miractUa heaii Juliani, c. i-ii
A. 11 est question de la Iranslalion des reliques de saint Ferréol et de saint Julien par l'évéque Mamert dans une lettre de Sidoine écrite en 47i environ {Epistola, 1. VU, c. i).
CIVITAS VlKNNExNSrUM. i'io
viennois connns sous le nom de moyiasteria Gî^mincensia^. Le couvent de Saint-Ferréol était situé à droite du Rhône ^, sans doute sur la hauteur de Sainte-Colombe (canton de Vienne), le seul point des environs de Vienne où Ton trouve des vestiges qui puissent s'appliquer à un couvent et à la description que saint Avit donne des monasteria Grinincensia^ . Il fut détruit par les Sarrasins au commencement du vni^ siècle, et l'évêque Wilichaire transporta alors le corps du bienheureux martyr à Vienne, dans une église qu'il fit construire en l'honneur de saint- Ferréol *.
VISORONTIA, locus. — C'est dans un lieu de la ville de Vienne nommé Virontia ou Visorontia par les manuscrits de VHistoria Francorum^ que Clodomir et Théoderic firent leur jonction lors de l'expédition des Francs contre les Bourguignons ; c'est là enfin qu'ils livrèrent bataille à Godemar et que Clodomir périt dans la lutte\
1. «Eral lune teniporis [circa 540] vir strenuus et Deo placitus, Viennensis ecclesiae ponlifex, Cadoldus. Monasteria tam virorum quam sanctimonialiutn sub sancta professione vi?entium pia dislriciione, tam in civitate quam extra muros civitatis, haec praecipua erant quae rcgebat. Grinianensium (jic) coenobia, a sanctis pontificibus urbis fundata, in quorum niaximo ossa beatissimi FerreoH martyris condila venerabantur. Sanctinionialium beatae virginis Columbae triginta monaclias habens. Nam Grinianensium loca quadringentos monachos abebant. > {YiiamncXi Clari, abbatis Viennensis, apud Bolland., t. 1 Januarii, p. 55.)
2. c Hanc cum pro more quadam die ad oratoriuni Clarus sequeretur, venerunt ad sanctissîmum coenobium uitra Rhodanum, ubi tune temporis ossa beatissimi FerreoH martyris quiescebant. > (Ibid.)
3. Menuet, Histoire de la ville de Vienne de Tan 439 à Van 1039, p. 73 et 104.
4. « Wilicarius Auslrcberto, venerabili episcopo Viennae, succedit. Qui ob cladem Sarracenorum, eum esset domus praeclarissima martyrum citra Hhodanum ab cis jam incensa, ossa beati Ferreoli cum Juliani martyris intra urbem transtulit, eisque acceleralo opère, non magno pretio eeclesiam construxit, ubi et eorumdem martyrum reliquias reverenter composuit. » {Adonis chronicon, ap. Maxima bibliotheca veteimm Paimm, FjUgduni, 1677, t. XVI, p. 804.)
5. Uistoria Francorum, 1. HT, c. vi; col. 1 10, note f de Tédition Ruinart. — M. Caillemer a récemment publié, sous le titre Épisodes de Vhistoire des Burgondes, dans le Bulletin de l* Académie delpMnale, 3« série, t. X, p. 392-120), un travail sur Godemar, où la question de savoir si les Francs furent vaincus ou vainqueurs à Vézeronce est longuement discutée. Aux quelques paroles de Grégoire, l'auteur oppose le récit de l'historien grec Agathias, et s'attache à mettre en relief les contradictions dont la relation de révêque de Tours serait remplie, pour conclure contre l'autorité d'un témoignage qui, du reste, ne peut s'imposer en raison du demi-siècle qui le sépare de l'événement. M. Gaillemer n'a cependant réussi à prouver qu'une seule chose, à notre avis, c'est que la relation de Grégoire est assez mal composée, littérairement parlant, en co qui concerne la bataille de Vézeronce.
ÏH\ LA GAUÏ.E AU SIXIÈME SIÈCLE.
La leçon Virontiaj donnée par d'excellents manuscrits de Grégoire, fit d'abord songer à placer le champ de bataille près de Voiron (Isère, arrondissement de Grenoble, chef-lieu de canton)*; mais cette identification n'est pas acceptable en raison de la terminaison féminine ontia du nom latin, qui, en français, devrait se transformer en once ; aussi n'est-il pas douteux que la leçon Vis(h ro?}tiay qu'on retrouve du reste avec une légère variante dans la Chronique de Marins*, ainsi que dans l'abrégé de l'Histoire des Francs attribué à Frédegaire^, doive être préférée à Virontia^ puisqu'on retrouve cette forme presque intacte dans le nom d'un village de l'ancien diocèse de Vienne, Vézeronce (Isère, arrondissement de la Tour-du-Pin, canton de Morestel), où l'on s'accorde généralement, depuis deux siècles, à reconnaître le théâtre d'un des plus fameux épisodes de la lutte franco-burgunde. Il n'est pas sans intérêt, toutefois, de rappeler quelques faits archéologiques qui viennent, s'il en est besoin, corroborer cette attribution.
C'est d'abord l'existence du fameux tumulus de Vézeronce, que les habitants du pays désignent sous le nom de Molard de Koen?ie, comme la sépulture c< du roi Argot », et dans lequel les savants du pays ont cru, avec raison peut-être, voir le monument funéraire élevé par les Francs à Clodomir : ce monticule n'a encore été l'objet d'aucune fouille sérieuse*. Cest aussi la trouvaille faite aux Ripes de Pillardin, à un kilomètre à l'est de Vézeronce, d'un fort beau casque acrjuis en 1 872 par la ville de Grenoble et que les archéologues dauphinois pensent avoir appartenu à l'un des principaux chefs francs ou bourguignons^. C'est encore une inscription tumulaire découverte à Anse, à quelques lieues au nord
1. C'était du moins l'opinion du P. Labbe, rappelée par Valois, qui soutient Tidentification avec Vézeronce {Notitia Galliaruniy p. 615).
2. cEo anno contra Clilodonfierem, regem Francorum, Viseroncia praeliavit, ibiqiie interfectus est Chlodomeres. >
3. Veseroncia ou Veseivntia {Historia Franconim epitomata, c. xxxvi-xxxvii).
4. Voyez, sur cette éminence factice, un article de M. J. Guillemaud, Le tombeau du roi Clodomir à Vézei'oncey inséré dans la Eemie archéologique en 1872, t. XXIII, p. 105-117. — Les hypothèses émises par Tauleur sur le sens du mot JToenntf, qu'il prend pour un reste de l'allemand Kônig = roi, et sur la signiOcation du nom c le roi Argot », ne peuvent guère supporter l'examen.
5. Rapport fait au conseil municipal de Grenoble et cité par M. CRillemer, BnlMifi de V Académie delphinale, 3» série, t. X, p. 394, note.
GIVITAS GENAVENSIUM. i27
de Lyon, et qui rappelle la mémoire de Villegisil, l'un des braves qui tombèrent sur le champ de bataille de Vézeronee*.
§ ± - CIVITAS GENAVEiNSlUM.
Le nom de Genève^ Geneva chez César, Genava dans Tltinéraire d'Antonin, Gennava dans la Table de Peutinger, revêt chez Grégoire une forme jusqu'alors inconnue : la ville y est nommée urbs Jaymbà^j.civitas Januba\ et son territoire ?/ri^ Janubensis^, Est-ce à dire avec Ruinart que les mots apud Genabensem Gai-linnim urbem^ qu'on lit dans les Vitae Patrunv' ^ ne sauraient être appliqués à Genève, mais bien à Orléans, dont Genabum était le nom primitif®? Nous le croyons d'autant moins que, dans le passage litigieux, il est question des reliques de saint Nizier, évêque de Lyon, portées avec honneur apud Genabensem urbem^ et que
Genève, la ville natale du bienheureux prélat'', devait être naturellement jalouse de posséder quelques souvenirs de son glorieux enfant. Remarquons en outre que Tévêque de Toui^s fait rarement de Tarchaîsme géographique, tel surtout que celui qui tendrait à déterminer l'emplacement du Genabum de César.
Grégoire nous apprend que Genève était, au milieu du v* siècle,
\, Cette inscription serait ainsi conçue, si Ton adopte la restitution qui en a été donnée en 1868, par M. Binding [Ha^ burgundisch-romanische Kônigreich, i. 1'', p. 258), et que M. Yahn (Die Geschickte der Burgundionen und Bîirgundiens, t. II, p. 148) juge préférable à celle qui en avait été faite précédemment :
IN HOC TVMV[7o requi] [es\ClT BONE MKM[orie]
VILLIGISCLVS QV[l vixit iîl] PAGE ANNOS Lf.... in pug]
NA VESARONCi[e mortuus]
EST XI KL-JVLIAS [Opi]
[lione] vc CON
"È. Vitae Patrum, c. i, § 5.