Ibid,y preuves, t. I»*", col
CIVITAS NAMNETUM. 313
cieuses indications, on peut affirmer que Vinsula Vindunitteijsis de Grégoire ne diffère pas de celui des nombreux monticules, ou sortes d'îles, des marais tourbeux de la Grande-Brière, sur lequel s'élève le village de Besné. Le flumen Brivata de la charte de 1123 se retrouve dans le Brivet, connu aussi sous le nom d' a Etier de Méan » , qui forme la limite occidentale du finage de Besné.
L'identité de Vinsula Vindunittensis et du monticule où est construit le village de Besné est encore prouvée par la tradition ecclésiastique, car l'église paroissiale de Besné est placée sous rinvocation de saint Friard, et Ton y voit deux sépulcres de pierre de taille qui sont considérés comme les tombeaux des deux solitaires dont parle Grégoire. 11 existe en outre à un kilomètre au nord-est du village, une chapelle et une fontaine dédiées à saint Second, c'est-à-dire au diacre Secundellus, compagnon de saint Friard ^
La phonétique ne permet pas cependant d'admettre que le nom de Besné {Bethené, en 1090) soit le produit de Vindunitta : en prenant même pour point de départ la forme latine plus moderne, Vtdunit[t]a, on arriverait seulement au nom français Venette que porte un village voisin de Compiègne. Ce n'est pas le changement du v initial en b qui est insolite, puisqu'on en trouve d'autres exemples en français'; c'est bien plutôt le remplacement de la terminaison féminine itta = ette par une finale masculine é. Il faut donc supposer que la forme Vindunitta ou Vidunit[t]a résulte de l'accord de genre que plusieurs écrivains ont voulu établir entre l'ancien nom de Besné et le mot insula. Besné, jadis Bethené^ peut être considéré, en effet, comme un dérivé régulier de Vùidunittum ou VindunittuSy et c'est sous le premier de ces noms que Besné sera inscrit sur la carte.
1. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne , par Ogée, nouvelle édition, 1. 1'% p. 83.
2. Surlout dans les noms de lieux : Vesontio ==? Besançon, Vasates = Bazas.
314 LA GAULE AU SIXIÈME SlËaE.
1 6. — CIVITAS GORISOnTUM.
L'évêque de Tours ne parle pas assurément de la civitas Corisopitum dont le territoire est appelé CornouaiUe {Cornugallia) par tous les écrivains du moyen âge; mais les érudits bretons ont établi que ce pays formait le « royaume » [regftum) qui, suivant Grégoire, était gouverné avant 570 par Budic, l'un des comtes des Bretons {comités Britannorum). Ce royaume, usurpé par Macliau après la mort de Budic, fut recouvré vers 577 par le fils de celui-ci, Théoderic ^
La CornouaiUe reconnaissait sans doute vers 520 la souveraineté de Childebert, car, vers cette époque, le roi de Paris aurait chargé le comte breton Comorre, lequel régnait sur la partie septentrionale de ce pays, c'est-à-dire sur le Pôher, de protéger un de ses envoyés, le barde Hyvarnion, qui fut père de saint Hervé *.
§ 7. — CIVITAS VENETUM.
Notre auteur appelle la ville de Vannes des noms urbs Venetica^y civitas Veneti*y civitas Venetica^y urbs Veneti^. Il se sert du mot Veneticum pour désigner le territoire de la cité ^.
Il est certain que la civitas Venetum fit partie des Ëtats de Clovis, car Modestus, qui occupait en 5 H le siège épiscopal de Vannes, prit part en cette même année au concile réuni par le monarque franc dans la ville d'Orléans ; mais nous croyons avoir établi plus haut que, une quarantaine d'années plus tard, son territoire était occupé par les Bretons, à l'exception de la presqu'île de Guérande , laquelle fut rattachée dès lors, par ce fait, à la cité de Nantes ®.
d. Historia Francorum, 1. V, c. xvi.
2. Vie manuscrite de saint Hervé, citée par M. de la Borderie, Annuaire historique et archéologique de Bretagne, année 1862, p. 27.