CHAPITRE V. LES COTES
mettent en communication directe avec l'Inde et l'Extrême- Orient, ce qui expliquerait peut-être l'origine des premiers habitants de l'île et le caractère spécial des migrations diverses qui s'y sont succédées. Des relations commerciales se sont établies entre cette côte, la Réunion et Maurice. Enfin, c'est là que venaient naturellement aborder les navires qui doublaient le cap de Bonne-Espérance, avant le percement de l'isthme de Suez.
Du cap d'Ambre à Vohémar (pour Voaymaro, beaucoup de caïmans, ou plutôt « vohimarina » montagne horizontale) la côte est élevée, bordée d'îlots et de récifs. Elle offre un certain nombre d'excellents mouillages. La rade de Diégo-Suarez, sûre et profonde, est une des plus belles du monde. L'entrée en est étroite mais, à l'intérieur, plusieurs escadres pourraient évoluer. Elle comprend quatre baies principales inutilisées et un large gonlet i^itué tout au fond, où se trouvent le port marchand et les établissements militaires. En allant vers le Sud nous trouvons ensuite : la baie de la Loky et la baie de Vohémar, excellent petit port.
De Vohémar à Ste-Marie la côte est rocheuse, élevée. Le cap Est ou Angontsy (où il y a beaucoup de bananes, ou plutôt où
on a la chair de poule) est le point le plus oriental de Mada-
gascar. La baie d'Antongil est vaste mais trop ouverte aux vents du S.-E. Elle est limitée au N. par le cap Masoala, (l'œil de la forêt) à l'extrémité de la presqu'île de même nom, et par le cap Belao. Ensuite est la Pointe à Larrée (nom d'un ancien chef mulâtre) et la baie de Tintingue (ou taintaina, qui a été biûlé) que ferme l'île de Ste-Marie ou Nosy-Boraha (île d'Abraham), île étroite, allongée, terminée par les pointes Albrand (ancien Gom* de Ste-Marie) et Blevec (ancien chef de division navale).
4° De Ste=Marie à Fort= Dauphin. — De Ste-Marie à Farafangana, la côte est ba.sse, marécageuse, boisée, peu salubre. A partir du nord de Tamatave, commencent les lagunes dans lesquelles se jettent de nombreux cours d'eau. En dehors de Tamatave, il n'y a que des rades foraines, en face quelques estuaires dont l'accès est rendu difficile par des barres dangereuses : Andovoranto, Vatomandry, Mananjary, Farafangana.
De Farafangana à Fort-Dauphin la côte se relève, mais elle est toujours dépourvue de baies jusqu'à Ste-Luce et Fort-Dauphin dont la rade est terminée au N. par la pointe d'Itaperina (qui finit la côte).
5° Côte Sud. — La côte Sud décrit, de la baie d'Androka à Fort-Dauphin, une courbe convexe dont le point le plus méridional est le cap Ste-Marie. La côte est aride, inhospitalière, bordée de récifs et de coraux, constamment battue par une mer furieuse. Elle est formée de hautes dunes ou de falaises abruptes dont le sommet a été nivelé par les vents ou l'érosion. Il n'y a ni ports ni rades. Un grand banc de coraux s'étend de la baie d'Androka au cap Ste-Marie. Les naufrages y étaient autrefois très fréquents. A l'Est du cap Ste-Marie est le Faux Cap, ou Cap Itomampy, avec la petite anse des Karimboly.
LECTURE L'île Juan-de-Nova.
« L'île Juan-de-Nova est située ù peu près sur le parallèle « de Beravina, à 80 milles environ de la côte. Elle a la « forme d'un trapèze très aplati. Sa largeur moyenne est de « 1,400 mètres, sa longueur de G kilomètres, avec une super- « ficie de 850 hectares.
« Elle se divise en deux zones : la bande Nord, de 570 « hectares, se compose de sable en trois plissements de dunes « dans les fonds desquelles se trouvent des dépôts de guano.
« La bande Sud est couverte de coraux mêlés à des « broussailles.
« Dans les fortes marées, la mer envahit une partie des fonds « de coraux par une lagune à l'embouchure de laquelle on a « établi des barrages pour la pêche.
« Une petite dune sépare cette lagune de la côte Sud, « garnie de coraux. Un vallonnement de 100 mètres de large « sur 3 kilomètres de long s'étend entre les dunes et les « coraux. Cette partie de l'île est particulièrement propre à « la culture.
« Un récif de corail, découvert à mer basse, entoure l'île « et se prolonge, d'une façon très apparente, au Nord-Est et