ZONE MÉRIDIONALE
III. La plus importante des provinces de la zone méridionale est celle de Gochiou. Son principal centre de production est le bourg de Nagahama.
Ensuite viennent les provinces de Mino, Etchizen, Tajima, Tanba et Tango, qui fournissent une moins grande quantité de soie.
Pour celles d'Owari, Ysé, Totomi, Harima, Yamato et Yamachiro, la sériciculture n'y est que faiblement représentée.
La production de la zone méridionale est d'environ 4,125,000 kilogrammes de cocons.
Les provinces que je viens de mentionner sont celles dont la soie est un des principaux produits; mais je dois ajouter
que ron élève des vers, sur une très-petite échelle du reste, non-seulement dans les provinces de l'île de Nippon, que je n'ai pas citées, mais encore dans les autres îles de l'archipel japonais.
Les tentatives d'éducation entreprises dans l'île de Yéso ne donnent, à cause de son cUmat rigoureux, que de faibles résultats. Les cocons qu'on y récolte sont blanchâtres, assez gros, bien faits. « Aux îles Liou-Kiou, au contraire, la chaleur a presque toujours été trop intense pour obtenir des résultats avantageux. Quelques habitants de ces îles s'adonnent cependant à l'éducation des vers à soie et tissent euxmêmes des étoffes, dans lesquelles il entre un mélange de soie et de coton. Il n'existe hors de cela aucune manufacture de soieries dans ces îles. » (Traité de Céduoation des vers à soie au Japon ^ traduit du japonais par Léon de Rosny.)
Au Japon, il n'existe de grandes magnaneries que dans les provinces de Mousachi et de Sinchiou, et encore y sontelles fort peu nombreuses et ne datent-elles que de l'époque où commença le commerce des graines. Partout ailleurs, la production de la soie est due à l'industrie des habitants qui , dans les districts séricicoles, se livrent presque tous à l'élève des insectes sétifères.
RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES
Les statistiques japonaises diffèrent tellement les unes des autres qu'il est impossible d'établir, d'après elles, la quantité moyenne des cocons récoltés au Japon. Suivant l'auteur d'une statistique de la production des soies dans ce pays (Annales du commerce extérieur y n° 1454), cette dernière serait de 135,000 balles ou 67,500 piculs, ce qui représente environ 61,320,000 kilogrammes de cocons (le picul = 60'',466, et il faut 15 kil. de cocons pour faire un kil. de soie). Mais selon M. de Bavier, elle atteindrait seulement le chiffre de 36,500 balles , ce qui donne 27,375,000 kilo^ grammes de cocons. Dans son livre . La Chine j son histoire, ses ressources {187 A), M. L. Strauss, consul honoraire de Belgique, dit que le Japon produit annuellement 150,000 balles, qui représentent 100,000 balles de Chine,
Les cocons étant dévidés en grande partie chez les sériciculteurs eux-mêmes, il est tout naturel que le commerce de ces derniers soit à peu près nul dans l'intérieur du Japon.
Quant au commerce d'exportation, que le gouvernement n'autorise que depuis 1866, il ne s'est pas encore étabU d'une manière régulière. Tout laisse croire cependant qu'avec le temps il prendra une certaine extension» En 1869, les envois de cocons de Yokohama furent assez considérables, car ils représentaient une somme de 13,608,000 francs (An-^ nales du commerce extérieur , w 1878).