Quo sacra membra jacent, stannea tecta dédit
(Ven. Fortun. Carmina,'L I, c. viir, v. 14.)
CIVITAS AGENNENSIUM. 551
temple * ». On croit communément que cette seconde basilique était située dans la localité où saint Vincent avait souffert pour la foi*.
Le castrum Pompeiacunij où les restes de saint Vincent avaient été transportés, a fait place à la petite ville du Mas d'Agenais (Lot-et-Garonne, arrondissement de Marmande, chef-lieu de canton), dont l'église, ancienne église collégiale, dédiée précisément à saint Vincent, était le plus célèbre des sanctuaires agenais placés sous le vocable de ce martyr, que les anciens bréviaires du diocèse appellent saint Vincent du Mas*. Selon M. Adolphe Magen, on voit encore en face de cette église, dans un enfoncement formé par deux maisons dont Tune est en recul sur la place, un fragment d'arcade sans caractère, mais qui parait être le dernier débris d'une chapelle conservant le nom de Pompéjac, lequel s'applique encore aujourd'hui à l'emplacement dénudé du sanctuaire, ainsi qu'à la place, aux dépendances de celle-ci et aux propriétés qui l'enceignent*. Rappelons en outre que les découvertes archéologiques ne laissent aucun doute sur
\ . Nomine Vernemetis voluit Yocitare vetustas
Quod quasi fanum ingens gallica lingua refert.
(Yen. Fortun. Carmina, 1. 1, c. rx.)
La basilique de Vernemetis est ordinairement attribuée par les érudits bordelais au diocèse de Bordeaux, en raison de la part que leur évoque Leontius prit à son établissement, et M. Jules Quicherat partageait jadis ce sentiment (De la formation française des anciens noms de lieu, p. 131); mais il s'est rallié depuis à Topinion des savants agenais (Bulletin de la Société des antiquaires de France, 1877, p. 102). — . Nous ferons remarquer, à propos de la mention de Vernemetis, que ce nom était porté par d'autres localités de Gaule, et que, accentué sur Tantépénultième, il a dû produire, en français, Vemantes, comme Nemetôdôrum a donné Nanterre ; et si Grégoire de Tours fournit pour le nom de Nanterre la forme intermédiaire Nemptodorum, on trouve aussi une forme barbare, Vemimptas, qui est employée, dans un diplôme de 842 (Mabillon, De re diplomatica, p. 338) pour désigner Vernantes.
2. Les partisans de cette opinion l'établissent sur la pièce de vers de Fortunat, intitulée De basilica sancti Vincentii Vernemetis (Carmina,\. I, c. ix), qui cependant ne renferme rien de précis à ce sujet. On a aussi rapproché de Vernemetis le nom Nemetum qu'on lit dans certaines versions des Acta martyrii sancti Vincentii (voyez plus haut,
p. 350, note 2).
3. L'église duMas ne possède pas le corps de saint Vincent, parce que — il est utile de le rappeler — cette précieuse relique fut déposée, au ix» siècle, lors des invasions normandes, à l'église de Sainte-Foy d'Agen, d'où elle passa, peu après, dans l'abbaye de Conques, au diocèse de Rodez. (Boudon de Saint-Amans, Essai sur les antiquités du départ, de Lot-et-Garonne, p. 107).
4. Becueil des travaux de la Société d'Agen, 2« série, 1. 1", p. 28i.
Texistence au Mas d'Agenais, dans la direction de Caumont, d'une importante localité gallo-romaine*.
Si l'emplacement du castrum Pompeiacum et de Tune des deux basiliques agenaises de Saint-Vincent ne peut plus offrir de doute aujourd'hui, on n'a pu encore retrouver l'emplacement précis de l'autre basilique, celle qui rappelait le lieu du martyre, et qui doit être cherché dans un rayon de 7 kilomètres et demi du Mas, où l'on ne trouve d'ailleurs aucun nom dérivé de ceux du rus Reonemensey de Yager Vellaniim ou de Vernemetis. Notre carte indiquera donc seulement le nom de Pompeiacum au Mas d'Agenais.
S 3. — CIVITAS ECOLISMENSIUM.
Grégoire mentionne à plusieurs reprises la ville d'Angoulême [Ecolismà^y Egolisma^y civitas Egolismensis*'), dont il nomme les habitants Egolismenses^ et le territoire urbs Equolesmensis^.
Au commencement du vi* siècle, cette cité était soumise aux Wisigoths. Elle tomba au pouvoir des Francs en 508'', c'està-dire l'année qui suivit la bataille de Veuille, et Lupicinus, son évêque, assista en 511 au concile que Clovis réunissait à Orléans.
On ignore le sort d'Angoulême pendant la période du partage de la Gaule franque entre les quatre fils de Clovis (511-524); mais' on peut supposer qu'elle appartint ensuite au roi de Paris, qui possédait dans cette région Bordeaux et Saintes.
A la mort de Clotaire P (561), qui, en 558, avait joint à ses États le royaume de son frère Childebert, Angoulême dut échoir
1 . Une statue antique du plus beau travail, une Vénus, a été trouvée récemment sur le territoire du Mas. Voyez, à ce sujet, une communication faite par M. Tholin à la Société des antiquaires de France {Bulletin de la Société des antiquaires, 1877, p. 100-102).