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fleuve, de façon à être maître de son cours et à être toujours libre de faire arriver par cette voie jusqu'à son armée les approvisionnements nécessaires : ces deux villes naturellement sont les plus fortes de toutes celles qui bordent le Tage. Ce fleuve, déjà très-poissonneux, abonde aussi en coquillages. U prend sa source chez les Geltibères et traverse successivement le pays des Vettons, et ceux des Garpétans et des Lusitans, en se dirigeant au couchant équinoxial. Jusqu'à un certain point de son cours, il coule parallèlement à TAnas et au Bœtis; mais, plus loin, sa direction s'écarte de la leur, ces deux fleuves se détournant alors vers la côte méridionale.
2. Des peuples dont nous avons parlé plus haut comme habitant au-dessus des montagnes % les plus méridionaux sont les Orétans, qui s'avancent même jusqu'à la côte dans la partie de l'Ibérie comprise en dedans des Colonnes d'Hercule. Au N. de ceux-ci, maintenant, on rencontre les Garpétans, et plus loin les Yettons et les Yaccéens, dont le territoire est traversé par le Durius : c'est à Acoutea^ en effet, ville des Yaccéens, qu'on passe habituellement ce fleuve. Yiennent enfin les Gallaîques, qui occupent une grande partie des montagnes, et qui, ayant été pour cette raison plus difficiles
à vaincre, ont mérité de donner leur nom au vainqueur des ' Lusitans et ont fini même aujourd'hui par retendre et l'imposer à la plupart des peuples de la Lusitanie. Les villes principales de l'Orétanie sont Gastalon' et Oria ^.
3. Au N. du Tage, s'étend la Lusitanie, qu'habite la plus puissante des nations ibériennes , celle de toutes qui a le plus longtemps arrêté les armes romaines. Gette contrée a pour bornes, au midi le Tage , à l'ouest et au nord l'Océan, et à l'est les possessions des Garpétans, des Yettons, des Yaccéens et des Gallaîques, pour ne parler que des peuples connus, car il y en a d'autres qui ne méritent pas d'être nommés, vu leur peu d'importance et leur obscurité. '
1. Ta TGû'Ava ùictçxeliitvo opt) (lîv. III, ch. Il, % 3) Voy. Mùller : Inàtx var. lect,
S. 955, col. 1, 1. 22.— 2. XxoûTtiav au lieu de Xxovrîav, corrpctioîi mise hors de oute par ce passage d'Etienne de Byzance : AxoûTtia -koKi^ *i6vipia«, xaôà 2Tpâp«v Iv to Tf-iTO. — 3. Voy. Mûller. tbtd., p. 955, col. 1, lig. 28 — 4. Peut-être Orisia d'après Etienne de Byzance.
îbO GÉOGRAPHIE DE STRABON.
Contrairement à ce que nous venons de dire, quelques auteurs modernes' comprennent parmi les peuples lusitans ces tribus limitrophes elles-mêmes* Ajoutons alors que ces tribus confinent; du côté de l'est, les callaïques à la nation des Âstures et à celle des Geltibères, et toutes les autres à la Geltibérie. La longueur de la Lusitanie [jusqu'au cap Nerium]' est de 3000 stades; quant à la largeur, laquelle se mesure de la limite orientale à la côte qui lui fÎEdt face, elle est beaucoup moindre. Toute la partie orientale est élevée et âpre, mais^ au-dessous jusqu'à la mer, le pays ne forme plus qu'une plaine à peine interrompue par quelques montagnes de médiocre hauteur. Aussi Posidonius désapprouve-t-il Aristote d'avoir attribué le phénomène des marées à la disposition de cette côte et de celle de la Maurusie^ comme si le reflux de la mer était dû à l'élévation et à la nature rocailleuse de ces extrémités de la terre habitée, qui recevant le flot durement, devraient naturellement le renvoyer de même : les côtes d'Ibérie en effet, et Poëidonius le fait remarquer avec raison, n'offrent presque partout que des dunes fort basses'.
4. La contrée que nous décrivons est riche et fertile; des % cours d'eau, grands et petits, l'arrosent, qui viennent tous de l'est et coulent parallèlement au Tage ; la plupart peuvent être remontés, et charrient des paillettes d'or en trèsgrande quantité. Les plus connus de ce&cours d'eau k partir du Tage sont le Mundas * et la Vacua, qui n© peuvent être l'un et l'autre remontés qu'à une faible distance. Yient ensuite le Burins, dont la source est très-éloignée, et qui baigne Numance ou Nomantia et mainte autre place appartenant soit aux Geltibères soit aux Vaccéens; les gros bâtiments eux-mêmes peuvent le remonter Teispace de 800 stades environ. On franchit encore d'autres cours d'eau, puis l'on atteint le Léthé. Ce fleuve que les auteurs appellent aussi
1. Ti vûv au lieu de toIç vûv. — 2. Au lieu de la leçon des Mss. tb \t.tv ovv |a^xo; liu^ittv xal T^ioxi-^^ov <"«^* M. MÛller propose : t. (t. o. (a. h-^X^i^ ou tu; Nc^iou
TDwx- — 3. Voy. sur tout ce passage la longue note de M. Meineke {Vind, . Strâb.f p. 26.)* — 4* La leçon des Mss. est 3ïuliadas,