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CIVITAS PICTAVORdM. 577

liarium pour désigner le mille romain, et son dixième milliaire équivaut, par couséqueut, à une distance de 15 kilomètres seulement.

Mais les antiquaires poitevins n'y regardaient pas de si près au XVI* siècle. Civaux, avec ses milliers de sarcophages de pierre, leur parut avoir été le théâtre d'une lutte terrible, et, à leur avis, la bataille de 507 devait s'être livrée en ce lieu. Au reste, ils n'étaient pas les premiers dont le cimetière de Civaux avait frappé l'imagination : un troubadour du xu^ siècle place à Civaux {Sivax) l'un des champs de bataille où Gérard de Roussillon fut vaincu par Charles-Martel :

La batalha comensk lonc l'aigaa, al port

Lo pralz a nom Sivax, la Veiana

La rivière fôn genta, la terra plana >.

Et, au dire du poète, le combat fut si meurtrier, que, durant une lieue, la Vienne aurait été rougie par le sang des blessés ;

Tan lai espan de sanc per lor corada Sangtenta en vai Viana una leguada ^.

L'identité du campus Vogladensis et de Civaux était chose généralement admise à la fin du xn° siècle, et, à cette époque, on trouve chez le président Fauchet un récit tellement circonstancié de la marche de l'armée franque, qu'il semblerait écrit à l'aide de documents aujourd'hui disparus^. 11 n'en est rien cependant ; les détails de ce récit sont empruntés aux Annales (f Aquitaine de Jean Bouchet, publiées en 1525 *• ^

Cependant, tout en admettant que Civaux représente le Fbcladts * de Grégoire, Fauchet ne laisse pas que de rapporter une

1. Gérard de Rossillon, édition Francisque Michel, p. 160, 161.

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