CHAPITRE VII, — VÉGÉTATION
Flore du vent.
La flore du vent est caractérisée par la persistance des feuilles et la densité de la futaie. Elle couvre toutes les surfaces où l'alizé arrive chargé d'humidité, et varie suivant ce degré d'humidité. D'où trois régions, comme nous avons trois sous-climats.
Région de l'Est. — La végétation de l'Est se présente sous plusieurs aspects :
Sur le littoral est une bande discontinue, mais très étroite, où les forêts alternent avec les bosquets et les gazons.
Au-delà sont des marais et des lagunes, où abondent viha et zozoro.
Puis commence la grande forêt, futaie haute de 25 à 30 m., dense, à sous-bois épais, de composition hétérogène, où plantes et animaux sont intimement associés. Résistante au feu, il a fallu le tavy pour la détruire. Trop hétérogène pour être exploitable en vue de l'exportation, elle est d'une merveilleuse ressource pour les besoins locaux. On y trouve toutes les qualités de bois : bois blancs, tendres, résineux, durs, colorés ; bois de construction, de charronnage, de menuiserie, d'ébénisterio ; et, en plus : caoutchouc et gommes diverses, raphia, crin végétal, fibres à chapeaux, cire, etc., etc.
Région du Centre. — La flore du Centre commence à 800 m, d'altitude ; elle n'est autre que la iiore de l'Est modiiiée par l'altitude et l'orientation par rapport au vent. Son feuillage persistant et vson faciès sub-tropical semblent avoir été acquis sous un climiat plus humide et moins froid, plus forestier que le climat actuel. Elle est à peu près dc'auite aujourd'hui.
Quand elle existait on trouvait :
Sur les smfaces exposées à l'alizé, une futaie dense de 15 à 20 m. de hauteur, à sous-bois herbacé ;
Sur les cîmes, une forêt basse, à troncs tortueux, couverte de mousses et de lichens ;
Aux hnides altitudes, imo brousse éricoïde ;
A Vahri de Valizé, une futaie de 10 à 15 m. à sous-bois assez clair ;
Dans les marais, une formation herbacée, pauvre en espèces, qui a donné la tourbe ;
Sur les rocs dénudés, des pelouses à plantes xérophyles, bizarres et gracieuses, formant le lien reliant insensiblement la végétation à feuilles persistantes à la végétation à feuilles caduques.
La destruction de ces forêts s'est faite sans abattage préalable, car, dans son ensemble, elle était très inflammable en temps de sécheresse et de vents persistants. Mais, tandis que, dans l'Est, la culture a commencé par dénuder les vallées, plus fertiles et plus faciles d'accès, le feu a commencé ici par les cimes, les crêtes, plus riches et plus exposées aux vents, ne laissant que des boqueteaux isolés dans les vallées. Ceux-ci, détruits pour la consommation locale ou les tavy, se sont transformés en prairie, pendant que l'érosion creusait d'énormes ravins. La prairie, brûlée à son tour, est devenue de plus en plus pauvre, la latérite, mise à nu, se ravine : c'est la phase actuelle de rimérina et du Betsileo.
Hégion du Sambirano. — La flore du Sambirano est intermédiaire entre celle de l'E. et celle du Centre. La forêt s'étendait autrefois, sans discontinuité, de la montagne à la mer. Celle des alluvions et des bords de cours d'eau a disparu. Sur les pentes à sol profond poussait une futaie superbe, de 25 à 30 m., facilement pénétrable ; il n'en reste que de rares témoins. Sur les collines gréseuses, impropres à la culture, les débris sont plus importants, mais la destruction s'accentue assez rapidement.
La région était autrefois riche en ébène, palissandre, caoutchouc, cire, crin végétal. Aujourd'hui elle ne produit rien.
Flore sous le vent.
La flore sous le vent est caractérisée par la caducité des feuilles et la densité moins grande de la forêt. Elle couvrait tôu-