‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 112 sur 597 · Ibid.yl. X,c · texte numérisé non relu

Ibid.yl. X,c

3. Fredegarii Scholastici Chronicoriy c. xiv. — Gesta regtim Franconim^ c. xxxvi. i. lbid,y c. XVII. C'esl au chapitre xx que les cités conquises par les Neustriens sont

désignées comme voisines de la Seine : c pagos et civitates ripae Sigonae. »

5. Vita sancH Betharii, c. vu, apud Bouquet, t. III, p. 469. — C'est donc à tort, si Ton examine les circonstances de ragrandissemeut des États de Clotaire II, qu'on place l'élévation de Bohaire à l'évéché de Chartres vers l'amiée 594.

ROYAUME DE CHILPERIC. 145

toire de Laou, où la bataille avait eu lieu*. Frédegonde mourut Tannée qui suivit cet évéuement si heureux pour la couronne de son fils.

Théodebert II et Théoderic II, qui avaient remplacé leur père, celui-ci sur le trône de Bourgogne, celui-là sur le trône d'Austrasie, voulurent prendre leur revanche en Tan 600 et défirent complètement l'armée de .Clotaire à Dormelles, sur les bords de rOrvanne, au diocèse de Sens. Ils recouvrèrent les villes qui s'étaient données à Clotaire quatre années auparavant et imposèrent à leur ennemi un traité qui assurait au roi de Bourgogne tout le pays situé entre la Seine et la Loire jusqu'à l'Océan et la frontière de la Bretagne, tandis que le roi d'Austrasie se faisait céder le duché entier de Dentelin, qui parait correspondre aux cités de Boulogne, de Thérouanne, d'Arras, deNoyon, de Cambrai et de Tournai, lesquelles ne constituaient plus alors que trois diocèses. Cet arrangement réduisait le royaume de Clotaire à douze pagi situés entre la Seine, TOisc et la mer, /^a/y?' que représente vraisemblablement la totalité des cités de Rouen, de Beauvais et d'Amiens *•

1. Fredegarii Sclwlastici Chronicum, c. xvii. Latofao (Laffaux, Aisne), désigné par Frédeçaire comme le lieu de la bataille, a fait partie du diocèse de Laon jusqu'à la Uév'olution.

2. cOhlotarius oppressus, vellet uollet, pcr paclionis vinculum fîrinavit, ut inler Sigonam et Ligerem usque mare Oceanum, et Brilannorum limitem pars Theuderici habcrel; et per Sigonam et Iraram ducatum integrum Denteiini usque Oceanum mare Theudebertus rccipen't. Duodccim lantum pagi inter Isarani et Sigonam et mare litoris Oceani Chlotbario remanscrunt. ^ {Fredegarii Chron,^ c. xx.) Plusieurs opinions ont été émises au sujet de la situation du duché de Dentelin, qui, quoi qu'en dise Jacobs (Géographie de Grégoire de Tours et de Frédegaire,'^. i99-i2IO), doit avoir pris le nom d'un de ses gouverneurs. Ruinart pensait que ce duché comprenait la région située entre la Seine, TOise et la Loire; mais ce sentiment n'a pas été suivi, car il est en contradiction flagrante avec Frédegaire. Jacobs voit dans le nom du comté de Talou {pagus Tellau), situé au nord du pays de Caux et du Roumois, un souvenir du nom Dentelinus {Géographie, etc. , p. 203-âl 0), et développe longuement une opinion qui a d'autant moins de vraisemblance que le royaume de Clotaire resta limitrophe de celui de Thierry, — dont la limite septentrionale était la mer, puis la basse Seine, — et qu'il conserva le territoire de Rouen, d'où l'ancien roi de Soissons partit en GOi pour tomber sur le royaume de Bourgogne. Ainsi, les douze pays laissés à Clotaire doivent être cherchés entre la Seine, l'Oise et l'Océan, dans la partie méridionale de celte région, qui comprenait également le duché de Dentelin. Or, on sait qu'au déclin de la période mérovingienne, et sans doute il en était d(*jà ainsi en Tan GOO, les trois cités de Rouen, de Beauvais et dWmiens fornjaient au moins onze pays, qui sont le Rotoinagensis, le CaletensiSf le Tellaus et le Vilcassinus, au diocèse de Rouen ; le BellovacensiSy le Camliacensis, le

Clotaire reprit cependant la lutte en 604 ; mais, battu complétement sur les bords de la Louette, aux environs d'Etampes, il fut heureux d'accepter la paix que Théodebert lui offrit à Couipiègne* et se contenta désormais d'observer les symptômes d'une mésintelligence qui ne devait pas tarder à précipiter ses ennemis Tun contre Tautre. 11 donna enfin, en 612, son appui à Théoderic qui, marchant contre Théodebert, qu'il allait dépouiller du royaume d'Austrasie, promit à son nouvel allié la restitution du duché de Dentelin réuni à cet Etat depuis douze ans déjà. Cependant, lorsque, après la victoire complète de Théoderic, Clotaire se fut emparé du territoire en question, le roi de Bourgogne le menaça d'envahir son royaume s'il n'abandonnait pas immédiatement le ducatus Dentelmi (613), et l'effet suivait la menace, quand un flux de ventre emporta Théoderic. Peu de jours après, grâce à l'appui des grands d'Austrasie et des farous de Bourgogne qui abandonnèrent Brunehaut et les fils de Théoderic, Clotaire réunissait sous son sceptre toule la monarchie franque *.

§ i. — ROYAUME DE SIGEBERÏ.

Le royaume de Sigebert présentait plus d'un rapport avec celui de Théoderic 1" et de Théodebert I"; aussi Grégoire dit-il que ce prince eut le royaume de Théoderic avec Reims pour capitale^. Mais la lecture des écrits de l'évèque de Tours prouve bien vite que Tidentité des deux États est loin d'être complète; car, si tous deux comprennent les contrées d'outre-

Rossontensis et le Vindoilen&iSy au diocèse de Beauvais; VAmbianensis, ie Vitmaus et le Pontivus, au diocèse d'Amiens. On y comptait sans doute un douzième pays, dont le nom a bien pu ne pas parvenir jusqu'à nous, puisque celui du Rossontensis ne nous est signalé que par un seul document, le traité d'Andelot (587) ; sinon, il faudrait joindre aux trois cités susdites la civitas Bononiensium, unie alors au point de vue ecclésiastique à la cité de Thérouanne; mais cela ne paraît guère probable. 11 nous reste donc de la sorte les cités de Boulogne, de Thérouanne, d'Arras, de Noyon, de Cambrai et de Tournai, pour représenter le duché de Dentelin, et si le nom de la Seine n'a que faire ici dans le texte de Frédegaire, le nom de l'Oise parait encore avec quelque raison, puisque celle rivière servait pour ainsi dire de limite orientale à la cité de Noyon. 1- Fredegarii Scholastici Chionlcum, c. xxvi.

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