CHAPITRE V. LES COTES
« au Nord-Ouest. Ces prolongements Nord-Est et Nord-Ouest « sont en partie recouverts d'un banc de sable légèrement « ondulé.
« Entre les prolongements Nord-Est et Nord-Ouest, le récif,
« formant cuvette, s'abaisse en pente douce depuis le rivage
« jusqu'au large. C'est là que se trouve le meilleur mouillage
« pour les bâtiments de faible tonnage. Ceux-ci sont à l'abri des
« vents du Sud, mais ils doivent choisir un fond de sable, afin
« d'éviter de s'échouer, à marée basse, sur les bancs de coraux,
« qui, du reste, sont faciles à reconnaître, au moins par beau
« temps, car ils forment des taches plus sombres, qui se voient
« distinctement au fond de la mer.
« Lorsque M. le capitaine de vaisseau Le Do visita l'île « Juan-de-Nova, en 1898, celle-ci était habitée, 6 à 8 mois de « l'année, par des pêcheurs de tortues, sujets du roi Alidy, « de Maintirano. Ils venaient, par boutres, dans le courant « de juillet, au nombre d'une trentaine environ, y compris « les femmes et les enfants.
« Les produits de la pêche étaient vendus aux marchands « arabes d'Ambanoro (Nossi-Bé).
« Vn de nos compatriotes s'est, depuis cette époque, rendu
« locataire de l'île pour une durée de 20 ans. Il a installé sur
« le plateau une case en paille avec magasin et séchoir à
« poisson ; dans la vallée, ovi l'on trouve maintenant un jardin
« potager renfermant des choux-fleurs magnifiques, des bette-
« raves, de la salade, des haricots, des tomates, etc., il a fait
« élever des rases pour les indigènes à son service. En outre,
« une étendue de 3 hectares 1/2 de terrain a été consacrée à
« la culture du maïs, des arachides, du mil, du manioc, des
« patates, des haricots malgaches. Des semis de bois d'agré-
« ment, d'arbres fruitiers, de mahabibo, d'orangers, de pa-
« payers, de cocotiers ont déjà donné de bons résultats et
« semblent indiquer que le sol de l'île est favorable à toutes
« les cultures.
« L'herbe pousse un peu partout et il serait peut-être « possible d'y élever un certain nombre de bœufs.
« Les arbres sont assez nombreux. Une essence, appelée 0 Befanfjnna par les indigènes, domine toutes les autres. C'est « avec le bois très sec, provenant de ces arbres que les « pêcheurs d' Alidy faisaient du feu, à la façon des peuplades « sauvages de l'Océauie. Le coton sauvage y pousse en grande « abondance.
« En 1897, la partie Est de l'île était couverte de cadavres d'oiseaux de mer ; M. le capitaine Le Do pensa qu'une épidémie avait dû sévir sur ces animaux. Des nuées de mouettes y viennent couclier chaque soir. On y rencontre encore quelques corbeaux, une espèce de perroquet et quelques chats sauvages. »
L' Danzel d'Aumont.
Bull. Econ. de Madag. 4""* trimestre 1902.
BIBLIOGRAPHIE
Instructions nautiques sur Madagascar et les îles de l'Océan Indien. — Dépôt des caries et plans de la Marine: Editions de 1885-1901 et 1917,