‹ Géographie de la Gaule au VIe siècleChapitre 546 sur 597 · Acta sanclorum, t. I Octobris, p.ftt · texte numérisé non relu

Acta sanclorum, t. I Octobris, p.ftt

2. Nous avons constaté ce fait en recourant au manuscrit «5920 du fonds latin de la Bibliothèque nationale, lequel représente le manuscrit Colbert employé par Ruinart.

religieux auquel nous devons les Gesta. Vouillé est situé eu effet sur les bords de l'Auzanee, qui mêle bientôt ses eaux à celles du Ciain, et qu'un étranger voyageant en Poitou pourrait prendre de la sorte pour la partie supérieure du fluvius Clinnus. L'argument tiré du nom Volliacum que les plus anciennes chartes, au dire du père Routh, donnent à Vouillé, est de moindre valeur que le précédent, puisque ces chartes ne sont certainement pas antérieures au xn* siècle*, date à, laquelle les scribes, ceci est reconnu par tous les médiévistes, forgeaient des noms de lieux latins par analogie : aussi rien de plus naturel, de la part de ces scribes, que d'employer une terminaison en iacum^ pour écrire en latin le nom de Vouillé, dont la tertninaison était identique à celle des nombreux vocables de villages poitevins possèdent cette finale latine ; de même, en français, les scribes écrivaient parfois , au xiii* et au xiv* siècle, Voillec *, au lieu de Voillé, parce que la coutume était alors de donner la finale ec aussi bien que é à ces mêmes noms. A notre avis, il n'y a pas lieu de tenir compte ici des formes du nom de Vouillé postérieures à Tan 1100, et Ton doit seulement examiner si Vocladis a pu donner en français Vouillé: or, cette question ne semble pouvoir être résolu que par l'affirmative, puisque \a long accentué de Vocladis j placé devant une consonne simple, a nécessairement produit un ^'fraîiçais^, tandis que le groupe cl= gl donnait une mouillure représentée dans la notation de la langue vulgaire par le groupe ill^ ; de là Voillé, ancienne forme du nom de Vouillé.

1. La fausse charte de Clovis pour Téglise de Saiiit-Uilaire de Poitiers (?),où Vouillé figure sous *Je nom de VoUiaitm (Fardesas, Lipicvtata, choriae, t. 1*', n'est certainement pas antérieure à cette date. Au commencement du xiv siècle, Vouillé-lès- Marais (Vendée) est appelé Wogliacum (Aillery, Fouillé de Vétêché de Luçon, p. 162).

2. Vouillé figure sous le nom Voillé dans un pouillé du diocèse de Poitiers, rédigé au commencement du xiv" siècle (Beauchet-Filleau, Pouillé du diocèse de Poitiers); mais deux localités homonymes, Vouillé-sur-Niort (ibid.) et Vouillé-au-Marais (Aillery, Pouillé de l'évéché de Luçorif p. 162), y sont nommés Voillec ou Voilée {y\. Beauchet-Filleau a imprimé, à tort, Voillei),

3. Diez, Grammaire des langues romanes, trad. Paris et Brachet, t. I*% p. 139.

i. Les adversaires de Vouillé paraissent croire que l'orthographe Vouglé est née de la prétention d assimiler le nom de Vouillé à celui dont est formé l'adjectif Vogladensis; c'est évidemment une erreur, puisque, parait-il, les paysans du département de la Vienne c mouillent, comme les Italiens, le g et 17 réunis ». (Abel Hugo, la France pittoresque, t. III, p. 22/). D'ailleurs on trouve l'orthographe Vouglié dès le xvi<^ siècle

CIVITAS PETROCORIORUM. 587

On ne s'étonnera donc pas de nous voir conclure ici à l'identité de Veuille avec Vocladis.

VULTACONNUM, vicus pictavensis . — L'identité de ce village poitevin, déjà doté d'une église au vf siècle*, avec le village actuel de Voultegon (Deux-Sèvres, arrondissement de Bressuire, canton d'Argen ton-Château), a été reconnue par Valois, qui attribue également à Voultegon un triens mérovingien portant le nom VVLTACONNO*. Le nom latin Vultaconnum est remplacé par le thème Vultus Htigonis dans le pouillé du diocèse de Poitiers rédigé au connnencement du xw"" siècle '.

§ 6. — CIVITAS PETROCORIORUM.

Périgueux paraît chez Grégoire sous les noms Petrocorii* et urbs Petrogorica^. Le territoire dont il était le chef-lieu est désigné sous les noms Petrogoricum^y oppidum Petrocoricum^ , ten^iiorium Petrocoricûm^. Ses habitants sont toujours appelés Petragorid^.

La cité de Périgueux obéissait en 506 au roi des Wisigoths, Alaric, et son évêque Chronopius assistait à cette date au concile d'Agde. Cinq ans plus tard, le même prélat participait au concile d'Orléans réuni par le roi des Francs, Clovis, que la bataille de Veuille (507) avait rendu maître de l'Aquitaine.

On ne sait pas de quel royaume dépendit Périgueux sous les

(¥oy. plus haut, page 578), et sans doute aussi dès le xiv* siècle, ainsi que l'indique le latin Wogliacum (voy. page 586, note i). i. Miracula beati Martini^ 1. II, c. xlv.

2. Notitia Galliarum^ p. 632. — Cf. A. de Barthélémy, Liste des noms de lieux inscrits sur les monnaies mérovingiennes ^ n? 719.

3. Beauchet-Filleau, Faculté du diocèse de Poitiers, p. 436. — Vultus Hugonis pour Vultaconnum est un exemple qui corrobore ce que nous disions, ù la page précédente, du peu de valeur à attribuer aux formes latines de noms de lieux données par les clercs de la fin du moyen âge.

i. Historia Francorum, 1. II, c. xiii.

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