‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 422 sur 597 · De glona martyrum, c. xlvii · texte numérisé non relu

De glona martyrum, c. xlvii

CIVITAS EBRODUNENSIUM. 457

élrange, en effet, que le hasard eût réuni plus tard, dans un supplice commun, deux chrétiens portant les deux mêmes noms. Grégoire s'est évidemment trompé, et Ton peut se convaincre, en le lisant attentivement, que sa mémoire est seule coupable. Ce qu'il écrit des deux martyrs embrunois, il le tient, dit-il, d'un personnage qui lui a également conté une légende milanaise relative à saint Gervais et à saint Protais. On est mis ainsi sur la voie de la conjecture suivante qui amendera quelque peu le chapitre xlvii du De gloria martyrum. « L'interlocuteur de Grégoire était un homme au courant des traditions concernant les saints milanais ; il parla de saint Gervais et de saint Protais, de l'invention de leurs corps par saint Ambroise, de la diffusion de leurs reliques dans l'Italie et dans les Gaules. Saint Nazaire et saint Celse, de Milan, firent aussi les frais de l'entretien ; on s'occupa des faits qui avaient signalé la découverte de leurs tombeaux, puis des reliques qu'on en conservait de ce côté des Alpes : c'est à ce moment qu'il aura été question de la basilique d'Embrun, et plus tard, en rédigeant le Livre des martyrs, Grégoire, ne pensant plus qu'à cet édifice, lui attribua les tombeaux des deux saints liguriens ainsi que le lieu de leur martyre. »

Il nous reste à constater que la basilique dont parle Grégoire doit être représentée actuellement par l'église de Notre- Dame, qui remonte au xii** siècle, selon la tradition de l'évêché d'Embrun; c'est effectivement dans une église construite par lui en l'honneur de la Vierge, quel'évêque Artemius (fin du iv* siècle) aurait placé des reliques de saint Nazaire et de saint Celse ^

MUSTIAE CALMES, quod adjacel civitati Ebredonensi. — Les Lombards qui envahirent la Provence en 571 s'avancèrent jusqu'en ce lieu, voisin de la cité d'Embrun {civitas EbrodonensisY , et y furent battus par le patrice M ummolus^. On a proposé de

\. GaUia christianay U UI, col. 1055.

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