Fredegarii ScholasUci Chronicumy c. xx
2. Un traité de partage^ en date de 837, dont la partie topographique parait être entrée dans le texte de Nithard (Historia, I. I, c. vi) et dans les Annales Bertiniani, désigne les pays bourguignons qui furent alors attribues à Charles le Chauve — € De Burgundia Tullenscm, Odornenscni, Bedensem, Blesinscm, Pertinsem, utrosquo Barrenses, Brionensem, Tricassinum, Âltiodrensem, Senonicuin, Wastinensem, Milidunensem, Stampensem, Castrinsem,Parisiacuin > — d'une manière qui permet de les considérer comme les plus scptentiionaux des pa//i composant Tancien royaume de Bourgogne. 11 est à peine besoin de faire remarquer à nos lecteurs que le mot Parisiacus est ici restreint à la partie septentrionale de la civitas Parisiorum, dont l'autre partie est appelée Castrinsis, du nom de Châtres, aujourd'hui Arpajon.
3. M. Desnoycrs {Topographie ecclésiastique de la France, dans V Annuaire de la Soc. de l'histoire de France, année 1853, p. 251) semble disposé à croire que la division du diocèse de Paris en archidiaconés remonte au moins à Tépoque carolingienne.
tion sud-est, comprise entre Marne et Seine, qui forma Tarcbidiaconé de Brie ; la portion méridionale, à gauche de la Seine, qui correspond à Tarchidiaconé de Hurepoix ou de Josas. 11 est probable que les frères de Charibert opérèrent le partage de la civùas suivant cette division naturelle qui s'imposait à eux, et si Ton veut bien se rappeler que la ville de PêU'is [et sa banlieue] restèrent indépendantes, jusqu'en 1790, de chacun des trois archidiaconés susdits *, on sera assez disposé à croire que la division ecclésiastique de l'ancien diocèse de Paris a pour origine le partage de 567, qui cependant n'eut que des conséquences éphémères au point de vue de la géographie politique.
Les documents du vi*' siècle ne nous permettent pas de préciser, à première vue, la répartition de ces trois portions de la civitas Parisiorum entre les trois rois francs : en effet, si Grégoire désigne Chelles et Nogent-sur-Marne comme résidences du roi Chilperic, il n'en faut pas conclure que l'archidiaconé du Parisis dont dépendaient ces localités appartînt légitimement au roi de Neustrie, car, de 580 à 584, époque à laquelle se rapportent les mentions de Chellesetde Nogent, Chilperic, prétendant régner sur tout l'ancien royaume de Charibert, occupait également les deux autres sections de la civitas Parisiorum ^ c'est-à-dire l'archidiaconé de Bric, qui comprenait Noisy-le-Grand, l'un de ses domaines en 581 , et l'archidiaconé de Josas, à l'extrémité duquel était situé le pont de l'Orge qui faisait face au royaume de Contran. 11 faut donc chercher à résoudre la question du partage de là cité parisienne à l'aide de la logique, en partant de ce principe, que chacun des frères de Charibert dut recevoir en 567 la section du territoire de Paris qui était contiguë à ses États : ainsi on pouvait seulement attribuer à Chilperic l'archidiaconé du Parisis, lequel confinait à ses cités de Rouen et de Beauvais; . Sigebert obtint sans doute l'archidiaconé de Brie, limitrophe de la cité de Meaux alors unie au royaume d'Austrasie ; enfin Tar-
1. Cette banlieue, dont les limites ne paraissent guère avoir varié, comprenait, en 1780, en dehors de Tenceinte de Paris, les paroisses d'Auteuil, Boulogne, Passy, Clicliy, Viiliers-la-Garenne, Montmartre, la Chapelle, la Villelte, Ilelleviilc, Charonne et Vaugirard; elle était divisée en deux archiprétrés désignés sous les noms d'arcbiprétré de Paris ou de la Madeleine et d'archiprétré de Saint*Séverin«
chidiaconé de Josas, joignant le Chartrain et FEtampois qui appartenaient à Gontran, échut certainement à ce prince.
Après l'histoire politique, l'histoire civile. Il nous reste à parler des monuments parisiens, soit de Paris, soit de la banlieue, que mentionne Grégoire. Nous avons peu de chose à dire du passage où Thistorien des Francs rapporte que Chilperic fit construire en 583, à Soissons et à Paris, des cirques et qu'il y donnait des spectacles au peuple * ; car ce texte, sur lequel il a été beaucoup discuté au xv!!"" et au \y\\t siècle, s'applique incontestablement à l'amphithéâtre romain que les travaux exécutés pour le percement de la rue Monge ont mis momentanément à jour en 1 870, et dont l'emplacement était déjà connu des érudits, grâce au nom de « clos des Arènes », donné par de nombreux actes de la fin du moyen âge à un lieu voisin de l'abbaye de Saint-Victor ^ : il est évident aujourd'hui que, à Paris du moins, Chilperic ne fit pas construire un cirque et que sa tâche se borna à restaurer un monument romain.
Les établissements religieux de Paris mentionnés par l'évêque de Tours sont au nonibre de neuf, — l'église cathédrale, le tombeau de saint Marcel, l'oratoire de Sainie-Crescence, les basiliques de Saint-Julien et de Saint-Laurent, une basilique et un oratoire de Saint -Martin, les basiliques de Saint -Pierre et de Saint-Vincent, — dont deux seulement, l'église cathédrale et l'oratoire de Saint-Martin, étaient situés dans File de la Cité; nous allons rappeler successivement ce que Grégoire rapporte de chacun d'eux.
EccLESiA Parisiaga. — C'cst dans cette église cathédrale — ecdesia sancta^j ecclesia Parisiaca^y et simplement ecclesia^j — que Frédegonde vint chercher un abri après le meurtre de son époux (584) ®. Il n'est pas douteux qu'une partie de la cathé-