Ifrid.t 1- H, c. xxxviii-xuu
3. Vita sanctae Genovefae, c. vi (apud Bouquet» t. III, p. 370).
4. Grégoire lui-même rapporte que les Francs, unis avec les Romains du comte Paul, attaquèrent les Wisigoths en 470, et leur enlevèrent du butin; il montre ensuite Childeric arrivant au secours d'Angers que le Saxon Odoacre vient d*envahir, le comte Paul
cupation définitive de Paris par les Francs^ dès le séjour qu'y fît Childeric, que Thagiographe raconte plus loin un miracle accompli par sainte Geneviève pendant le blocus de la cité parisienne par cette nation*.
On peut du reste, pour fortifier cette opinion, s'appuyer sur les Gesta regum Francorum^ rédigés au viii'' siècle. On y lit, en suite du mariage de Clovis et de Clotilde (493), que vers le même temps Clovis étendit sa domination jusqu'à la Seine, et qu'ultérieurement il occupa tout le pays jusqu'àla Loire*. Ainsi, avant Clovis et malgré les courses de Childeric sur le territoire d'Orléans et sur celui d'Angers, le royaume des Francs ne devait pas s'étendi'c, au sud-ouest, plus loin que la Somme, qu'il atteignait déjà au temps de Clodion, et il n'y a pas lieu de s'en étonner, puisque le « roi des Romains» occupa Soissons jusqu'en 486. La défaite de Syagrius
périssant dans la lutte, et le roi franc entrant alors dans la ville reconquise, accompagné sans aucun doute des Romains dont le chef vient de mourir les armes à la main, car c'est certainement ainsi qu'il faut comprendre le récit si bref du vieil historien, que certains de ses traducteurs, même parmi les plus récents, ont rendu d'une façon peu exacte : « Paulus vero comes cum Romanis ac Francis, Gotthis bella intulit, et praedas egit. Veniente vero Adovacrio Andcgavis, Childericus rex sequenti die advenit, inleremtoque Paulo comité, civitatem obtinuit. > Apres le siège d'Angers, nouvelle guerre entre les Romains et les Saxons, à la suite de laquelle, ceux-ci ayant été vaincus, voient les tics qu'ils habitaient (à l'embouchure de la Loire, suivant toute vraisemblance) tomber aux mains des Francs, qui les ravagent. Enfin, le Saxon Odoacre s'unit ensuite avec Childeric, non contre les Romains, dont le prince franc n'a cessé d'ôtre l'allié, mais contre les Alemans, envahisseurs de l'Italie, qu'ils réduisent à la raison {Uistoria Francorum) 1. 11. c. xviii-xix). Sur le rôle de Childeric, assez bien entrevu par Tabbé Dubos {His* ioire critique de l'établissement de la monarchie française), on doit surtout consulter l'ouvrage de Wilh. Junghans, Die Geschichte der frànkischen Kônige Childerich und Chlodovech,^A3''2.0.
1. c Temporc illo quo obsidionem Parisius per bis quinos, ut aiunt, annos a Francis perpessa est. > (Vita sanctae GenovefaCy c. vu, apud Bouquet, 1. 111, p. 370.) Ce siège de Paris, dont la durée a été fort exagérée par la tradition qu'invoque ici l'hagiographe, peut parfaitement être reporté au règne de Clovis, comme le veulent l'abbé Dubos et dom Bouquet. Dom Toussaint Duplessis, qui combat longuement le sentiment de ces deux érudits {Nouvelles Annales de Paris, p. 3i-36), ne réussit nullement a prouver que l'auteur de la Vie de sainte Geneviève ait voulu parler d'un siège remontant aux années i65-470.
2. « In illis diebus dilatavit Chlodoveus, amplificans regnum suum usque Sequanam. Sequenti tempore usque Ligeri fluvio occupavii. > (Gesta regum Francorum, c. xiv.) L'auteur des Gesta rapporte ensuite un fait évidemment emprunté à la tradition franque sur le mariage de Clovis, et qui contient une sorte de preuve de ce qu'il vient d'avancer au sujet de l'extension des États du roi franc vers 493 : Aurélien, dont Clovis venait d'utiliser les talents de négociateur, et qui avait obtenu la main de Clotilde pour son maître, aurait reçu comme récompense de ses services la ville de Melun avec le titre de duché {ducatus).