‹ Geographie De StrabonChapitre 139 sur 181 · LIVRE V. h · texte numérisé non relu

LIVRE V. h

par un inconvénient grave : le pays est malsain, Tété, et il Test surtout dans les cantons les plus fertiles. De plus, les mêmes cantons sont exposés aux incursions continuelles des montagnards, lesquels sont connus aujourd'hui sous le nom de Diagesbéens * , après l'avoir été longtemps sous celui de lolaéens; car on prétend que lolaûs visita ces parages en compagnie de quelques Héraclides et qu'il s'établit au milieu des populations barbares de l'île, toutes d'origine tyrrhénienne. Dans la suite, ces peuples furent assujettis par les Phéniciens, les Phéniciens de Garthage ; ils leur prêtèrent naturellement leur concours lors des guerres de Garthage contre Rome; mais, les Carthaginois ayant été vaincus, l'île entière passa sous la domination romaine. Les populations de la montagne forment quatre nations ou tribus principales : les Parâtes, les Sossinates, les Balares et les Aconites. Ces barbares habitent le creux des rochers et ne se donnent pas la peine d'ensemencer ce qu'ils possèdent de bonnes terres, aimant mieux dévaster celles des populations agricoles de l'île même ou de la côte située vis-à-vis, de la côte de Pisatide surtout où ils font de fréquentes descentes. Les préteurs romains qu'on envoie dans l'île s'opposent bien quelquefois à ces déprédations , mais quelquefois aussi ils s'abstiennent de le faire, vu l'inconvénient grave qu'il y aurait à entretenir d'une façon permanente un corps de troupes dans des localités insalubres. Il leur reste, d'ailleurs, la ressource d'user de certains stratagèmes; ils épient le moment, par exemple, où, après une expédition productive, ces barbares se rassemblent pour passer, suivant la coutume nationale, plusieurs jours de suite en réjouissances et en festins y et, fondant sur eux à l'improviste, ils en enlèvent un grand nombre. — La Sardaigne produit une race de béliers qui ont, au lieu de laine , des poils semblables à ceux des chèvres; on les appelle miLsmonSy et les naturels se servent de leurs peaux en guise de cuirasses. La pelUj ou bouclier rond, et la dague complètent l'armure.

1. Voy. Ind. tar. lecL^ p. 969, col. 1,1. 40, l'usage que M. MÛller a fait de ce nom inconnu pour corriger un passage désespéré d'ÉUenne de Byzance.

8. De toute la côte comprise entre Poplonium et Pise on aperçoit passablement bien les trois îles dont nous venons de parler : elles sont de forme allongée et presque parai* lèles entre elles, étant tournées toutes les trois vers le midi^ autrement dit du côté de la Libye; mais, sous le rapport de, rétendue, iEthalie est bien inférieure aux deux autres. Du' point le plus rapproché de la côte de Libye, le trajet jusqu'en Sardaigne est de 300 milles*, au dire du C horographe, La ville de Gossœ*, qui succède à Poplonium, est située un- peu au-'dessus de la mer. On aperçoit au fond d'un golfe un mamelon d'une certaine hauteur; c'est là, sur ce mamelon, qu'est bâtie la ville; le port d'Hercule est au pied, et il y a dans le voisinage une lagune ainsi qu'un thynnoscopeum placé au bord du promontoire gui domine le golfe; car les thons, alléchés non-seulement i>ar les glands, mais aussi par le murex j rangent la terre de très-près depuis la mer Extérieure jusqu'à la Sicile. Si maintenant nous longeons la côte entre Gossœ et Ostia, nous voyons s'y succéder les petites places de Gravisci, de Pyrgi, d'Alsium et de Fregena. Il y a 300 stades de Gossœ à Gravisci, et dans l'intervalle se trouve une localité appelée Regis-Vilk, laquelle passe pour avoir servi de résidence à un ancien chef pélasg^ nommé Maleus', qui, après avoir rég^é un certain temps sur une colonie pélasgique établie en ce lien, serait parti de là pour se rendre à Athènes. G'étaient aussi des Pélasges,on Ta vu, qui avaient fondé Agylla. Un peu moins de 180 stades sépa^ rent Gravisci de Pyrgi. La port de Cs&cé n'est qu'à 30 stades en deçà de cette dernière ville et contient un temple d'Ilythie, de fondation pélasgique, temple naguère fort riche, mais qui fut pillé par Denys, tyran de Sicile, lors de son expédition contre Gymos. Enfin l'on compte 260 stades de distance entre Pyrgi et Ostie et c'est dans l'intervalle que sont situés Alsium et Fregena. — Ici s'arrêtera notre description du littoral de la Tyrrhénie.

1. Gossellin et Groskurd veulent, d'après l'autorité de Pline, qu'on lise ici 200 au lieu de 300 milles. — 2. M. Meineke écrit partout K6aai, Cosx. Voy. les raisons qu'il en donne, Vind. Strabon,, p. SO. "*- 8. Voy. sur ce nom Hermann : Opusc.y t. V, p. 265.

9. Passons aux villes de rintériear : indépendamment de celles que nous avons déjà nommées, nous y trouvons Arretium, Perusia, Yolsinii et Sutrium, sans compter maintes petites places, telles qu« Bkra» Ferentinum, Falerium ou Faliscum*, Nepita, Statonia et plusieurs autres encore qui s'offrent à nous, les unes dans leur état primitif, les autres avec le rang de colonies romaines, d'autres enfin à l'état de villes déchues, comme voilà Véies et Fidènes, à qui les Romains ont fait expier la trop longue durée de leurs guerres. Suivant quelques auteurs, les habitants de Falerii ne seraient pas Tyrrhéniens d'origine; ils formeraient une nation à part, la nation des Falisques*. On parle aussi d'une ville du nom de FaHsci dont les habitants parlent une langue parti-* culière; mais [ce n'est pas Falerii qu'on entend désigner], c'est la ville d'-^quum Faliscum, qui se trouve sur la voie Flaminienne, entre Ocricli et Bome. Au î»ed du mont Soracte, s'élève la ville de Feronia, ainsi nommée d'une divinité indigène, la déesse Feronia, en grand honneur dans tous les pays circonvoisins et qui a son temple dans la ville même. Ce temple est le théâtre d'une cérémonie étrange : on y voit certains adeptes, possédés de l'esprit, du souffle de la déesse, parcourir nu-pieds, et sans paraître ressentir aucune douleur, un long espace de teri'ain couvert de charbons ardents et de cendre chaude. Et ce spectacle, ainsi que le conventus ou assemblée politique qui se tient tous les ans à Feronia, ne manque jamais d'attirer dans cette ville une grande affluence de monde. Mais de toutes les villes que nous avons nommées celle qui est située le plus avant dans l'intérieur est Arretium. Elle touche en quelque sorte aux montagnes; aussi est^lle à 1200 stades de Rome. Glusium, [qui n'est pas si loin], en est encore à 800 stades. Pérouse est dans le même canton, tout près de ces deux villes. Le grand nombre de lacs, et de lacs immenses, que

1. Kol *aX£piov [au lieu de *o>.£pioi] ^ *oXt<Txov (au lieu de xal *.). Voy. Ind. var. lect., p. 969, col. 2, 1. 3 et 7. — a. Sur tout ce passage difficile, voy. la longue note de M. MûUer (i&td., p. 969, col. 2, 1. 7) qui résume toutes les opinions des précédents commentateurs. Notre traduction n'est pas du reste touf à fait conforme à son explication.

contient la Tyrrhénie, contribue encore à enrichir cette contrée. On navigue, en effet, sur ces lacs [comme sur la mer], et ils nourrissent, avec une quantité prodigieuse de poissons, une foule d'oiseaux aquatiques; de plus, des cargaisons entières de typhéy de papyrus et d'anï/ièZe* descendent jusqu'à Rome par les différents affluents qu'ils envoient au Tibre. On distingue entre autres le lac Uiminien, les lacs de Yulsinii et de Glusium et le lac Sabata, qui se trouve être le plus rapproché de Rome et de la mer, comme le lac Trasumenne, qui est près d'Arretium, s'en trouve naturellement le plus éloigné. C'est près de ce dernier lac que débouche Tun des deux défilés par où une armée venant de la Gaule cisalpine peut entrer en Tyrrhénie, et celui-là justement que franchit Annibal. L'autre, auquel on arrive par la route d'Ariminum après avoir traversé toute l'Ombrie , est incomparablement plus facile, vu que les montagnes s'abaissent sensiblement sur ce point; mais, comme les débouchés de ce second défilé étaient gardés avec soin , Annibal s'était vu forcé de prendre le chemin le plus difficile; ce qui n'empêcha pas du reste qu'après avoir battu Flaminius dans plusieurs engagements très-vifs il ne réussît à s'emparer du passage. Les eaux thermales, très-abondantes en Tyrrhénie , sont une richesse de plus pour ce pays, d'autant que leur proximité de Rome n'y attire guère moins de monde qu'à ^aïes, où se trouvent, comme on sait, les eaux les plus célèbres de toute l'Italie.

10. La Tyrrhénie est bordée, du côté de Test, par l'Ombrie, laquelle part de l'Apennin, voire même de plus loin, et se prolonge jusqu'à l'Adriatique. Dès Ravenne en effet, tout le littoral de l'Adriatique est habité par les Ombres ou Ombriens, et ce sont eux qui peuplent, non-seulement les environs de cette ville , mais toutes les localités à la suite, et Sarsina, et Ariminum, et Sena*. D'après nous,

1. M. Meyer avoue {Botan. Erlâuterungen zu Stràbons Geogr.,p. 22) qu'il désespère de pouvoir identifier convenablement les plantes aquatiques dont Strabon parle i i, surtout la première et la troisième. — 2. Nous supprimons avec les derniers éditeurs le nom suivant, xal Mâpivov, interpolation évidente

rOmbrie comprendrait même encore le fleuve Msis, le mont Cingiile,la ville de Sentinum, le fleuve Mé taure et le lieu appelé Fortunss Fanum ou le Temple de la Fortune, car c'est dans ce canton-là précisément que passait la limite qui séparait, du côté de l'Adriatique, l'ancienne Italie de la Celtique. Disons pourtant que cette limite a été plus d'une fois déplacée par la volonté des chefs de TÉtat; qu'ainsi, après avoir été fixée primitivement au cours de TiEsiSjelle a fini par être reportée jusqu'au Rubicon (l'^Esis coule entre Ancône et Sena, et le Rubicon entre Ariminum et Ravenne, pour aller du reste se jetertous deux dansl'Adriatique). Enfin, aujourd'hui, bien qu'on n'ait que faire de s'occuper d'une semblable question de limites, puisque le nom à* Italie s'applique à tout le pays jusqu'aux Alpes, il demeure constant pour tout le monde que l'Ombrie propre s'étend jusqu'à Ravenne, le fond de la population de cette ville étant d'origine ombrique ou ombrienne. Que si, maintenant, l'on compte 300 stades de Ravenne à Ariminum et 1350 stades d'Ariminum à Ocricli et au Tibre, en suivant la voie Flaminienne qui mène à Rome par l'Ombrie, le tout ensemble nous représentera la longueur de cette contrée ; mais de sa largeur^ nous ne dirons rien , si ce n'est qu'elle est très-variable. En fait de villes, les plus considérables que renferme l'Ombrie cisapennine sont, à conimencer par celles de la voie Flaminienne, Ocricli près du Tibre, Larolum^ Narnie sur le Nar (navigable uniquement pour de petites embarcations, le Nar, après avoir traversé cette ville, va se jeter dans le Tibre un peu au-dessus d'Ocricli), Garsuli enfin et Mevania sur le Teneas, autre rivière qui ne peut porter aussi que de petites embarcations , mais qui suffit pourtant à transporter jusqu'au Tibre les récoltes de la plaine. Nous nommerons encore quelques localités, telles que Forum Flaminium, Nucérie, centre d'une grande fabri-

puisque la fondation de Saint-Marin date du sixième siècle de l'ère chrétienne. Voy. /nd. var. tect.y p. 969, col. 2, 1. 51. — 1. Nom désespéré mais que nous maintenons, parce que, comme dit M. Millier, « Portasse rivuli nomen prope Ocriculos in Tiberim exeuntis latet. »

cation de vases et d'ustensiles en bois, et Forum Sempronium, qui ont dû k leur situation sur une grande voie de communication, bien plus qu'à leur importance politique, Taccroissement de leur popidation. droite, maintenant, de la voie Flaminienne, en allant d'Ocricli à Âriminum, nous rencontrons les villes d'Interamna, de Spoletium,d'iEsium^ et de Camertès, cette dernière en pleines montagnes, et dans la partie de la cbaîne qui forme la frontière entre TOmbrie et le territoire Picentin. Enfin de Tautre côté de la route se trouvent Âmérie et la ville de Tuder, dont la situation est très^forte, Ispellum aussi, et, dans le voisinage même du col [qui donne accès en Tyrrhénie], Iguvium. Tout ce pays est fertile, un peu trop montagnem cependant; aussi produit-il pour la nourriture de ses habitants plus d'é})eautre que de froment. La Sabine, qui fait suiteà TOmbrie, et qui la borde, comme celle-ci borde la Tyrrhénie, est également trèsmontagneuse. De même dans le Latium, les parties qui avoisinent la Sabine et TApennin sont plus âpres que le reste du pays. Mais, tandis que la Sabino et le Latium, qui commencent l'un et Tajitre ai* Tibre et à la Tyrrhénie, ne dépassent pas l'Apennin et s'arrêtent précisément au point où ces montagnes commencent à décrire une ligne oblique par rapport à l'Adriatique, l'Ombrie, comme on la vu, dépaisse la chaîne de TApennin et ne s'arrête qu'à la mer. — Ce que nous avons dit suffit du reste à faire connaître le pays occupé par la nation des Ombres ou Ombriens.

CHAPITBE ra.

La Sabine ou pays des Sabins est une contrée étroite, s'étendant sur une longueur de 1000 stades depuis les bords du Tibre et la petite ville de Nomentum jusqu'à

1. Voy. les raisons que donne M. MûUer (Ind. var. lect.j p. 969, col. 2, 1. 66) pour qu on maintienne la forme A?<nov donnée par les Mss.

la frontière des Vestins. Ses villes, d*ailleurs assez rares, sont toutes aujourd'hui bien déchues de ce qu elles étaient, et cela par suite de cet état de guerre continuel. Nommons pourtant Amitemum, et Reate qui a dans son voisinage le bourg d'Interocrea et les eaux de Gotiliae, eaux froides trèsefficaces contre certaines affections, soit qu'on les boive, soit qu'on les emploie sous forme de bains. Fbruli, qui appartient encore à la Sabine, n'e&i en revanche qu'une enceinte de rochers plus propre à abriter des partisans en temps de guerre civile qu'à recevoir un établissement [régulier et permanent]. Cures aussi, qui n'est plus aujourd'hui qu'une simple bourgade, devait être anciennement une cité illustre, puisqu'elle avait donné à Rome deux de ses rois, Titus Ta-» tins et NumaPompilius, et que c'est du nom même de ses habitants, Kyrites ou Quirites, que se servent à Rome les orateurs en s'adressant au peuple. Quant à Trebula, à Eretum et à d'autres localités aussi peu importantes, c'est parmi les bourgs également, bien plutôt que parmi les villes, qu'il convient de les ranger. — Dans toute la Sabine, le sol est merveilleusement prqpre à la culture de l'olivier et de la vigne ; il produit aussi beaucoup de gland. En outre toute espèce de bétail prospère dans ses pâturages d'une façon singulière, les mulets de Reate notamment jouissent d'une renommée vraiment prodigieuse. Car, s'il est juste de dire en thèse générale que l'Italie est une contrée éminemment propre à Vélève des bestiaux et à l'agriculture, il est constant aussi que les espèces que produit telle partie de l'Italie l'emportent infiniment sur les espèces produites dans telle autre. Les Sabinssont de race très-ancienne, de race autochthone ; il paraît même que les Picentins et !<es Sanmites sont issus de deux colonies sabines, tout comme la nation des Lucaniens est issue d'une colonie samnite, et la nation des Brettiens d'une colonie lucanienne. Or, on s'explique par cette haute et antique origine * Ténei^ie , Théroïsme

1. Il nous a semblé gne la leçon valgaire t^v â' à^iau.6Tnxa donnait un sens issable et qu'or .-♦ — j.- j f i. . . . ^ ,.„j

passable et qa'on pouvait s» dispenser de recourir à la conjecture deOroskurd

avec lequel les Sabins ont résisté jusqu'à présent à toutes les épreuves et qui faisait déjà dire à l'historien Fabius que Rome n'avait commencé à jouir de ses richesses qu'à partir du moment où elle avait réduit à l'impuissance ces indomptables ennemis. La Sabine est traversée par la voie Salarienne, voie d'ailleurs assez courte^ ; de plus, la voie Nomentane, qui part, elle aussi, de la porte Colline, vient rejoindre la voie Salarienne près d'Eretum, un des bourgs de la Sabine.

2. Le Latium actuel, qui fait suite à la Sabine, comprend, avec la ville de Rome, beaucoup d'autres villes qui ne faisaient point partie de l'ancien Latium. A l'époque, en effet, où Rome fut fondée, il existait déjà dans le pays environnant un certain nombre de peuples formant autant d'États plus ou moins considérables : tels étaient les iEques, les Yolsques, lesHerniques et les Aborigènes^ voisins immédiats de Rome, les Rutules de l'antique Ardée, d'autres encore et jusqu'à de simples bourgs, dont les populations, entièrement autonomes ou indépendantes, n'appartenaient à aucun corps de nation. Au sujet de la fondation de Rome] voici ce que marque i A tradition. Énée, accompagné d'Anchise, son père, et de son jeune fils Ascagne, aborde à Laurentum dans le voisinage d'Osties et de l'embouchure du Tibre, et, s'avançant * dans l'intérieur du pays à une distance de 24 stades environ, y fonde une ville. Survient Latinus : c'était le roi des Aborigènes, peuple alors établi aux lieux mêmes où Rome s'élève aujourd'hui; il obtient le secours d'Énée et de ses compagnons contre les Rutules d' Ardée, ses voisins (la distance entre Rome et Ardée est de 160 stades), remporte la victoire et fonde tout à côté de la ville nouvelle une autre ville à laquelle il donne le nom de sa propre fille, Lavinie. Mais les Rutules étant revenus à la charge, un second combat s'engage et Latinus est tué. ÊQée le venge en battant les Rutules, puis réunissant les sujets de Latinus et

1. voy. la note de M. Mûller sur ces moto o& iroUî] oloa, que Xramer proposait d'appliquer à la voie Nomentane ; et, en même temps, sur l'explication qu'en donne M. Meineke, cf. Vind» Strab,, p. 52,

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