CHAPITRE VII. — VÉGÉTATION
tes les surfaces où l'alizé arrive privé d'humidité. Mais cette caducité est variable et les moyens de défense des plantes contre la sécheresse sont mal fixés, comme s'ils dataient d'une époque récente moins sèche que la nôtre. De plus cette flore semble avoir, à l'inverse de l'autre, une origine plutôt occidentale. Ici aussi nous avons deux régions, comme nous avons deux sous-climats.
Région de l'Ouest et de DiégoSuarez.
Dans la région de l'Ouest et de Diégo-Suarez, la végétation varie surtout du centre à la côte, et très peu du N. au S. Dans les ailuvions et au bord des cours d'eau croissait une forêt superbe, la plus belle des forêts malgaches, à futaie haute de 25 à 30 m.; mais, croissant dans les sols fertiles, elle a disparu la première. Sur les collines de latérite était une futaie assez claire de 12 à 15 m., très abondante en lianes. Sur les plateaux calcaires, les sols profonds étaient couverts d'arbres de 12 à 15 m., dominés de loin en loin par des baobabs géants, tandis que les rocailles et les (( tsingy » se recouvraient d'une végétation plus basse et de. buissons xérophytes. Sur les collines arénacées, étaient d'abondants tamariniers, et les terrains les plus secs étaient couverts de buissons à xérophytes.
Les forêts ont été détruites lentement, mais sûrement, attaquées sur leurs lisières par le feu. Elles ne subsistent que dans les endroits abrités du vent, ou trop secs, ou trop stériles pour nourrir une prairie dense propageant l'incendie. Elles ont été remplacées par des prairies où poussent quelques rares arbres résistant au feu : Hyphaene ou Sclerocarya. Le peu qui subsiste n'est guère exploitable pour l'exportation en raison de son manque d'homogénéité, mais offre un grand intérêt pour la consommation locale : ébène, palissandre, « hazomalangy », etc.
Sur les terrains siliceux poussaient en abondance des plantes à caoutchouc, mais ces essences sont en grande partie détruites.
Dans les marais, d'innombrables rafias se prêtent encore à l'exploitation.
Région du Sud Ouest. — Le climat plus sec du S.-O. ne permet le développement que de plantes xérophyles. La
végétation des parties humides a été détruite par le feu. La formation qui persiste est extrêmement curieuse car l'adaptation à la sécheresse donne à chaque plante un aspect particulier : accumulation des réserves dans les racines, les tiges, les feuilles ou les rameaux, notamment. C'est le pays des Euphorbiacées et des Didieracées.
Autrefois on y exploitait l'Intisy pour le caoutchouc, mais cette espèce est presque détruite. La cueillette de l'orseille est abandonnée.