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On ajoute que, parmi les peuples riverains du Durius, il en est qui vivent à la façon des Lacédémoniens, se frottant d'huile et se servant d'étrillés* et d'étuves chauffées à Taide de pierres rougies au feu, puis se baignant dans Teau froide et ne faisant jamais qu'un seul repas, très-proprement apprêté, il est vrai, mais d'une extrême frugalité. Les Lusitans font de fréquents sacrifices aux dieux, et examinent les entrailles, sans les arracher du corps de la victime ; ils observent aussi les veines de la poitrine, et tirent en outre certaines indications du simple toucher. Ils consultent même dans certains cas les entrailles humaines, se servant à cet effet de leurs prisonniers de guerre, qu'ils revêtent au préalable de saies pour le sacrifice, et, quand la victime tombe éventrée de la main de l'haruspice, ils tirent un premier avertissement de la chute même du corps. Souvent aussi ils coupent la main droite à leurs captifs et en font offrande aux ddeux.
7. Tous ces montagnards sont sobres, ne boivent que de l'eau et couchent sur la dure ; ils portent les cheveux longs et flottants à la manière des femmes, mais, pour combattre, ils se ceignent le front d'un bandeau. Ils se nourrissent surtout de la chair du bouc. Dans leurs sacrifices au dieu Mars, ils immolent aussi des boucs, ainsi que des prisonniers de guerre et des chevaux. Ils font en outre des hécatombes de chaque espèce de victime, à la façon des Grecs ^. Us célèbrent des jeux gymniques, hoplitiques et hippiques, dans lesquels ils s'exercent au pugilat et à la course, et simulent des escarmouches et des batailles rangées. Les trois quarts de l'année, on ne se nourrit dans la montagne que de glands de chêne, qui, séchés, concassés et broyés, servent à faire du pain. Ce pain peut se garder longtemps. Une espèce de bière faite avec de l'orge y est la boisson ordinaire; quant au vin, il est rare, et le peu qu'on en fait est bientôt consommé dans ces grands banquets de famille
i, [x«l Ç6(rTp]«i« au lien do ftç, eorreetion de M. Mûller. Voy. Index var. lect,^ p. WS, col. 2, 1. 24. Cf. Meioeke, Vind. Stràb.j p. 28. — 2. .10? »«l niv^àpiç fi)«t « ndvra e&iiy kx9.xév, » Oloso évideiite dénoncée par M. Meineke, ibid.t p. 29.
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si fréquents chez ces peuples. Le beurre y tient lieu d'huile. On mange assis; il y a pour cela des stalles en pierre, qui régnent tout autour des murs et où les convives prennent place suivant l'âge et le rang. Les mets circulent de main en main. Tout en buvant, les hommes se mettent à danser, tantôt formant des chœurs au son de la flûte et de la trompette, tantôt bondissant un à un à qui sautera le plus haut en Tair et retombera le plus gracieusement à genoux ^ Dans la Bastétanie, les femmes dansent aussi mêlées aux hommes, chacune ayant son danseur vis-à-vis, à qui elle donne de temps en temps les mains*. Tous les hommes sont habillés de noir , ils ne quittent pas à proprement parler leurs saies, s'en servant même en guise de couvertures sur leurs lits de paille sèche : ces manteaux, comme ceux des. Celtes, sont faits de laine grossière ou de poil de chèvre '. Quant aux femmes, elles ne portent que des manteaux et des robes de couleur faites d'étoffes brochées. Dans l'intérieur des terres, on tie connaît, à défaut de monnaies, que le commerce d'échange, ou bien on découpe dans des lames d'argent de petits morceaux qu'on donne en payement de ce qu'on achète. Les criminels condamnés à mort sont précipités; mais les parricides sont lapidés hors du territoire, par delà la frontière la plus reculée^. Les cérémonies du mariage sont les mêmes qu'en Grèce. Les malades, comme cela se pratiquait anciennement chez les Assyriens ', sont exposés dans les rues pour provoquer ainsi les conseils de ceux qui ont été atteints des mêmes maux. Antérieurement à l'expédition de Brutus, ces peuples ne se servaient que de bateaux de cuir pour traverser les œstuaires et étangs de leur pays ;
1. Quelque chose comme le saut des Basques: Cf. Meineke, i5ti., p. 29. »
ayTt^«|x6., correction de M. MÛller. — 3. XTi^ai$o»oiToû(nv* l^lvou; iï ^ alYtloi< xeOvToi (se. (rà-^oi<i) au lieu de tn- xY)pivoi< ^i i-ry*'®^? X* Correction des plus ingénieuses due encore àM.MûUer.Voy. Index var, lect., p. 955 et 956.-4. U« tûv opuy Tûv dicutrâTti), Conjecture de M. Mûller, au lieu de tQv icoraji-Av. M. Meineke supprime ces derniers mots purement et simplement. Voy. Vind, Strah,f p. 30, —'5. Les Msi, portent EgifptierUy mais Terreur est évidente.
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aujourd'hui ik commencent aussi à avoir des canots creu-* ses dans nn seul tronc d'arbre^ mais l'osage en est encore peu répandu. Le sel qu'ils recueillent est rouge poui^ pre, seulement il devient blanc quand il est écrasé. Tel est le genre de vie de tous les montagnards, et, conmie je l'ai déjà dit, je comprends sous cette dénomination les différents peuples qui bordent le c6té oriental de llbérîe jusqu'au pays des Yascons et au Mont Pyréné, à savedt les Gallaïques, les Astures et les Gantabres, qui ont ton» ei effet une manière de vivre uniforme : je pourrais sans doute faire la liste de ces peuples plus longue, mais je n'en ai pas le courage et je recule, je l'avoue, devant l'ennui d'une transcription pareille , n'imaginant pas d'ailleurs que per* sonne puisse trouver du plaisir à entendre des noms comme ceux des Pleutaures *, des Bardyètes, des AUobriges et d'autres moins harmonieux et moins connus encore.
8. Au surplus, ce n'est pas seulement la guerre qui a engendré chez ces peuples ces mœurs rudes et sauvages,. elles tiennent aussi à l'extrême éloignement oii leur pays se trouve des autres contrées, car pour y arriver soit par terre, sdt par mer, il faut toujours faire un chemin très-long, et naturellement, cette difficulté de communication leur a fait perdre toute sociabilité et toute humanité. Il faut dire pourtant qu'aujourd'hui le mal est moins grand par suite du rétablissement de la paix et des fréquents voyages que les Romains font dans leurs montagnes. Restent quelques tribus* qui ont jusqu'ici moins participé que les autres à ce double avantage, celles-là ont conservé un caractère plue farouche, plus brutal, sans compter que chez la plupart d'entre elles cette disposition naturelle a pu se trouver augmentée encore par Tâpreté des lieux et la rigueur du climat^. Mais, je le répète, toutes les guerres se trouvent
1. Par analogie avec les Artabres et les Gantabres, dont le nom pa/ait soBvent dans les Nss^ sous la forme Kâvraupoi, M- Millier croit qae ce nom, d'aiUeurs inconnu, pourrait bien être nXeûxaSpoi au lieu de nXràToupou Voy. Ind, var. leet,, p. 956, coi. 1, 1. 42. — 3. Kal à%6 tûv tâicuv Xu«p6Ti|teç lvlot< xal xfiv Ai^,
au lieu de xal xQv à^&Vf correction de M. Meineke. Voy. Vind* Sirab., p. 80.
aujourd'hui terminées; les Gantabres eux-mèine$, qui de, tous ces peuples étaient les plus attachés à leurs habitudes de brigandage, ont été réduits par César-Auguste, ainsi que les tribus qoii les avoisinent, et, au lieu de dévaster comme par le passé les terres des alliés du peuple romain, il& portent maintenant les armes pour les Romains mêmes : tel est le cas aussi des Goniaci *, [des Aruaci], qui habitent [la ville de Segida^],aux sources de TÈbre, [desBelli et des Tytthi] '.De plus, Tibère a, sur l'indication d'Auguste, s'bn prédécesseur, envoyé dans ces contrées un corps de trois légions, dont la présence se trouve avoir beaucoup fait déjà, non-seulement pour pacifier, mais encore pour civiliser une partie de ces peuples.