‹ Geographie De StrabonChapitre 159 sur 181 · Voy. Nem., I · texte numérisé non relu

Voy. Nem., I

de la mer; au contraire, on le voit tomber et déboucher directement dans la mer. Je ne sache pas maintenant qu'en mer, k portée de la côte, on ait signalé de tourbillon capable d'engloutir le courant du fleuve, auquel cas d'ailleurs ses eaux ne seraient pas encore complètement préservées d'amertume *. La chose est donc tout à fait impossible. La nature des eaux de TAréthuse, lesquelles sont parfaitement douces et potables, suffirait déjà à démontrer la fausseté de la tradition; mais cette autre circonstance, que le courant du fleuve persiste aussi avant dans la mer sans se confondre avec elle de manière à atteindre ce prétendu canal souterrain où Ton vent qu'il s'engage, cette circonstance, dis-je, prête à la tradition toute l'invraisemblance de la fable. G est à peine en eôet si nous admettons ce phénomène pour le Rhône, dont le courant demeure distinct et laisse sa trace parfaitement visible sur toute la longueur du lac qu'il traverse, et pourtant il ne s'agit là que d'un trajet relativement court, à travers un lac toujours paisible. Coomient donc l'admettre quand il s'agit d'une mer agitée de si fréquentes et de si horribles tempêtes? Quant au fait de la coupe, il n'a d'autre portée que de grossir encore le mensonge : un corps semblable ne suivrait pas le cours ordinaire d'un fleuve, à plus forte raison un cours si long et si irrégulier *. Sans doute il n'est point rare que des fleuves se perdent et coulent sous terre ; plus d'un pays nous en ofl're des exemples, mais ce n'est jamais sur un si long espace, et, d'ailleurs , le fait en soi fût-il possible , les circonstances qui l'accompagnent n'en demeureraient pas moins impossibles, aussi impossibles que l'est le cours fabuleux qiie Sophocle prête à l'Inachus lorsqu'après avoir dit :

c 11 descend des sommets du Pinde et duLacmus ; puis, laisf sant les Perrhaebes, il visite TAmphiloque, et passe chez l'A* « carnane, qui le voit s'unir à l'Achéloûs,

i. Suivent quelques motsôjiwç... peiOpov, qu'à l'exemple de M. Meineke nous avons supprimés comme n'étant qu'une malencontreuse interpolation. — 2. Aii ToioûTuy Kô^wv au lieu d'ôfûv que donnent les Mss., correction de Coray.

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