YUN-NAN
Le climat est trop rigoureux dans cette région, pendant une partie de Tannée, pour que la sériciculture puisse s'y développer. On n'y élève des vers à soie que dans de trèsrares localités. D'après la carte agricole de la Chine, par M. Eugène Simonin (Bulletin de la Société de géographie de Paris, décembre 1871), il se ferait des éducations à Ché-ping, Moung-mien et Yng-yuen-tchéou.
C'est du Sé-tchouan que les habitants du Yun-nan tirent les soies qui leur sont nécessaires.
RENSKIGNEMENTS STATISTIQUES
Malgré les rapports commerciaux constants qui existent entre la Chine et TEuropo depuis une trentaine d'années, il est encore de toute impossibilité de faire la statistique de la production séricicole du Céleste Empire. D'abord la statistique est chose profondément inconnue des Chinois, et, d'un autre côté, il existe un très-grand nombre de districts séricicoles dans l'intérieur de ce pays immense avec lesquels les Européens ne sont pas en relations d'affaires, qu'ils n'ont jamais visités et sur la production desquels ils n'ont que- des renseignements fort vagues. Ainsi toute évaluation de la quantité de soie récoltée dans toute la Chine, rqposant plu tôt sur une approximation fantaisiste que sur des données sérieuses, doit être rejetée comme n'offrant aucun caractère d'exactitude.
On sait quel est le nombre de balles de soie qui s'exportent annuellement de Chang-haï et de Canton, et l'on peut déterminer, d'une manière approximative seulement, le nombre de balles employées par les métiers chinois dans les régions qui entourent ces deux villes, mais de là au chiffre total de la production il y a loin, et il est probable qu'on ne le connaîtra pas de longtemps.
- Au sujet, je ne dirai pas de la quantité de soie qui se produit dans les districts voisins de Chang-haï, mais de la quantité de soie qui s'y vend et qui s'y tisse, car il en vient un certain nombre do balles des provinces intérieures, M. Yveson, marchand de soie résidant dans cette ville, m'écrit ceci :
c( Si l'on peut se lier aux renseignements fournis par les
Chinois, ils emploient dans cette contrée 40,000 balles de soie; d'un autre côté, l'exportation moyenne étant de 45,000 balles, on a un total de 85,000 balles ou 68,000 piculs de soie. Maintenant, 1 picul de soie représentant de 9 à 10 piculs de cocons, la production séricicole dans cette partie de la Chine peut être évaluée à 680,000 piculs de cocons (40,800,000 kilogrammes).
(( Quant au Kouang-toung, il est à peu près impossible de se faire une idée correcte de sa production. Peut-être la quantité de soie récoltée est-elle le double de la quantité exportée de Canton. »
Ainsi en supposant qu'il se tisse dans le pays 15,000 balles de soie et en les ajoutant aux 20,000 balles qui s'exportent en moyenne, on a un total de 35,000 balles ou 44,000 piculs qui représentent 440,000 piculs de cocons (26,400,000 kilogrammes) .
Par conséquent, la récolte des cocons dans les régions qui alimentent les marchés de Chang-haï et de Canton s'élèverait à 67,200,000 kilogrammes, déduction faite de la quantité de cocons que représentent les soies venues de l'intérieur du pays.
On a vu plus haut que, d'après les Annales du commerce extérieur) le Sé-tchouan produirait 25,000 balles environ ; je n'ai pas besoin de répéter que si ce chiffre était vrai, cela tiendrait au hasard bien plutôt qu'à Inexactitude des données d'après lesquelles il a été établi.
Pendant que j'écrivais cet ouvrage, M. Natalis Rondot, dans son rapport intitulé : V Industrie de la soie^ publiait un aperçu de la production de la soie en Chine. Cet essai de statistique a une telle importance que je me permettrai de la reproduire ici en entier*