Revue des provinces de l'Ouest^ t. IV, p
CIVITAS PICTAVOHUM. 571
mettent pas que Lupianus ait produit Lucien y ils reconnaissent cependant qu'il a pu devenir Ltechen^^ et être confondu ensuite avec le nom Ltmen, en raison de la plus grande notoriété de celui-ci.
En dehors de la preuve qu'il apporte à l'identité de Ratiatum et de Rézé, le texte de Grégoire est curieux en ce qu'il montre qu'au vi"" siècle, comme au temps de Strabon et de Ptolémée, le territoire de la civitas Namnetum ne s'étendait pas sur la rive gauche de la Loire, où est situé Rézé. On a donc pu constater que l'extension du diocèse de Nantes, au sud du fleuve, n'est pas antérieure aux conquêtes des rois bretons du ix* siècle; mais nous n'insisterons pas sur ce fait que d'Anville reconnaissait déjà au siècle dernier * et que nous avons récemment rappelé dans un mémoire sur les cités gallo-romaines de FArmorique ^.
SANCTI MAXENTII monasterium. — Grégoire parle, à l'occasion de la guerre de 507, d'« un homme de grande sainteté, l'abbé Maixent, reclus, par la crainte de Dieu, dans son monastère, situé au territoire de Poitiers », et, ajoute-t-il, «nous ne donnerons point place dans notre texte au nom de ce monastère, parce que le lieu est encore appelé maintenant la cellule de Saint-Maixent*. » 11 n'est donc pas possible de mettre en doute l'identité de ce monastère avec l'abbaye qui a donné naissance à la ville de Saiut- Maixent (Deux-Sèvres, arrondissement de Niort, chef-lieu de canton), où l'on montre encore le tombeau du bienheureux abbé. Saint - Maixent n'est situé qu'à 40 kilomètres sud -ouest de Veuille.
1. Par la vocalisation de Vi palatal. Cf. les noms de \\ew\ AUipiacus, Attichy; ClipiacuSj Glicby; Gamapia, Gamaches; Gamapia, la Garnache; Stirpiacus, Étrecliy. — L'i palatal était sans doute devenu j ou g doux, comme dans les mots français : cierge, de cereus; singe, de simius; linge, de linteus; orge, de hordeum; rage, de rabies; cage, de cavea, et les noms propres Baussange, de Balsemius; Usage, d'Eusebius; Ferjeux, de Ferreolus, etc.