CHAPITRE V. LES COTES
dentée, très échancrée, garnie d'îles, avec d'assez grands fonds à peu de distance du rivage.
Côte Sud. — Les côtes du Sud, soïit au contraire, régulièrement arrondies, sans îles ni baies profondes. Toujours battues des vents et du courant, elles sont inhospitalières et sont généralement constituées par des falaises et de hautes dunes au sommet uniformément horizontal.
Etude détaillée :
Pour plus de commodité dans notre étude nous diviserons les côtes en 5 parties :
V Côte N.-O., du cap d'Ambre au cap St-André.
2° Côte 0., du cap St-André à la baie d'Androka.
3** Côte N.-E., du cap d'Ambre à Ste-Marie.
4" Côte E., de Ste-Marie à Fort-Dauphin.
5° Côte S., de la baie d'Androka à Fort-Dauphin.
l*" Du cap d'Ambre au cap St=André. — Du cap d'Ambre au cap St-André la côte décrit une courbe légèrement concave. Elle est montagneuse, volcanique, très découpée et bordée d'îles, jusqu'à la baie de la Mahajamba ; eUe s'abaisse ensuite et devient plate et nue jusqu'au Cap St-André.
Tout au nord est le Cap d'Ambre, constamment battu par de violents courants, puis la baie de Befotaka (beaucoup de vase) terminée par le cap St-Sébastien ; la baie d'Ambaro (où il y a des arbres « varo ») terminée par la presqu'île d'Ambato (oii il y a des pierres) et Nosy-Faly (île tabouée). En face de Nossi- Bé sont deux baies : la baie de Tsimipaika (où la mer ne déferle pas) entre les pointes d'Ambato et d'Ankify (où il y a des pierres qui en supportent d'autres) et la baie d'Ampasindava (où il y a de longues plages de sable) l'une des plus belles du monde. Au-delà de la baie d'Ampasindava est la presqu'île d'Ajnpasimena (au sable rouge) terminée par le cap Angadroga (où les vagues -mugissent) et offrant, au sommet, la jolie baie d'Ambavatoby (à l'entrée du campement) réduction de la baie de Diégo-Suarez.
La côte continue alors vers le Sud et nous trouvons les baies de Sahamalaza (la vallée célèbre) ou de Radama, et d'Ankabamby ou de Ramanetaka, entre lesquelles se trouvent la presqu'île et la pointe de Barangoma ; la baie de la Loza (la calamiteuse) qui pourrait devenir un magnifique port, la baie de Narenda, la presqu'île de Moromony (où il y a des arbres (( moromony ») terminée par la pointe de même nom, la baie de la Mahajamba (qui aveugle) que comblent peu à peu les apports de la Sofia et de la Mahajamba, la baie de Bombetoke (pour Ampombitokana, au rafia isolé) dans le fond de laquelle s'ouvre le delta sablonneux de la Betsiboka, la baie de Boina, la baie de Maroambitsy (où il y a beaucoup de poissons « ambitsy ») et la baie de Baly.
Cette partie de la côte est celle où il y a le plus d'îles : au N. l'archipel des Mitsio (qui s'élève verticalement), Nosy-Faly, Nossi-Bé (la grande île), vieille colonie française, avec, à côté, Nosy-Komba (l'île des Lémuriens) ou Ambario-Vato (l'île des pierres) l'archipel de Radama avec Berafia (où il y a beaucoup de rafia) Karakajoro (où il y a des jo'ncs dressés) Nosy-Valiha (l'île des bambous) et enfin, en face de la Loza, Nosy-Lava (l'île longue).
Sur cette côte aussi sont les meilleurs ports de l'île : Nossi- Bé et Majunga. La marée s'y fait fortement sentir : elle varie de 2 m. 30 à 4 m. 30 pour Nossi-Bé, et de 3 m. 40 à 5 m. 50 pour Majunga.
Placée en face de la côte d'Afrique, sur une route soumise à l'action des vents du N.-O. qui suivent le courant du canal de Mozambique et que jalonnent les îles de l'archipel des Comores, elle était destinée à recevoir les immigrations africaines et arabes. Aussi, de bonne heure, fut-elle colonisée par des musulmans venus d'Afrique qui bâtirent, en divers points, des villes importantes, encore florissantes au temps où les Portugais la découvrirent, et que ceux-ci détruisirent. On n'en retrouve plus aujourd'hui que les ruines : baie de Baly, baie de la Mahajamba, baie d'Ampasindava (Mahilaka) et on ne sait pas grand chose de ceux qui les édifièrent.