INDUSTRIE
La Haute-Garonne n'est pas un département industriel , et ne peut être caractérisée par aucun de ces produits spéciaux qui font la fortune et le renom de quelques dé|)artements français. Cependant l'heureuse situation de Toulouse au centre des transactions du sudouest, entre l'Océan, l'Espagne et la Méditerranée semblerait devoir en faire un entrepôt des plus importants.
D'après les dernières statistiques, le nombre total des industriels de la Haute-Garonne est de deux mille deux cent quatre-vingt-six occupant ([uatorze mille quatre cent treize ouvriei'S, sans y comprendre seize mille trois ouvriers employés dans les quatre établissements de l'Etat : poudrerie (poudre de gueri'c, de mine et de chasse) , fonderie de canons , arsenal et manufacture de tabac. On évalue à 85, 688, SOO f. la valeur annuelle des produits de l'industrie privée.
Dans les quatre cantons de Toulouse , on a compté huit cents établissements (|ui se répartissent eiiti-e «piatre-viuiit-dix industries. Dans les autres cantons de rarrondissement , on a <igiralé seize industries différentes, occupant huit cent quatorze ouvriers. La manipulation
des grains tient une place considérable parmi les usines à cause de la fertilité du terroir; cent quatre-vingt-deux moulins à vent et vingtcinq moulins à eau y sont employés. Les autres établissements principaux sont dés fabriques de carrosserie, dont les produits sont très-recherchés dans tout le midi de la France, de terres cuites , de poterie , de bois scié , de papier, de toiles , de cii'e, etc.
L'arrondissement de Saint-Gaudens occupe le second rang dans le département. L'abondance et la rapidité des cours d'eau qui descendent les rampes des montagnes y a multiplié les usines en y offrant partout à l'industrie des forces motrices considérables qui ne laissent pas de place à la vapeur. L'arrondissement compte six cent un établissements occupant trois millesoixante et un ouvriers. Dans ce nombre, on a signalé deux cent quatre-vingt-neuf moulins à eau , quatre-vingt-dix-huit scieries de bois ou de marbre , quarante-huit filatures de laine ou fabriques de drap , quarante-cinq moulins à vent, quarante briqueteries, seize pressoirs à huile, treize moulins à foulon, neuf fours à chaux, neuf fours à plâtre, six tanneries, trois fabriques de faïence, une forge à la catalane, verrerie, etc.
L'arrondissement de Muret, ])lus agricole et moins favorisé sous le rapport des cours d'eau qui commencent à s'endormir dans la plaine, compte seulement trois cent huitétablissementsoccupant mille quarante-deux ouvriers. Dans ce nombre, on a i-econnu quatre-vingt-
quatorze moulins à vont, soixante et quinze moulins à eau, soixante et une tuileries, trentedeux pressoirs à huile, vingt-six poteries, huit fabriques de faïence , trois filatures de laine, deux fabriques de chandelles, une forge à la catalane, une scierie, une tannerie, une brasserie.
L'arrondissement de Villefranche est agricole par-dessus tout. La mouture des grains en est l'industrie principale et donne même aux campagnes du Lauragais une physionomie particulière, par la multitude des m'uulins à vent dont les bras s'agitent sur tous les coteaux. L'arrondissement compte trois cent cinquante et un établissements industriels , et dans ce nombre deux cent vingt-cinq moulins h vent, quarante- (juatre fours à chaux, trente-huit tuileries, vingt-neuf moulins à blé , quatre fabriques de M'rg<' au métier, trois fabriques de bas, trois tissages de toile, une filature de laine, une blanchisserie de cire , une fabrique de chandelles.
On ne peut parler des industries de la Haule- (laronne et particulièrement du Lauragais sans en rappeler une ([ui fit pendant longtemps la prospérité de la conti'ée et qui n'existe plus aujourd'hui : c'est l'industrie du pastel, plante tinctoriale autrefois cultivée en urand dans
tout le pays toulousain. Les anciennes reconnaissances mentionnent sur tous les points du b'i'ritoire I»'s moulins paslelicrs qui servaient à r<'X|)loitation de cette précieuse jilante. Les grands marchands de Toulouse qui se sont enrichis par le commerce et qui ont fini par
former le noyau d'une aristocratie municipale, étaient des marchands de pastel (les Bernuy, par exemple, dont le Lycée de Toulouse occupe aujourd'hui la pittoresque habitation). Cette source de richesses a été tarie par la découverte et l'importation des bois de teinture d'Amérique.
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VOIES DE COînilJMC\TIO>.