‹ Geographie De StrabonChapitre 116 sur 181 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

résulte qae, quand les historiens grecs nous font défaut, les autres ne nous offrent pas grande ressource pour combler la lacune. Ajoutons que presque partout les noms les plus illustres sont des noms grecs d'origine. Le nom d'Ibérie est de ceux-là, et, suivant certains auteurs, les anciens Grecs ravalent donné à tout le pays à partir du Rhône et de l'isthme qui se trouve resserré entre les golfes Galatiques, tandis que, aujourd'hui, on regarde le Mont Pyréné comme la limite de Tlbérie, en même temps qu'on fait des noms d'Ibérie et d'Hispanie deux noms équivalents. Suivant d'autres, le nom d'Ibérie n'aurait désigné d'abord que la région âtuée en deçà de l'Ëbre ou l'ancien pays des Iglètes, ainsi appelé du nom d'un peuple qui pourtant, au dire d'Asclépiade de Myrlée, n'occupait qu'un territoire relativement peu étendu. Puis sont venus les Romains qui, en même temps qu'ils ont appelé la contrée tout entière indifféremment Ibérie et Hispanie, l'ont partagée en province Ultéirieure et province Gitérieure, se réservant de modifier en-^ core par la suite la division administrative du pays, suivant que les circonstances l'exigeraient.

20. Et c'est ce qui vient d'arriver : en vertu du partage récemment fait des provinces entre le Peuple et le Sénat d'ime part et le Prince de l'autre, laBétique se trouve attribuée au peuple, et l'on envoie pour administrer la nouvelle province, dont la limite orientale passe dans le voisinage de Gastlon, un préteur assisté d'un questeur et d'un légat . Mais le reste de l'Ibérie appartient à César, qui y envoie pour le représenter deux légats , l'un prétorien, l'autre consulaire : le prétorien, assisté lui-même d'un légat, est chargé de rendre la justice aux Lusitans , c'est-à-dire aux populations comprises entre la frontière de la Bétique et le cours du Durius jusqu'à son embouchure, car toute cette partie de l'Ibérie, y compris Emerita-Augusta, a reçu le nom spécial de Lusitanie. Tout ce qui est maintenant en dehors de la Lusitanie (et c est la plus grande partie de ribérie) est placé sous le commandement du légat consulaire, qui dispose de forces considérables, puisqu'il a sous

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ses ordres trois légions environ et jusqu'à trois légats. L'un de ces légats, à la tête de deux légions, garde et observe toute la contrée située par delà le Darius dans la direction du nord, c'est-à-dire la Lusitanie des anciens, appelée aujourd'hui la Calldique^ et, avec cette contrée, les montagnes qui la bordent au nord et qu'habitent les Astures et les Gantabres. Le territoire des Astures est traversé par le fleuve Melsas; un peu plus loin est la ville de Naega, puis, tout près de Nœga, s'ouvre un œstuaire formé par l'Océan, qui marque la séparation entre les deux peuples. Toute la suite de la chaîne jusqu'au Mont Pyréné est sous la garde spéciale du second légat et de l'autre légion. Quant au troisième légat, il surveille l'intérieur du pays et contient [par sa seule présence] les togatiy comme qui dirait les populations pacifiées, lesquelles semblent en effet avoir pris avec la toge romaine la douceur de mœurs, voire même le caractère et le génie des Italiens. Ces populations sont celles de la Geltibérie et des deux rives de TEbre jusqu'au littoraL Enfin, le préfet même, le légat consulaire se tient durant l'hiver dans la partie maritime de la province, à Carthage surtout et à Tarracon, double siège de son tribunal ; puis, quand vient l'été, il part pour sa tournée d'inspection, pendant laquelle il relève au fur et à mesure sur son passage tous les abus qu'il est urgent de réformer. Ajoutons qu'il y a dans la province des procurateurs de César, toujours pris parmi les chevaliers, et qui sont chargés de distribuer aux troupes l'argent nécessaire à leur entretien.

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