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LES FRANCS AVANT

amena vraisemblablement les Francs à dominer sur l'ensemble des villes situées au nord de la Seine, et Textension du pouvoir de Clovis sur tout le pays compris entre la Seine et la Loire fut certainement le résultat du traité conclu entre Clovis, devenu chrétien, et la confédération armoricaine, qui pendant presque tout le V® siècle avait su maintenir son indépendance vis-à-vis des représentants du nom romaine

Les conciles ne nous apportent aucune lumière sur l'étendue du royaume franc avant l'accroissement considérable qui suivit la bataille de Veuille (507). Parmi ceux qui purent se réunir^ avec Tagrément de Clovis, le concile d'Orléans de 511 est seul parvenu jusqu'à nous. Trente-deux évêques y prirent part*, et dans ce nombre on remarque treize prélats qui peu d'années auparavant obéissaient au roi des Wisigoths*. C'étaient les

1. On doit consulter sur la confédération armoricaine les pages que lui consacre Tabbé Dubos (Histoire critiqiie de Vétabl. de la monarchie française, I. III, c. ii), et qui, bien qu'empreintes de quelque exagération, sont encore peut-être ce qu'on a écrit de plus complet et de plus exact sur là question.

2. € Goncilium Aurelianensc, Ghlodovei Francorum régis evocatione celebratum, sub die VI idus julias, Felice V. G. consule, anno Christi DXI, Symroachi [papae xiii, Ghlodovei ejusdem régis xxx Subscripliones episcoporum : Cyprianus, in Ghristi nomine

cpiscopus ecclesiae Burdegalensis metropolis, canonum statuta nostrorum subscripsi, sub die vi idus julias, Felice V. G. consule. — Tetradius, episcopus ecclesiae Bituricae metropolis, subscripsi. — Liciuius, episcopus ecclesiae Turonicae metropolis, s. — Leontiusy episcopus ecclesiae Elusanae, metropolis, s. — Gildaredus, episcopus ecclesiae RotomagensismeiroipoliSfS, — Pelrus, episcopus ecclesiae Sanionicae^s, — Ghronopius, episcopus ecclesiae Peirocoricaey s. — Boetius, episcopus ecclesiae Cadurcinae, s. — Quintianus, episcopus ecclesiae Rutenicaej s. — Ëufrasius, episcopus ecclesiae Afxer* nicae^ s. — Sextilius, episcopus ecclesiae Vasaticae, s. — Nicetius, episcopus ecclesiae Auscensis, s. — Lupicimis, episcopus ecclesiae Ecolesimensis, s. — Adelfius, episcopus ecclesiae Pictavorum (alias de Ratiate vel de civitate RaHaiica)^ s. — Heraclius, episcopus ecclesiae Parûiocaf, s. — Principius, episcopus ecclesiae CenomannicaCy s. — Lupus, episcopus ecclesiae Suessionicae, s. — Nepus, episcopus ecclesiae Abrincatinae, s.

— Ëpipbanius, episcopus ecclesiae Namneticae, s. — Eustochius, episcopus ecclesiae Andegavinae, s. — Gamillianus, episcopus ecclesiae Tricassinae^ s. — Litharedus, episcopus ecclesiae Oxomensis, subscripsi. — Modestus, episcopus ecclesiae VeneUcae,s. — Melanius, episcopus ecclesiae Redonicae, s. — Edibius, episcopus ecclesiae AtnbianensiSj s. ~ Sofronius, episcopus ecclesiae VeromandensiSj s. — Maurusio, episcopus ecclesiae Ebroicinae, s. — Leontianus, episcopus ecclesiae Constantinae, s. — Livanius, episcopus ecclesiae SilvanectensiSy s. — Eusebius, episcopus ecclesiae Aurelianensis, s.

— TbeodosiuSy episcopus ecclesiae Autisiodorensis. — Âventinus, episcopus ecclesiae Camotenaet &• ^

3. Nous avons admis plus haut, en parlant des Wisigoths, que la principale conséquence de la bataille de Veuille fut l'annexion aux États de Glovis de tout ce qu'Alaric possédait en Gaule, hormis la majeure partie de la Première Narbonnaise et la Provence gothique : (elle n'est pas cependant l'opinion de M. Bonnell {Die Anfànge des karolifi-

évêques de Bourges, de Cahors, de Rodez et de Clermoiit (de la V^ Aquitaine), de Bordeaux, de Saintes, de Périgueux, d'Angoulême et de Poitiers (de la 11® Aquitaine), d'Eauze, de Bazas, d'Auch (de la Novempopulanie), et de Tours (de la HP Lyonnaise) ; mais ce dernier prélat obéissait sans doute déjà à Clovis antérieurement à 507, pour la partie de son diocèse comprise en deçà de la Loire. Ces noms suffiraient, en l'absence de tout autre texte, à montrer l'importance des résultats de la campagne de 507-508. Les dix-neuf autres signataires du concile d'Orléans appartenaient aux IP, IIP et IV"* Lyonnaises, ainsi qu'à la Seconde Belgique*, et leurs souscriptions prouvent qu'avant la défaite des Wisigoths le royaume des Francs s'étendait au nordouest jusqu'à la mer par les cités d'Amiens, de Rouen, de Goutances et d'Avranches ; qu'il atteignait l'extrémité de la péninsule armoricaine par les évêchés à'Ossismi et de Vannes, et la Loire par les diocèses de Nantes, d'Angers, d'Orléans et d'Auxerre*;

gischen Hanses, p. 196). Ce savant prétend que le titre xlvii de la loi salique, où la forêt Carbonnière et la Loire semblent indiquées comme les limites extrêmes du pays soumis aux Francs Saliens, est postérieur à Tannée 507, et que le nom Liger on Léger ne désigne pas la Loire; mais bien la Leyre, petit fleuve qui se déverse dans le bassin d*Arcachon après avoir traversé les territoires des cités de Dax et de Bordeaux ; il conclut de cette explication que le royaume des Francs ne dépassa pas la Leyre à la suite des événements de 507 à 508 et que les Wisigoths purent conserver, jusqu'au temps d'Athanagilde, le pays entre la Leyre et les Pyrénéi^. M. Bonnell aurait peut-être dû commencer par prouver que Liger ou Léger était la forme originelle du nom actuel de la Leyre que les géographes historiens pensent pouvoir identifier avec le Sigmatus de Ptolémée et le Signatius de Martien d'Héraclée (E. Desjardins, Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, t. ],iv, 149); toujours est-il que son sentiment ne parait pas avoir chance d'être adopté, même par ses compatriotes (voy. notamment la notice qui se rapporte à la carte de Tempire franc sous les Mérovingiens et jusqu'à Gharlemagne, dans l'édition du Spruner-Menke Hand- Atlas zur Geschichte des Mittelalters und der netieren Zeity qui se publie en ce moment).

1. Ce sont, dans la Deuxième Lyonnaise, les évêques de Rouen, d'Avranches, d'Évreux et de Coutances; dans la Troisième Lyonnaise, les évêques du Mans, de Nantes, d'Angers, d*Ossismi, de Vannes et de Rennes; dans la Quatrième Lyonnaise, les évêques de Paris, de Troyes, d'Orléans, d'Auxerre et de Chartres ; enfin, dans la Seconde Belgique, les évêques de Soissons, d* Amiens, de Vermand (ou Noyon) et de Senlis.

2. La participation de Théodore, évéque d'Auxerre, au concile de 511, n'est pas la preuve la plus ancienne de la possession de la civitas Autissiodorum par Clovis, car le prédécesseur de ce prélat, Eptadius, avait été nommé à Tévêché auxerrois par le roi des Francs, une dizaine d'années auparavant, avec l'autorisation du roi de Bourgogne, Gondebaud, dont Eptadius était alors le sujet (Vita sancti Eptadii, ap. Bouquet, 1. 111, p. 380}. Quant à tirer parti pour la fixation de la limite franco-bourguignonne, vers Auxerre, du passage de la Vie de saint Eptadius, où il est dit que l'entrevue de Clovis et de Gondebaud où fut décidée la nomination du nouvel évéque eut lieu ad ftuvium Quorundam,

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enfin qu'au sud-est il confinait au royaume de Bourgogne, par les cités d'Auxerre et de Troyes^ Le concile d'Orléans ne donne cependant aucune idée de l'autorité des Francs sur les pays qui formèrent depuis le royaume d'Austrasie, car on n'y trouve pas l'indication des villes situées à l'est du Soissonnais et du Vermandois ; mais la défaite des Alemans ^ par Clovis en 496 et le meurtre de Sigebert, qui régnait à Cologne sur les Francs Ripuaires, ne laissant aucun doute sur l'extension du royaume de Clovis jusqu'au Rhin, nous n'hésitons nullement à attribuer aux Francs tous les pays gaulois situés au nord du royaume de Bourgogne ^ tel que nous le fait connaître le concile

d'Ëpaone.

nous n'y songerons pas, car ce nom de rivière» probablement altéré, ne peut pas être assimile avec certitude à celui delà Cure, comme le pense Roget de Belloguet (Carte du premier royaume de Bourgogne y p. 146).

1. Troyes obéissait déjà à Clovis en 495, lors de son mariage avec Clotilde (voy. plus haut, page 75, note i ).

2. Cependant Grégoire établit tout au moin3 la possession de Reims par les Francs dès 496.

3. La possession de Toul et de son territoire par Clovis peut se déduire de l'itinéraire de ce prince au retour de son expédition victorieuse contre les Alemans en 496, lequel est ainsi indiqué dans la Vie de saint Vaast : c Victor dcinde Âlamannos cum rege in ditione cepit, ovansquc ad patriam festinus rediens, ad Tullum oppidum venit. Et cum jam desiderium, ut celer ad baplismi gratiam confugeret, sciscitando comperit inibi bcatum Vcdastum sub religionis cultu vitam degere : quem mox sibi itinere junxit. Dum pariter pergerent, quadam die venerunt in pago Vongise, ad locum qui dicitur Grandeponte, juxta villam Riguliago, super fluviam Axona. Deiiide ad Remorum urbem

perduxit. > (Vilasancti Vedastiy c. iii,apud Bouquet, t. III, p. 372.} Quant à la cilc de Verdun, située au nord de celle de Toul, elle lit aussi partie des États de Clovis, mais peut-être seulement à la suite de la mort de Sigebert le Boiteux, auquel elle aurait d'abord appartenu : la révolte de cette ville contre Clovis dont la connaissance nous a été transmise à la fois par la tradition orléanaise que représentent la Vie de saint Nesmin, écrite au vil* siècle (Bouquet, t. III, p. 393), la chronique d*Aimoin, moine de Fleury, rédigée vers Tan 1000 (ibid., t. 111, p. 40) et le livre des Miracles de saint Nesmin, composé par Letald à la fin du xi* siècle {ibid.y t. 111, p. 415), et par la tradition verdunoise dont la Chronique de Verdun due à la plume de Hugues de Flavigny, écrivain du xii* siècle (ibid.yi. III, p. 355), est certainement Técho; cette révolte, disonsnous, aurait été Tune des conséquences de Tannexion du pays des Francs Ripuaircs au royaume de Clovis. (Dubos, Histoire critique de l'établissement de la monarchie française, t. II, p. 237-240. — Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France^ t. m, p. xxviu, 140, note c, et 335 note a.)

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