LIVRE VI
miers magistrats jouissaient du droit de cité romaine et se ' servaient habituellement de la langue latine? Je laisse à >( d'autres le soin de décider quelle est la plus plausible ^ler deux explications. Du reste, ni Tillustration de son nom^jui: la multitude de ses colonies j ni le grand nombre d'hommes^ distingués qu'elle avait produits soit dans la politique , s(àt\ dans les sciences, n'empêchèrent que Denys ne détruisît l cette ville de fond en comble, pour se venger de ce qu'ett^ réponse à sa demande d'épouser une jeune £lle de Rhegittm on lui avait envoyé la fille du bourreau. Denys le jeune^ il est vrai, restaura un quartier de l'ancienne ville et l'appela Phœbia. Mais, plus tardy lors des guerres de Pyrrhus^ les Campaniens formant la garnison de Rhegium égorgèrent^ < par une odieuse violation des traités, un très- grand nombret ; d'habitants. Puis ily eut, peu de tempsavant la guerre Mar^' sique, de terribles tremblements de terre^ qui renversèrent i une bonne partie des maisons de la ville. Enfin Céaaa^ka** guste, revenant de la Sicile, où il était allé pour en chassar Pompée, fut frappé de Tétat de dépopulation dans lequel était tombé Rhegium : il y établit à demeure un certain nombre^) de soldats de sa ilotte, et, grâce à cette mesure, cette villes; se trouve aujourd'hui de nouveau passablement peuples^?
7. A une cinquantaine de stades à TE. de Rhegium r^ la^: côte nous offre la pointe de let^copelm, ainsi nonmiée de sa couleur [blanche] : c'est là que la chaîne de l'Apeiminn est censée finir. Puis l'on gagne le cap Heraclœumi^ qui(i marque l'extrémité méridionale de l'Italie; et, en leffety à^ peine a-t-on doublé ce cap qu on est pris par le Lip^.etr poussé vers la pointe de Japygie, où la côte commencera-» se détourner sensiblement au N. et à l'O. pour remonteri le long du golfe Ionien. Â THeraclseum succède, surde*.' territoire Locri en, le promontoireZephyrium,avec un hawMr^ ouvert au vent d'ouest, ce qui lui a fait donner le nom qu-'il porte. Vient ensuite la ville de Locres {Locri Epizephyrii^ qui doit naissance à une colonie de Locriens (de Locriens du golfe de Crissa), amenée par Évanthès peu de temps après la fondation de Grotone et de Syracuse. Éphore se trompe
432 GÉOGRAPUIE DE STRABON.
quand il attribue la fondation de cette ville à une colonie de Locriens Opontiens. Pendant trois ou quatre ans, la colonie locrienne demeura établie sur le Zephyrium même; mais au bout de ce temps la nouvelle ville fut transportée ailleurs. Les Syracusains s'étaient joints [aux Tarentins*, disons mieux, aux Lacédémoniens de Tarente], pour aider les Locriens dans cette opération. La fontaine Locria marque encore le lieu où ceux-ci avaient campé d'abord. La distance de Rhegium à Locres est de 600 stades. La ville même est bâtie sur un mamelon dit TEpopis*.
8. On croit généralement que les Locriens ont été les premiers à posséder des lois écrites. Ils goûtaient depuis longtemps déjà les fruits d'une législation excellente, qyand Denys, chassé de Syracuse, vint leur faire connaître par ses excès et ses violences le régime le plus contraire aux lois ; il se glissait, par exemple, dans la chambre préparée pour l'hymen et jouissait de Tépouse avant l'époux, ou bien il se faisait amener les plus belles filles de la ville, et, sous les yeux de ses convives, les forçait à courir toutes nues, quelques-unes même chaussées de sandales d'inégale hauteur (d'une sandale très-élevée et d'une autre très-basse pour que le spectacle fût plus obscène apparemment), à courir, dis-je, en cet état, autour de la salle du banquet après une volée de colombes dont on avait eu soin précédenmient de rogner les ailes'. Le tyran, du reste, expia chèrement sa conduite, quand plus tard il voulut repasser en Sicile pour essayer de reprendre possession de son trône, car les Locriens, s'étant débarrassés aussitôt de la garnison qu'il leur avait laissée, se déclarèrent indépendants et firent mainbasse sur sa femme et sur ses enfants, sinon sur tous, au moins sur ses deux filles et sur son fils cadet, jeune garçon déjà entré dans Tadolescence. Quant au fils aîné,
1. M. Millier a su dégager le nom des Tarentins, TapavTîvoiç, des mots dénués de sens â\i.a ^àp outoi iv oiç, que donnent les Mss. Et c'est là, sans contredit, une des plus neureuses restitutions de cet éminent palœographe. Voy. sa note à l'appui, Inu. var, lect., p. 9715, col. 2, 1. 39. — 2. Au lieu de 'Eaûmv. correction de M. Meineke. Voy. Vind. Strab., p. 59. — 3. KoXoinépouç, peut-être même x'.XoeoiîTtoouç, au lieu de ôXoircipouç, correction de M. Meineke. Voy.. Vind. Strab., p. 60.