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570 lA GAJÛLR AU SIXIÈME SIECLE.
pas que Bizeul ait écrit les paroles que nous Tenons de transcrire, puisqu'il admet Tidentité du port de Radatus, mentionné dans un texte du ix^ siècle, et de ce même Rézé^ II convient donc de laisser cet esprit prévenu, et de réunir ici les arguments qui militent en faveur de Rézé.
Un premier ai^ment est à tirer de la Vie de saint Philibert, écrite au ix"" siècle par Ermentaire. On lit dans cet ouvrage le récit du voyage d'une personne qui, s'embarquant sur la Sarthe, descendit successivement la Mayenne et la Loire « usque ad » optatum portam qui Raciatus dicitur, a monasterio quod Deas » octo miliariis' », indication précise qui ne permet pas de méconnaître Rézé, séparé par une distance de 1 5 kilomètres seulement de Saint-Philberl de Grandlieu, le DecLs de l'ouvrage d'Ermentaire; nous ne croyons pas possible, en effet, de distinguer le nom Raciatus de celui dont Grégoire a tiré l'adjectif Ratiatensis.
Un autre argument , très-favorable à la cause de Rézé, est tiré du culte rendu à saint Lupien, jusqu'aux temps modernes , dans le fînage de ce lieu ; car c'est certainement au confesseur poitevin dont parle Grégoire qu'était consacrée la chapelle de Saint-Lucien, comprise dans la paroisse de Rézé; cette chapelle, qui s'élève vraisemblablement sur le tombeau de Lupianus^, était, avant la Révolution, un riche prieuré dépendant de l'abbaye de Géneston*, au diocèse de Nantes, et une bulle du pape Alexandre III, confirmant les biens de ladite abbaye, le nomme, en 1163, locus sancti Lippianiy tandis qu'une charte de Silvestre de Rézé, en date de 1 239, le désigne sous le nom à'ecclesia Sancti Lupiani. Bizeul, qui cite ces pièces, conteste le vocable latin de Saint-Lucien, en se fondant sur la présence du nom moderne dans des chartes de 1195 et de 1225*; mais ces documents prouvent seulement que la corruption de Lupianus en Lucien remonte au moins au xu"" siècle, car si les philologues n'ad«