‹ Geographie De StrabonChapitre 148 sur 181 · LIVRE vr · texte numérisé non relu

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repartis de Delphes pour Tltalie où ils étaient arrivés après s'être grossis en chemin d'autres Ghalcidiens, ëmigrants volontaires. Mais, suivant Antiochus, cette colonie chalcidienne n'aurait fait que répondre à l'appel des Zancléens, qui lui auraient même donné un des leurs, AnlimnesLos, pour archégète. Un certain nombre de Messéaiens du Péloponnèse s'étaient joints aussi aux Ghalcidiens : chassés de leurs foyers à la suite de discordes civiles et par le parti qui s'était opposé à ce qu'on accordât aux Lacédémoniens aucune éparation de l'injure qui leur avait été faite à Linmae , où des jeunes filles, venues de Sparte avec la mission d'offrir un sacrifice à Diane, avaient été violées et leurs défenseurs massacrés, ces Messéniens s'étaient retirés d'abord à Macistos et avaient envoyé de là à Delphes une députation chargée de reprocher à Apollon ainsi qu'à Diane d'avoir laissé opprimer de la sorte et chasser de leur patrie ceux qui avaient pris en main leur cause, mais chargée en même temps de savoir du Dieu quel moyen de salut pouvait leur rester dans une pareille détresse. Or, Apollon leur avait commandé de partir pour Rhegium avec les Ghalcidiens et de rendre des actions de grâces à la déesse, sa sœur, qui, loin de les perdre, les avait au contraire sauvés en empêchant qu'ils ne fussent enveloppés dans la ruine de leur patrie, destinée en effet à tomber prochainement sous le joug des Spartiates. Les Messéniens avaient obéi, et c'est ce qui explique comment les tyrans de Rhegium jusqu'à Anaxilaùs ont toujours été d'origine messénienne. Antiochus affirme, d'autre part, que, primitivement, tout ce canton était occupé par les Sicèles et les Morgètes, mais que ceux-ci avaient fini par se retirer devant les Œaotriens et par passer en Sicile. Quelques auteurs veulent même que la ville de Morgantium [en Italie] ait emprunté son nom des Morgètes. Pour en revenir à Rhegium, disons que cette ville, très-forte par elle-même et par le grand nombre de colonies dont elle s'était entourée, a été de tout temps le boulevard de l'Italie contre la Sicile; on en a eu la preuve de nos jours encore, quand Sextus Pompée souleva les populations de cette île. D'oîi est venu maintenant ce nom de

Rhegium qui loi a été donné? S'il faut en croire Esehyle, il rappellerait l'antique cataclysme survenu en ces" contrées. EÂchyle, en effet, et maint auteur comme lui supposent qu'à ' la suite de forts tremblements de terre la Sicile a été dé^ tachée, arrachée du continent, âTroppâtY^vo», « mot, ajoute le^poète, dont on a fait Rhegium^ le nom même de la viUe; » Se. fondant sur l'aspect et la nature des lieux, tant aux en^ virons de TiElna que dans telle autre partie de la Sicile, à lipara et dans les îles qui l'entourent, à Pithécusses enfin et sur toute la côte vis-à-vis, ces auteurs jugent par analogie que les choses ont dû se passer de même pour la formation dadé* troit. Aujourd'hui, à vrai dire, qu'on voit ici à la surface dû' sol tant d'orifices béants par où le feu intérieur fait éruption^' et rejette ces masses ignées et ces torrents d'eau chaude, on ne parle plus guère de tremblements de terre aux environs du détroit. Mais anciennement, lorsque toutes ces issues étaient encore obstruées, le feu et l'air comprimés dans ler^ entrailles de la terre produisaient de violentes secousses ; et Ton conçoit qu'ébranlées par ces secousses, en mêmetemps qu'elles étaient battues par les vents, les terres aient < fini un jour par céder et qu'elles aient en se déchirant livré'' passage aux deux mers, à la mer de Sicile d une part et à ^ la mer Tyrrhénienne de l'autre, d'autant que cette dernière ^ mer s'est frayé maints passages semblables entre les difiPë^t.. rentes îles de la côte d'Italie, témoin Proohyté et Pithécusses qui ne sont assurément que des fragments détachés du continent, témoin aussi Gaprée, Leucosie, les Sirène»^' et les Œnotrides. D'autres Ile»,' jcle sais, passent pour éU^« sorties du sein de la mer, et c''e»t mèmelà, j'en convioiis,'; pour les îles situées au large, l'origine la plus vraisembla^» bief mais , quand il s'agit d'ilôs situées dans le voisinagede promontoires et séparées de la côte rien que par d'étroitir* canaux, il y a plus d'apparence qu'elles auront été détachëèn^i arrachées de la terre ferme. Estnce là pourtant ce qui a failli donner à la ville en question* le nom de Rhegiam? Oo<le" doit^elle à sa propre illustration, les Samnites l'ayant appelée> • ainsi du mot qui en latin signifie royal^ parce V^^ sespre-^

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