Historia Francorum, 1. IV, c. xlh
3. Et non d'Yverdun {casirum Ebredunum), comme parait le croire Taranne, dont l'argumentation se réduit à ceci : Marins, plaçant à Tannée 574 un grand désastre essuyé par les Lombards près de Bex, en Valais, ne serait-ce pas de celui-ci que Grégoire aurait voulu parler au chapitre xui du livre IV? Or, comme l'évéque de Tours ne mentionne pas le combat de Bex, ni Marins celui d*Embrun, il serait plus facile d'accorder les deux
458 LA GAULE AU SIXIÈME Sl£aE.
retrouver le nom de Mustiae Calmes^ en intervertissant Tordre des deux termes, dans celui de Ghamousse que porte un petit hameau situé à 10 kilomètres au nord d'Embrun, sur le finage de Saint--Clément, non loin de la voie romaine qui relie Embrun à Suse et à Turin ; mais un érudit embrunais, M. Joseph Romao, nous fait remarquer que le nom de Ghamousse signifie chamois^ et qu'il est dû sans doute à la situation de cette localité au milieu de rochers escarpés, à près de 1 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, situation qui ne permet pas d'y chercher le champ de bataille de 571 . Les gens qui connaissent la contrée prétendent que celui-ci ne peut être que la plaine du Plan de Fazi (commune de Guillestre), au confluent du Guil et de la Durance. « Une armée qui livrerait bataille entre Briançon et le Plan de Fazi, nous écrit M. Roman, se trouverait toujours dans des conditions évidentes d'infériorité contre un envahisseur, car la route suit la Durance, c'est-à-dire une pente assez rapide dont l'envahisseur aurait le haut. Au Plan de Fazi seulement, se développe une plaine assez vaste pour contenir une grande multitude de combattants ; elle est le point de réunion des trois vallées de la Durance, de Queyrais et de Barcelonnette (par le col de Vars) ; elle ne peut être tournée. Enfin larmée de défense peut se retrancher au pied de la montagne, auquel pied se trouve le lieudit de la Chaup. » Ce dernier vocable n'est pas le moindre argument d«s érudits dauphinois, car il est la transcription française du latin Calma^ ou plutôt Calmis; mais il ne nous parait pas suffisant pour établir d'une manière certaine l'identité de Mv^iiae Calmes
historiens en substituant Castro Ebredunensi, Yverdun, à cioitati Ebredonensi, Embrun. {Hist eccL des FrancSy édition de la Société de Thistoire de France, t. H, p. 121, note.) Nous répondrons à cette conjecture en faisant observer que la date de la défaite indiquée par Marins est postérieure de quelques années à celle que Ruinarl donne pour la bataille d'Embrun, et que, même si Ton pouvait lire Yverdun au lieu d'Embrun, il n'y aurait pas lieu d'identiûer les deux expéditions, car Yverdun et Bex sont situés à 65 kilomètres Tun de l'autre et ne faisaient pas partie d'une même civitas.
1. Le lieudit la Chaup marque, au dire du père Fournier,^ auteur de VHistoire (manuscrite) des Alpes maritimes et Cottiennes, et de l'abbé Albert, l'historien du diocèse d'Embrun (Embrun, 1783), l'emplacement du prieuré de Sancta Maria de Calma, mentionné au cartulaire d'Oulx (publié à Turin en 1753), dans de nombreux actes do xn* et du xiii* siècle : ce prieuré aurait été détruit par une inondation de la Durance. (Renseignement transmis par M. Roman.)
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et du Plan de Fazi, où Ton trouvera cependant sur notre carte le nom du lieu mentionné par Grégoire, suivi d'un point de doute.
§ 21 . — CIVITAS DINIENSIUM.
Cette cité, dont on ne trouve aucune mention chez Grégoire, faisait partie des États d'Alaric II au commencement du vi"" siècle, car Pentadius, évêque de Digne, prit part en 506 au concile wisigoth d'Agde. Elle dut passer, en 508, sous la domination du grand Théoderic, comme l'indique la présence de Portianus, successeur de Peutadius, aux synodes ostrogoths d'Arles (524) et de Carpentras (527). Uni à l'empire franc par le traité de 537, il fut d'abord compris dans lé royaume d'Austrasie*, puis, à la suite du partage de 561, dans le nouveau royaume de Bourgogne».
§ 22. — CIVITAS SANITIENSIUM.
C'est encore là une cité inconnue à Grégoire. L'évêque de Senez, qui assista en 506 au concile wisigoth d'Agde, reconnut évidemment après 508 l'autorité du roi d'Italie, puis en 537, au plus tard, celle de Théodebert l*"', roi d'Austrasie'. Il participa en 585 au concile de Mâcon, ce qui montre que le partage de 561 l'attribua au nouveau royaume de Bourgogne.
S 23. — CIVITAS GLANNATIVA.
La situation de l'évêché de Glandève, à l'est de ceux de Digne et de Senez, semble un indice suffisant pour le comprendre en 506 dans le royaume d'Alaric, puis après 508 dans celui du grand Théoderic, et enfin en 537 dans l'empire franc et les États de Théodebert I*', roi d'Austrasie*. La participation de l'évêque de Glandève au concile de Paris de 573 et à celui de Mâcon
i, Hilaire, évéque de Digne, souscrivit, en 549, au concile austrasien de Glermont.
2. Heraclius, évêque de Digne, assista, en 573, 581 et 585, aux conciles réunis par ordre de Contran.