Voyez plus haut, page
2. Dans un travail intitulé : les Cités gallo-romaines de la Bretagne (Mémoires du Congrès scientifique de France, xxxyiii* session, tenue à Saint-Brieuc, t. II, p. 391-450).
préféraient cette dernière leçon, prétextant qu'aucun manuscrit de la Notice n'étant antérieur au ix* siècle, le nom Cotnsopitum était certainement une faute résultant de l'organisation diocésaine de la Bretagne, c'est-à-dire de l'existence d'un évêché à Corisopùuniy ville d'origine bretonne suivant eux. Mais cette opinion ne saurait être soutenue aujourd'hui que Ton connaît plusieurs manuscrits du vi*^ et du vu*" siècle, .sur la rédaction desquels l'influence bretonne n'a eu certainement aucune prise', et qui, cependant, portent tous la version Corisopitum, sous une orthographe plus ou moins exacte. Il faut donc nécessairement admettre que les Curiosolites, de même que plusieurs autres peuples mentionnés dans les textes classiques, ne formaient plus une civitas particulière au temps des fils du grand Théodose.
Ce point admis, si l'on cherche à localiser chacune des neuf cités qui composent la Troisième Lyonnaise, on est frappé de ce fait que le pays renfermé entre la cité des Ossismii et celles de Quimper, de Vannes et de Rennes, — c'est-à-dire le pays qui, à dater du ix* siècle, forma les trois diocèses de Saint-Brieuc, de Saint -Malo et de Dol, — ne peut rentrer dans aucune de ces neuf civitates^ quand on se heurte à voir la civitas Diablintum dans la fraction occidentale de l'ancien diocèse du Mans et à placer son chef-lieu à Jublains, dont le nom primitif est, à la vérité, Diabli7ites. C'est pourquoi nous avons proposé de placer dans cette partie de la Bretagne la civitas Diablintum du v'' siècle, comprenant, à notre avis, deux populations distinctes, les CurÙH solites et les Diablinies, ces derniers habitant entre les Redones et les Curiosolites.
La solution que nous rappelons a tout au moins le mérite de ne pas contrarier ce que Pline et Ptolémée nous apprennent des Diablintes y que le premier de ces écrivains nomme entre les Curiosolites et les Redones^ ^ pendant que le second en fait à la fois les proches voisins des Venetes et des Ossismi^. Elle a aussi
i. Voyez surtout le manuscrit de la Biblioth. nationale, fonds latin, n<^ 12097, dont il a été parlé ailleurs {les Cités gallo-romaines de la Breta^ne^ p. i du tirage à part). La partie de ce manuscrit où se trouve la Notice des cités date du milieu du vi* siècle.