‹ Géographie de la République ArgentineChapitre 5 sur 119 · TII · texte numérisé non relu

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La République Argentine a la bonne fortune d'être un des États du contour dont le territoire est situé dans la

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INTRODUCTION

Le climat est tempère et sain. Il convient parfaitement aux Européens , surtout à ceux de l'Europe méridionale . Les Italiens , les Espagnols , les Français , les Basques de France et d'Espagne forment , avec les Argentins qui descendent eux-mêmes pour la plupart d’ émigrants des mêmes nations, plus des neuf dixièmes de la population actuelle de Buenos- Ayres' .

Le territoire de la République est immense. Les Argentins lui ont attribué 4.195.000 kilomètres carrés à l’époque du recensement de 1869, lorsque les frontières de la Patagonie et celles du Chaco n’étaient pas encore suffisamment fixées, et il y a même des journalistes, peu soucieux de l’ exactitude, qui ont persévéré à inscrire ce chiffre dans

leurs articles. La réalité suffit pour donner rang à laRèpu-

blique Argentine parmi les plus grands Etats de la terre ; car la superficie est d'environ 2.900 000 kilomètres carrés* 2 : c’est plus de cinq fois l'étendue de la France.

La plaine est unie et sans obstacle. Les terres propres aux céréales occupent de très vastes surfaces et la culture n’en a encore défriché que la moindre partie; les pâturages ont une étendue bien plus considérable encore. Si les routes ont été, dans plusieurs provinces , difficiles à construire faute de matériaux résistants, les chemins de fer trouvent le grand avantage de poser presque partout, à peu de frais, leur ballast et leurs rails sur le sol, et de travey'ser en ligne droite des provinces entières sans avoir de très coûteux travaux d’art à construire . L'insuffisance des pluies, laquelle résulte moins de leur absence que de leur

/. Voir p. 144.

2. 2.894.23 7 kilomètres carrés d'après la statistique de la République Argentine. Nous avions, par un calcul planimé trique, trouvé, il y a quelques années, 2-833. 000 kilomètres carrés. — Voir dans le Bulletin ne l'Institut internat on il de statistique le mémoire intitulé: Statistique de la superficie et de la population des contrées de la terre.

INTRODUCTION

inégale répartition, est le plus grave inconvénient avec lequel les agriculteurs aient à compter ; cependant , aujourd'hui, les moissons lèvent dans maint canton de la province de Buenos- Aigres dont la sêcheresseparaissait désespérante , il y a trente ans *.

Le chemin de fer a donné la vie à cette plaine.

Naguère les marchandises étaient transportées sur des charrettes traînées par des bœufs, traversant en longue file la Pampa solitaire et faisant une trentaine de kilomètres par jour. Le voyageur pressé pouvait en faire cent avec une petite troupe « tropilia » de chevaux qu'il montait successivement, couchant à la belle étoile, le corps enveloppé dans son poncho et la tête appuyée sur sa selle; les autres prenaient la diligence, quand il y en avait, ou une voilure p irticulière qu' enlevaient au galop six chevaux montés par des Gauchos. Ces modes de transport étant bien lents pour les marchandises, très fatigants pour les personnes et coûteux dans tous les cas, la Pampa restait à peu près déserte.

Les Argentins ont compris de bonne heure que le peuplement de leur pays n’était possible et que leur République ne s’ élève rail ci la brillante ■ destinée qu’ils entrevoyaient que lorsqu’elle serait dotée de meilleures voies de communication.

Le premier chemin de fer qu’ils ont construit ( tronçon du chemin de fer de l'Ouest Buenos-Ayres) date de 1857 : Rosas était tombé depuis cinq ans et l’ère du développement pacifique de laPlata allait commencer . Vingt-quatre ans après, en 1881 , 2.500 kilomètres étaient en exploitation.. Par un progrès d’une merveilleuse rapidité, ce nombre a triplé en sept ans et, à la fin de l'année 1888' ,

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