‹ Geographie De StrabonChapitre 107 sur 181 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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tantôt le LimœaSy et tantôt TOblivio^ descend également de la Geltibërie et du pays des Yaccëens. Il en est de même du Bannis qui lui succède : le Bœnis, ou Minius, comme on l'appelle quelquefois, est de tous les fleuves de la Lusitanie le plus grand de beaucoup et il peut être, comme le Durius, remonté l'espace de 800 stades. Posidonius, lui, le fait venir, ainsi que le Durius^dupaysdAS Gantabres. Son embouchure est commandée par une île et protégée par une double jetée, à l'abri de laquelle les vaisseaux peuvent mouiller. Notons ici une disposition naturelle très-heureuse , c'est que le lit de tous ces cours d'eau est si profondément encaissé qu'il suffit même à contenir les flots de la marée montante, ce qui prévient les débordements et empêche que les plaines environnantes soient jamais inondées. Le Baenis fut le terme des opérations deBrutus; mais on trouverait plus loin encore d'autres cours d'eau coulant parallèlement aux précédents.

5. Les derniers peuples de la Lusitanie sont les Artabres, qui habitent près du cap Nerium. Dans le voisinage du même cap, qui forme l'extrémité à la fois du côté occidental et du côté septentrional de Tlbérie, habitent les Celtici, proches parents de ceux des bords de l'Anas. On raconte en effet qu'une bande de ces derniers, qui avait entrepris naguère une expédition en compagnie des Turdules contre les peuples de cette partie de Tlbérie , s'étant brouUlée avec ses idliés dès la rive ultérieure du Limseas, et, ayant perdu en même temps, pour comble de malheur, le chef qui la commandait, se répandit dans le pays et se décida à y demeurer, ce qui fit donner au Limaeas cette dénomination de fleuve du Léthé ou de VOubli. Les villes des Ârtabres sont agglomérées autour d'un golfe connu des manas qui pratiquent ces parages sous le nom déport des Artabres, Aujourd'hui pourtant on donne aux Artabres plus volontiers

i, 'OffXiouiôva (Obîivioném) au lieu de BiXiôva, correction très-probable de Xylander. Voy. Pline IV, 35 et ITI, 1. Mais à ce compte nous avons peut être là le même nom 4ans trois langues différentes, et Ltmasas, dans la langue eu. pays, signifiait peut-être aussi le fleuve de l'Oubli, — 2. Voy. MtUier : /fxu» «or. lect.y p. 955, col. 2, lig. 1 et Index nom, rerumque, t. Bmntt,

le nom à'Ârôtrebes. — Trente* peuples différents habitent la contrée comprise entre le Tage et la frontière des Artabres; mais, bien que cette contrée soit naturellement riche en fruits et en bétail , ainsi qu'en or, en argent et en autres métaux, la plupart de ces peuples ont renoncé à tirer partie de ces richesses naturelles pour vivre de brigandage ; de tout temps, en effet, ils ont vécu en guerres soit entre eux, soit avec leurs voisins d'au delà du Tage, jusqu'à ce que les Romains aient mis fin à cet état de choses en faisant descendre les peuples de la montagne dans la plaine et en réduisant la plupart de leurs villes à n'être plus que de simples boui^s, en même temps qu'ils fondaient quelques colonies au milieu d'eux. C'étaient les montagnards, comme on peut croire^qui avaient commencé le désordre : habitant un pays triste et sauvage, et possédant à peine le nécessaire, ils en étaient venus à convoiter le bien de leurs voisins. Ceux-ci, de leur côté, avaient dû, pour les repousser, abandonner leurs propres travaux, et, comme ils s'étaient mis eux-mêmes à guerroyer, au lieu de cultiver la terre, leur pays, faute de soins, avait cessé de rien produire, voire même les fruits qui lui étaient naturels, pour devenir un vrai repaire de brigands.

6. Les Lusitans, à ce qu'on dit, excellent à dresser des embuscades et à éclairer une piste ; ils sont agiles, lestes et souples. Le bouclier dont ils se servent est petit, n'ayant que deux pieds de diamètre, la partie antérieure en est concave, et ils le portent suspendu à leur cou par des courroies, on n'en voit pas qui ait d'anse ou d'agrafes. Us sont armés en outre d'un poignard ou coutelas^ ; la plupart ont des cuirasses de lin, d'autres, mais en petit nombre, portent la cotte de mailles et le casque à triple cimier; généralement leurs casques sont de cuir. Les fantassins ont aussi des cnémides, et tiennent à la main chacun plusieurs javelines ; quelques-uns se servent de lances à pointe d'airain'.

1. Quelques Mss. portent cinquante, Pline compte quarante-six peuples en Lusitanie, IV, 35. — 2. Il est probable, comme dit Kramer, que, dans le texte primitif, la mention de Tépée à double tranchant, (itpoc ditf laroiiov, décrite par Diodore (V, 54), précédait celle du poignard, ica^a^f i^.

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