici le texte latin : Quid plura? non post mulios dies, fines hujus civitatis lues adgreditur. Verumtamen usque ad eum locum accedens quo beati pignus accessit, ac si constitulum cerner et terminum, intra ingredi non ausa est.

Voici maintenant terminus avec le sens de territoire : infra terminum turonicum^. On sait que infra est employé pour intra , de même que citra remplace circa dès cette époque de la basse latinité : il faut donc traduire ces mots de la^sorte : dans le territoire de Tours. Quidam ingressus Vellavœ urbis terminum ad locum quem Anicium vocitant accedit^. La. plupart des donations portent cum omni termino et jure suo. Alors le mot terminus représente le territoire de la moindre villa.

Dès le temps de la bonne latinité , le mot finis avait le sens de territoire aussi bien que celui de limite, et, à l'époque mérovingienne, on peut considérer ce mot comme un équivalent exact de terminus. Si, dans la confusion qui règne alors, on peut chercher à distinguer une nuance, c'est qu'il désigne moins fréquemment tout le territoire d'une cité. Il n'appartient guère à la langue de Grégoire de Tours ;, c'est surtout à partir de la seconde moitié du vir siècle que son apparition devient fréquente.

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