‹ Geographie De StrabonChapitre 101 sur 181 · LIVRE lU · texte numérisé non relu

LIVRE lU

priétaire en trois jours la valeur d'un talent euboïque. Pour ce qui est de l'étain, Posidonius nie qu'on le recueille à la surface du sol, ainsi que les historiens se plaisent à le répéter, et, suivant lui , c'est uniquement des mines qu'on l'extrait, ce sont des mines d'étain,'par exemple, qui se trouvent dans le pays de ces Barbares au-dessus de la Lusitanie et dans les îles Gassitérides , ainsi que dans les autres îles Britanniques, d'où Massalia tire aussi beaucoup d'étain. Lui-même pourtant nous signale chez les Ârtabres, à l'extrémité nord-ouest de la Lusitanie^ la présence superficielle de minerais d'argent , d'étain et d'or blanc ou d'or mêlé d'argent; il ajoute que le sable des rivières en est aussi chargé et que , pour l'extraire , les femmes ratissent soigneusement ce sable et le lavent ensuite dans des espèces de sas ou de tamis tressés à la façon des paniers ^ Ici s'arrête ce qu'a dit Posidonius des mines de Tlbérie..

10. Polybe, à son tour, nous parle, en décrivant Garthagela-Neuve, de mines d'argent, très-considérables, situées à 20 stades environ de cette ville et mesurant 400 stades de circuit : ces mines, qui occupaient de son temps, et cela tout le long de l'année, une population de 40 000 ouvriers, rapportaient à la République romaine 25 000 drachmes par jour. Sans entrer dans tous les détails métallurgiques que donne Polybe (ce qui nous mènerait trop loin), ngus rappellerons seulement ce qu'il dit de la pépite argentifère que roulent les eaux des rivières : après Tavoir pilée, on la passait au crible sur l'eau ; le sédiment était pilé de nouveau et lavé encore à grande eau; puis l'on recommençait à piler le sédiment de la seconde opération et ainsi de suite ; enfin, à la cinquième, on faisait fondre le sédiment, le plomb se séparait sous l'action de la chaleur et dégageait en même temps l'aident complètement purifié. Les mines d'argent des environs de Garthage-Ia-Neuve sont aujourd%uî encore en pleine exploitation ; mais, comme toutes les autres mines d'argent situées eulbérie, elles ont cessé d'appartenir k l'État

1. Elç >ti«m|v. — Voy. MûUer, Index var. lect., p. 953, col. 1, 1. 70. Cf. Meiaeke, Vind. Strab,, p. 22.

ponr passer aux mains de particuliers ; les mines d'or senles sont demeurées ponr la plupart propriétés de TÉtat. Nons ajouterons qu'il existe à Gastlon et en d'autres lieux des mines de plomb d'une nature particulière, dont les filons cachés à une grande profondeur contiennent aussi de Targent, en trop petite quantité toutefois pour qu'il y ait profit à le séparer du plomb par l'affinage.

11. Enfin, non loin de Gastlon, s'élève une montagne (la même d'où Ton fait descendre le Bœtis) qui a reçu le nom de mont Argyrûs à cause des mines d'argent qui s'y trouvent. Polybe fait venir le Baetis comme l'Anas de la Celtibérie, bien que ces deux fleuves soient séparés l'un de l'autre par un intervalle de 900 stades environ, mais c'est que, par suite de l'accroissement de leur puissance, les Geltibères avaient fini par étendre leur nom de proche en proche à tout le pays environnant. Anciennement, à ce qu'il semble, on désignait le Bœtis sous le nom de Tartessos, et Gadira, avec le groupe d'iles qui l'avoisinent, sous le nom à!Erythea , et l'on explique ainsi comment Stésichore, en parlant du pasteur Géryon, a pu dire qu'il était né *;

« Presque en face de Tillustre Erythie, non loin des sources profondes du Tartesse, de ce fleuve à tête d'argent, né dans les sombres entrailles d'un rocher. »

On croit* aussi que, comme le Bœtis a une double embouchure et qu*il laisse un grand espace de terrain entre ses deux branches, les anciens avaient bâti là dans l'intervalle une ville nommée Tartessos ainsi que le fleuve lui-même, et qui avait donné à toute la contrée occupée aujourd'hui par les Turdules le nom de Tartesside. Eratosthène, il est vrai, prétend qu'on appelait Tartesside uniquement le canton adjacent au mont Galpé' et que le nom d'Erythea désignait l'une des îles Fortunées. Mais Artémidore contredit formellement cette assertion^ et, à l'entendre, Eratosthène s'est grossièrement trompé sur ce point, tout comme il s'est trompé en affirmant que de Gadira au Promontoire

1. cf. Bergk. Poc^^l/r., p. 636. — 2. Voy Meineke, Vmâ. Sirab.,^. 22-23.

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