‹ Geographie De StrabonChapitre 160 sur 181 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

il ajoute un peu plus bas :

c De là, fendant les flots de la mer, il atteint dans Argos au d dème de Lyrceus *. »

Plus exact que Sophocle, Hécatéa ne confond pas ainsi rinachus d'Argolide et llnachus Amphilocbien, et c'est après les avoir distingués expressément qu'il nous montre ce dernier descendant, comme i'^Eas, des flancs du Lacmus, et, comme Argos Amphilochicum, empruntant son surnom du héros Amphilochus, pour aller se jeter dans TAchéloûs, tandis que TiÉas coule à TO. dans la direction d'Apollonie. Pour en revenir à Ortygie , il existe de chaque côté de nie un port spacieux : le plus grand des deux a 80 stades de circuit. Indépendamment de Syracuse, César rebâtit Gatane et Centoripaj ville qui n'avait pas peu contribué à la ruine de Pompée. Centoripa est située au-dessus de Gatane , au pied même de l'iËtna et non loin du fleuve Symœthus, lequel arrose ensuite le territoire de Gatane. [Une autre colonie de Naxos, Leontium, a eu également beaucoup à souffrir pendant la guerre contre Sextus Pompée. Il est remarquable seulement qu'ayant partagé en tout temps les infortunes de Syracuse, cette ville n'ait pas eu part de même à toutes ses bonnes fortunes^.]

5. Des deux autres côtés de la Sicile, celui qui va du cap Pachynus au cap lilybéen est aujourd'hui entièrement dé* peuplé et offre à peine quelques vestiges des nombreux établissements que les anciens y avaient fondés, et entre lesquels

1. Sait ane longue phrase que M. Meineke a reconnue (ajuste titre, suivant nous) pour une interpolation, et qu'il a, comme telle, rejetee duteite. — 2. Cette phrase qui se trouve habituejlement placée à la fin du $ 7 est reportée par Siebenkees , Groskurd , Kramer, Meineke et MûUer au % 6, après la mention que fait Straboa de la fondation d'Eubœa par les Léontins. Mais, malgré ce concours d'imposantes autorités, il nous a paru que ladite phrase était mieux placée ici : cette comparaison entre Syracuse et Leontium, le dernier trait surtout, qui pourrait bien être un reproche discret et mesuré à l'adresse d'Auguste, lequel avait restauré Syracuse, Gatane. Gentoriça,mais avait négligé Leontium, se comprend à merveille ici, U^ndis qu il perd ailleurs tout sel et tout à-propos.

on distlDguait Camarina, colonie de Syracuse. Les seules villes qui y soient restées debout sont Agrigente, colonie de Gela, le port d' Agrigente et Lilybée. Étant plus rapproché que les deux autres de Garthage, ce côté do la Sicile s'est trouvé être naturellement l'objet d'attaques continuelles de la part des Garthaginois et le théâtre dé longues guerres qui ont en grande partie ruiné le pays. Quant au dernier côté (qui est aussi le plus grand des trois), il compte, sans être encore très-peuplé, un assez grand nombre de lieux habités, Alœsa, par exemple, et Tyndaris, et Temporium ou comptoir des ^Egestéens, et CephalaBdès*, qui sont même à proprement parler autant de petites villes, puis Panorme, ville élevée aujourd'hui au rang de colonie romaine, et l'antique ^Egeste, fondée, dit-on, par ces compagnon» de Philoctète dont nous avons déjà parlé dans notre description de l'Italie, et qui, par ordre du héros^ quittèrent la Grotoniatide et passèrent en Sicile son» la conduite du Troyen ^Egeste. Citons encore sur cette côte, parmi les lieux habités, la haute montagne d'ÉryXj avec son temple de Vénus, objet en tout temps d'une vénération extraordinaire , et rempli autrefois de femmes esclaves que, dans leur piété, les Siciliens et miainte autre nation étrangère vouaient au culte de la déesse. Aujourd'hui pourtant la ville d'Éryx ne compte plus qu'un petit nombre d'habitants; le temple, de son côté, a perdu toute" celte population vouée au culte de Vénus. Sur le modèle* de ce temple on a bâti à Home, en avant de la porte Golliii», le temple dit de Vénus Érycine, remarquable p» lé beau portique qui en entoure la ceWa*.

6. Dans Tintérieur de l'île, la ville d'Enna, où est ce fameux temple de Gérés, ne compte plus aussi qu'un petit nombre d'habitants : elle est située sur une montagne entourée de vastes plateaux, tous^ d'une extrême fertilités Ries

1. Sur la vraie forme de ce nom, voy. Meineke : Vind, Sirab.f p. 70. — 2; à l'imitation de M. Meineke, nous ayons transporté ici, comme à sa vraie plao^ xe passage qui habituellement se lit dans le S 6 après la phrase 'Eicotov.... itXciou(. — 3. nstrtv au lieu de «s^em, correction de coray.

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