LIVRE III
par quelques tribus d'Édétâns, et dans le reste par la nation des Indicètes, laquelle est partagée en quatre tribus.
2. Reprenons maintenant du mont Galpé pour décrire toute cette côte en détail. Tout le long de la Bastétanie et du territoire des Orétans règne une chaîne de montagnes couverte de hautes et épaisses futaies, qui forme la séparation entre le littoral et la région intérieure : cette chaîne, en maint endroit, possède aussi des mines, des mines d'or et d'autres métaux. La première vile qu'on rencontre dans cette partie de la côte estMalaca. Située juste à la même distance de Galpé que Gadira, Malaca est Yemporium ouïe marché que fréquentent de préférence les peuples numides* de la côte opposée. II s'y trouve d'importants établissements de salaisons. Quelques auteurs pensent que cette ville n'est autre que Msenacé, que la tradition nous donne pour la plus occidentale des colonies phocéennes, mais il n'en est rien. L'emplacement de Mœnacé, ville aujourd'hui ruinée,, se trouve à une distance plus grande de Galpé, et, d'ailleurs, le peu de vestiges qui en restent dénotent une ville hellé-> nique , tandis que Malaca, en même temps qu'elle est plus rapprochée de Galpé, a la physionomie complètement phénicienne. Vient ensuite la cité des Exitans, qui a donné son nom aussi à un genre de salaisons estimées.
3. Abdères, qui lui succède, est également d'origine phénicienne. Au-dessus de cette ville, maintenant, dans la mon* tagne, se trouve, dit-on, Odyssea, la ville d'Ulysse, avec le temple de Minerve qui en dépend. Posidonius affirme le fait, ainsi qu'Artémidore et Asclépiade deMyrlée, grammairien connu pour avoir professé chez les Turdétans et pour avoir publié sous forme de relation de voyage une description des peuples de ces contrées. Ge dernier auteur ajoute que les parois du temple de Minerve à Odyssea supportent encore les boucliers et les éperons de navire qui y furent fixés anciennement en commémoration des erreurs d'Ulysse. H veut aussi qu'il y ait eu chez les Gallaïques.un établissement formé par
t. NeuiMi aa Uea de vai^oK que portent les Mss., correction de Tyrwhitt.
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quelques-uns des compagnons de Teucer, et rappelle en même temps qu'on voyait naguère en ce pays deux villes ap^ pelées Tune Hellènes et l'autre Amphilochi, ce qui semblerait prouver qu'Amphilochus était venu mourir ici, et que ses compagnons, continuant d'errer à Taventure, avaient poussé plus loin jusque dans l'intérieur des terres. Suivant une autre tradition recueillie par le même auteur, quelquesuns des compagnons d'Hercule auraient également fondé un établissement en Ibérieill y serait venu aussi une colonie messénienne. Enfin Âsclépiade et d'autres auteurs nous parlent d'une bande de Lacédémoniens qui auraient occupé une partie de la Gantabrie. Ajoutons qu'il se trouve dans la même contrée une ville du nom d'Opsicella [ou d'Ocela'], qui passe pour avoir été fondée par Ocelas, l'un des héros qui accompagnaient Anténor et ses enfants lors de leur passage en Italie. En Libye, d'autre part, s'il faut ajouter foi aux rapports des marchands. Gadirites, comme ont fait certains auteurs que nomme Artémidore , il existe réellement au-dessus de laMaurusie, et dans le voisinage des Éthiopiens occidentaux , des peuples appelés Lotophages parce qu'ils se nourrissent de la plante et racine du lotoSj laquelle les dispense de boire ou plutêt leur tient lieu de boisson, le pays qu'ils habitent et qui se prolonge jusqu'au-dessus de Cyrène étant complètement dépourvu d'eau. Ce ne sont même pas là les seuls Lotophages^ car on donne ce nom aussi aux habitants de l'île Méninx, l'une des deux îles qui commandent l'entrée de la Petite Syrte.
4. On conçoit donc parfaitement que l'imagination d'Homère ait pu, modifiant sur ce point les traditions relatives aux erreurs d'Ulysse, transporter par delà les Colonnes d'Hercule, en pleine mer Atlantique, une partie des aventures du héros (car ici, tant par le choix des lieux que par les autres circonstances, la fiction s'écartait assez peu des données positives de l'histoire pour paraître presque vrai-