CHAPITRE X — GÉOGRAPHIE ADMINISTRATIVE
Mpiadidy et fokon'olona. — Le fokon'olona est constitué par l'ensemble des habitants d'un fokon'tany ou quartier. C'est la cellule principale et la plus originale de l'organisation indigène malgache. Son chef est le « mpiadidy » aidé de mpikarakara » ( « ceux qui s'occupent des détails » ) choisis, par le chef de province, sur une liste de trois candidats présentés par le fokon'olona. Le mpiadidy est rétribué par une remise sur le produit des impôts indigènes qu'il fait rentrer. Mais les vrais représentants du fokon'olona sont les notables ou « Ray-amandreny » (les pères et mères).
Le fokon'olona a de multiples obligations et attributions.
Attrihidions de police générale. — Il est chargé de la police du fokon'tany et arrête criminels et vagabonds ; il assure la garde de nuit, empêche les désordres et les rixes, prête son concours en cas d'accidents ou de calamités : inondations, incendies, actes de brigandage, crimes, etc.
Attributions de police rurale. — Il veille à la sécurité des récoltes et troupeaux, protège les bornes des propriétés, les signaux, les poteaux télégraphiques, etc., etc.
Attributions en matière de justice civile. — Il sert d'arbitre et statue en dernier ressort sur les affaires qui lui sont soumises.
Attributions de voirie. — Il est chargé de l'établissement et de l'entretien des chemins d'intérêt local, de l'entretien des rues et ruelles, digues et canaux, puits et fontaines. Ces travaux se font à l'aide de journées de prestation, par quatre journées consécutives, qui peuvent être rachetées. Les sommes provenant de ce rachat servent à l'achat d'outils, à la construction des travaux d'art, etc.
Attribulions en matière de salubrité. — Il doit signaler' les maladies contagieuses qui frappent bêtes et gens et enrayer leur développement.
Attributions en matière d'assistance publique. — Il doit procurer des moyens d'existence aux déshérités et donner une sépulture décente aux étrangers et aux sans-famille. En toutes
circonsta-nces ses membres se doivent aide, assistance et protection.
Prérogatives du fokon'olona. — Par contre, le fokon'olona jouit de certaines prérogatives :
Droit d'usage, de récolte et de parcours, de pêche, d'élevage d'oiseaux aquatiques sur les eaux et les terres domaniales ; ilpeut, de plus, établir des conventions particulières soumises à l'approbation du chef de province, pour mieux assurer la sécurité, la bonne administration et l'assistance dans le fokon'tany. Les infractions à ces conventions sont punies d'amendes dont le montant sert à venir en aide aux indigents.
Responsahilité collective du fokon'olona. — En cas de îiégligence, mauvaise volonté apportée dans l'observation des obligations qui lui incombent, le fokon'olona peut être déclaré collectivement responsable, et des amendes sont infligées à ses membres par le chef de province, sous réserve de l'approbation du Gouverneur général.
Dans les Réglons Côtières.
Sur la côte, l'administration indigène ne diffère que très peu de celle des Hauts-plateaux.
Le gouverneur principal n'y existe pas en tant que rouage administratif.
Le faritany et le gouverneur madinika s'appellent <( canton ')> et « chef de canton » sur la côte 0. et, sur la côte Est : « saina » (pavillon) et « ampitantsaina » (garde de pavillon). Le fokon'tany et le mpiadidy s'appellent « village » et « chef de village ».
Le gouverneur dirige, conseille et contrôle les chefs de canton ; il fait directement, au Trésor, le versement du produit des impôts.
Administration communale.
Les neuf communes. — Neuf centres ont été érigés en communes : Diégo-Suarez, Nossi-Bé et Ste-Marie comme anciens établissements français, Tamatave, Majunga, Finarantsoa, Antsirabe, Tananarive, Tuléar, en raison de l'importance de leur population européenne.