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Vitae Patrum, c. i

2. Voyez sur ce monastère l'article que nousc onsacrons plus haut, page 2â2, au lieu de la sépulture de saint Romain.

3. c Tertium intra Alamanniae terminum monasterium locaverunt. » {Vitae Patrum^ c. I, § 2.)

CIVITAS ELVmORUM. ±27

de Saint-Claude [Condatisconé). Voici, du reste, les j)ropres paroles du versificateur :

Ouartum quoque coenobium sancti Icguntur fundasse, Romanum Monasterium infra pagum Lausannciise, Et monaclios in numéro magno ibi ordinasse, Magnumque patrimonium illis ibi adquisisse^ »

On peut donc se croire autorisé à reconnaître le monastère construit intra Alamanniae terminum dans celui de Roinainmotier, qui fut soumis en 929 à Tabbaye de Cluny et dont le nom, Romani Mondsteriumj rappelle par sa formation les noms de Faremoutiers [Farae Monasterium) et de Montiéramey (Mo?iasterium Adremari), abbayes fondées au vu'' et au ix*" siècle par sainte Fare et pai' Adremar.

Cette identification, qui semble tout d'abord si naturelle, a pourtant été combattue, pendant fort peu de temps il est vrai, par M. Fr. de Charrière, auteur de Recherches sur le couvent de Romainmotier^ . Les principaux arguments de cet érudit étaient d'abord Tabsence, au prieuré dont il retrace l'histoire, de tout souvenir, de tout document relatif à saint Romain, puis la tradition relatée par Grégoire V dans une bulle de 1002, et qui indique le roi Clovis comme le fondateur de ce monastère ; c'était surtout le nom de Romanum Monasterium^ employé dans toutes les chartes et dont le rédacteur du carlulaire rapporte Toiûgine au pape Etienne II, qui, accueilli dans cette maison lors de son voyage en France, l'aurait placée sous la protection immédiate du saint-siége ^.

Mais cette étymologie du nom de Romainmotier, bien qu'ancienne, parait seulement résulter d'un jeu de mots : jamais,

1. F. de Charrière, Recherches sur le couvent de Romainmotier et ses possessions y p. 812-813. — Cf. GaUia christiana, t. XV, col. 383.

2. Ibid,y p. 1-2. M. de Gliarrière revint sur son opinion avant rachèvement de son livre (voy. p. 810 et suiv.) dont la seconde partie (p. 417-916) porte pour titre : Cartulaire de Romainmotier, publié par Fr. de Gingins-la-Sarra.

3. Cartulaire de Romainmotier, p. 417; cf. la bulle du pape Grégoire V (p. 425-426} Voici les propres paroles de l'auteur du Gartulaire, lequel vivait à la fin du xii« siècle : c Deinde dominus Stephanus, venerabilis Romanae sedis episcopus, a Pipino rege vocatus, iter agens in supradicto loco (Romano Monasterio), ospitium sibi preparare jussit, et, servi tium habitantium bénigne suscipiens, illud benedixitet sancti (ica vit, ad honorem apostolorum ecclesias ibi consecravit, ac Romanum Monasterium post bine vocnri praecepit. > (P. 417.)

croyons-nous, les couvents qui relevèrent directement du pape ne furent qualifiés « monastères romains » . Aussi ne sommes-nous pas peu étonné de voir M. de Charrière répéter la légende du pape Etienne, après qu'il a reconnu saint Romain et saint Lupicin comme les fondateurs du couvent de Romainmotier, sur la foi d'une notice consacrée à cet établissement par le commissaire Aymonet Pollens, qui l'écrivit vers l'an 1500*. Il ne parait pas possible, en effet, d'admettre que cette maison ait quitté le vocable de Romani Monasteniim pour prendre celui de Romanum Monasterium^ nom que le populaire n'aurait point prononcé autrement que l'appellation primitive ; mais l'emploi constant de la forme Romanum Monasterium dans les actes transcrits au cartulaire prouve évidemment que le couvent subit de bonne heure des désastres assez grands pour faire oublier le sens de son nom en même temps que le culte de son fondateur.

§ 8. — CIVITAS BASILIENSIUM.

La cité de Baie n'est pas mentionnée par Grégoire, et les conciles ne nous font rien connaître non plus de ses vicissitudes politiques. Elle ne paraît pas avoir été occupée par les Bourguignons, et Ton pense généralement qu'elle subit le joug des Alemans jusqu'à l'asservissement de cette nalion par Clovis, en l'an 496. C'est à tort qu'on a voulu voir un évêque de Baie ou des Rauraques dans un certain Adelphius, episcopus de civitate Ratiatica ou de Ratiate, qui assista en 511 et en 533 aux conciles francs d'Orléans, et que certains manuscrits qualifient fautivement episcopus Rauracensis. Ce prélat n'était pas difierent de l'évêque de Poitiers qui, sans doute, résidait alors à Rézé {Ratiate)^ et il n'y a plus guère aujourd'hui que les érudits aile—

1. Recherches sur Iccounentde Romainmotier (Cartulaire de Romainmotier, p. 819). — Aymônol Pollens dit expressément : c Sicut de antiquis libris et documentis didici, Romanum Monasterium fuit erectum vel inchoatum per duos venerabiles et bcatos viros monachos nigros, Romanum et Lupicinum,. a quo Romanum nomen acccpit, adeo ut dicitur Romanum Monasterium. > Mais on ignore complètement de quelle nature sont les documents auxquels Aymonet fait allusion et s'ils appartenaient au prieuré de Romainmotier.

CIVITAS VINDONISSENSIUM. 229

mauds chez lesquels la vérité ne se soit pas encore fait jour à ce sujet*.

Nous ne doutons pas que le partage de 511 n'ait attribué Bàle au royaume de Metz, et ce fut sans doute à ce même Etat qu'elle fut rattachée en 561 , car Tévêquc de Baie figurerait certainement parmi les signataires de quelques-uns des nombreux conciles réunis par Contran, si sa ville épiscopale avait alors dépendu du royaume d'Orléans. L'union de l'Alsace au royaume de Bourgogne pendant la plus grande parlic du règne de Théoderic II (596- 610) entraîne, à notre avis, celle de la cité de Baie, dont la portion méridionale de cette région {Su7idgau) faisait partie.

§ 9. — CIVITAS VINDONISSENSIUM.

Windisch, qui figure dans la Notice des cités en qualité de castrunij n'est pas non plus nommé par Grégoire. On ne sait rien sur son sort pendant tout le v* siècle, si ce n'est qu'il dut alors être occupé par les Alemans. Lorsque celte nation eut été subjuguée parClovis (496), il semble que Windisch reconnut l'autorité des Bourguignons, car Bubulcus, episcopus civitatis Vindonissae assista en 517, au concile réuni à Epaone par le roi Sigisroond*; mais il est probable aussi que cette cité fut une de celles que l'expédition victorieuse de Clodomir et de Théoderic, permit au second de ces deux princes de réunir à ses Etats dès 524.

Windisch fit sans doute encore partie du royaume d'Austrasie à la suite du partage de 501 , car on ne trouve la signature de son prélat à aucun des nombreux conciles du second royaume de Bourgogne, au temps du roi Gontran. Cette situation fut cependant modifiée à la mort de Childebert II (596), par l'annexion du territoire de Windisch au royaume de Bourgogne, qui forma la part d'héritage de Théoderic II ; car les Turenses^ ou habitants des bords de la Thur, que ce prince fut contraint de céder en 610 à son frère le roi d'Austrasie, qui les réclamait depuis longtemps, représentent certainement la population du pays dépendant jadis de Vindonissa^.

. Voy. plus haul, page 76.

\, Voy. plus haut, page 138.

Mâximils, qui vivait à la fin du vi* siècle, fut, croit-on, le premier cvêque de Constance, ville par laquelle Windisch, ruiné sans doute, est remplacé dès lors comme chef-lieu du territoire compris entre le Rhin et l'Aar^

§ JO. — CIVITAS BELICENSlUMî.

Les origines de la civitas lielkensium sont d'autant plus obscures que le diocèse de Belley, qui relevait de la métropole de Besançon, était enclavé entre les provinces ecclésiastiques de Lyon, de Vieime et de Tarentaise, séparé du reste de la Séquanaise par une distance de neuf lieues.

Les copistes de la jSotitia civitatum Galliae^ qui appartenaient au pays du moyen Rhône, semblent avoir été généralement assez intrigués de ne pas rencontrer le nom de la ville épiscopale de Belley dans le vénérable document qu'ils transcrivaient, et plusieurs d'entre eux tentèrent de l'identifier avec quelqu'une des villes de la Notice dont remplacement ne leur était pas connu : c'est ainsi que l'im y vit le castrum Anjentariense de la province Séquanaise^, dont l'identité s.\eç> Argentovm^ia, ville des /ifâri/r^//*/, est ordinairemeut admise, et qu'un autre crut y reconnaître la civitas Alhensium^ de la province Viennoise*, dont le chef-lieu avait été, au vi"" siècle, transporté d'Aps à Viviers. Les auteurs modernes considèrent l'évèque de Belley comme le successeur de Q^^m àstXîk civitas Equestrium ou de Nyon^; mais cette opinion ne saurait être non plus admise, puisque Nyon et le comitatus Eqitestricus ont fait partie, durant tout le moyen âge, du diocèse de Genève.

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