‹ Geographie De StrabonChapitre 18 sur 181 · I. Hom., //tVKfe,XI · texte numérisé non relu

I. Hom., //tVKfe,XI

proches, de choses universellement connues. Qu'il n'en ait rien dit, peu importe : le silence n'est point signe d'ignorance (Homère n'a point parlé davantage du lieu de sa naissance ni de mainte autre circonstance qu'assurément il connaissait) : la cause en est bien plutôt qu'il aura jugé hors de propos de rappeler des faits trop connus à des gens qu'il savait déjà instruits.

23. Cette autre imputation d'ignorance qu'on élève parfois contre Homère au sujet de Pharos, et pour l'avoir qualifiée d'?/e pélagienne (comme qui dirait île de la haute mer), n'est pas mieux fondée. Peut-être, même y a-t-il lieu de voir dans cette circonstance la preuve qu'Homère n'a rien ignoré des particularités que nous signalions tout à l'heure au sujet de l'Egypte. Jugez-en plutôt. Ceux qui aiment à narrer leurs voyages sont tous volontiers hâbleurs : Ménélas était du nombre. Ayant remonté jusqu'au pays des Éthiopiens , il avait naturellemeht entendu parler des crues du Nil et savait aussi comment les atterrissements du fleuve ajoutent sans cesse à l'étendue de l'Egypte ; il savait notamment ce que, par suite de ces dépôts successifs, le continent avait déjà gagné sur le canal situé en avant des bouches du fleuve, circonstance qui a donné lieu à ce mot si juste d'Hérodote, que l'Egypte tout entière est un présent du Nil, ou sinon l'Egypte tout entière, du moins la région qui s'étend au-dessous du Delta et qu'on nomme la Basse- Egypte. Mais on avait dû lui dire en même temps que l'île de Pharos se trouvait primitivement en pleine mer. Or, c'en était assez pour qu'il imaginât, par un mensonge gratuit, et, bien qu'il n'en fût plus ainsi de son temps, de représenter cette île toujours aussi éloignée des côtes d'Egypte qu'elle avait pu l'être dans l'origine. — Oui, mais qui fait mentir Ménélas de la sorte? Le poëte. Le poète n'ignorait donc, à ce qu'il semble, ni le phénomène de^ crues du Nil, ni cette autre circonstance qu'il compte plusieurs bouches.

24, Même erreur de prétendre qu'Homère a ignoré l'existence de l'isthme qui sépare la mer d'Egypte du golfe Arabique et qu'il a menti grossièrement en représentant

« Les Éthiopiens, aux derniers confins de la terre, partagés « en deux nations*. :»

L'expression d'Homère est aucontraire parfaitement juste, et c'est à tort que les modernes Tont critiquée; loin d'avoir, ainsi qu'ils le prétendent, ignoré l'existence de cet isthme, Homère, je ne crains pas de Taffirmer, en avait pleine connaissance; je dis plus, il a, dans le passage en question, désigné l'isthme en termes exprès, et ce sont les grammairiens mêmes, à commencer par Aristarque et Gratès, ces coryphées de la critique, qui n'ont point su comprendre le sens de ses paroles. Voici déjà qui le prouve : pour compléter le sens de ce vers,

a Les Éthiopiens, qui habitent aux derniers confins de la terre, partagés en deux nations, »

Homère en ajoute un autre, sur le texte duquel Aristarque et Gratès ne s'accordent même point, Aristarque voulant qu'on écrive

Oî MÈN SuffojAEVou *rirepiovoç, oi a' àvCovxoç,

« L'une au couchant, l'autre au levant, v et Gratès proposant de lire

^HmÈn 8u<ro{i£Voy *r7cepiovo;, ôa' àviovxo;,

c A la fois au couchant et au Tevant, >

sans que, du reste, pour leurs thèses respectives, il importe le moins du monde qu'on adopte une leçon plutôt que l'autre. Voici en effet quelles sont ces thèses : affectant, comme toujours, de raisonner en mathématicien, Gratès coiimience par poser en principe que la zone torride est occupée par l'Océan et se trouve bornée de part et d'autre par la zone tempérée, tant la portion que nous habitons que la portion qui se trouve dans l'hémisphère opposé ; puis, s'appuyant sur ce que le nom à* Éthiopiens désigne pour nous toutes les populations méridionales, répandues le long de

i. nom. j Odyssée, t, 22»

rOcéaD, et qui semblent former la bordure extrême de la terre habitée, il coDclut que, par analogie, on doit concevoir au delà de TOcéan l'existence d'autres Éthiopiens, occupant par rapport aux différents peuples de cette seconde zone tempérée et sur les bords dudit Océan la même situation extrême. Et de la sorte, ajoute-t-il, il y a bien effectivement deux nations d'Éthiopiens séparées Tune de l'autre par rOcéan. Pour expliquer maintenant l'addition de ce second vers ,

c A la fois au couchant et au levant, »

il fait remarquer que , comme le zodiaque céleste est toujours directement placé au-dessus du zodiaque terrestre, et que celui-ci, dans son obliquité, ne dépasse jamais Tune ou l'autre Ethiopie, il faut nécessairement aussi concevoir que le soleil accomplit sa révolution tout entière dans l'intervalle céleste correspondant aux mêmes limites, s'y levant et s'y couchant en difiérents points e{ avec des apparences diverses pour les différents peuples. Telle est l'explication que propose Gratès, et qu'il juge la plus conforme aux principes astronomiques; mais il aurait pu dire plus simplement, sans abandonner pour cela sa thèse sur le fait même de la division des Éthiopiens en deux nations, que les Éthiopiens s'étendent du levant au couchant, et habitent tout le long de l'Océan sur i'un et l'autre rivages. Et alors qu'importe, pour le sens, qu'on lise le vers en question tel que Gratès le donne, ou comme l'écrit Aristarque^

« L'une au couchant, l'autre au levant, >

ce qui revient bien à dire que les Éthiopiens habitent tant au couchant qu'au levant des deux côtés de l'Océan? Aristarque, lui, rejette l'explication de Gratès et veut que cette division en deux nations distinctes se soit, dans la pensée d'Homère, appliquée uniquement aux Éthiopiens de notre hémisphère, à ceux-là même, qui, pour nous autres Grecs, représentent l'extrémité méridionale de la terre; et comme en fait cette division n'existe pas, qu'il n'y a point là deux

Ethiopies, Tune occidentale, Tautre orientale, mais bien une seule située au midi par rapport à la Grèce et contiguë à rÉgypte, il en conclut que, sur ce point comme sur tant d'autres, signalés par Apollodore dans le second livre de son Commentaire sur le catalogue des vaisseaux, Homère a ignoré la vérité, et, par ignorance, substitué à la géographie réelle une géographie fantastique.

25. Pour répondre à Cratès, il faudrait s'engager dans une discussion fort longue, qui n'aurait peut-être pas grand rapport avec l'objet qui nous occupe. Quant à Arislarque, s'il mérite qu'on le loue d'abord pour avoir rejeté l'hypothèse de Cratès, laquelle en effet prête à mille objections, et pour avoir entrevu qu'il s'agissait, dans le passage d'Homère, de notre Ethiopie et non point d'une autre, sur le reste, en revanche, il nous paraît, lui aussi, dontfer prise à la critique. Premièrement, il n'avait que faire de disserter si minutieusement sur la leçon à adopter, l'une et l'autre leçons pouvant également bien s'ajuster à son sens. Y a-t-il, en eôet, la moindre différence à^ dire : « On compte dans notre hémisphère deux nations d'Ethiopiens, Vune à Vorient^ Vautre à r occident y » ou ceci : « On compte dans notre hémisphère deux nations d'Éthiopiens, car il y a de ces Éthiopiens tant à V orient qu*à l' occident? » En second lieu, l'opinion qu'il soutient repose sur certains faits matériellement faux. Supposons avec lui que le poëte a effectivement ignoré l'existence de l'isthme et que c'est bien des Éthiopiens limitrophes de TÉgypte qu'il a voulu parler dans ce vers,

c Les Éthiopiens divisés en deux nations, >

ne le sont-ils pas en efiet? Et est-ce vraiment par ignorance que le poëte s'est exprimé ainsi ? L'Egypte et les Égyptiens, depuis le Delta jusqu'à Syène, ne sont-ils pas divisés, partagés en deux par le Nil,

c Ceux-ci au couchant, ceux-là au levant? s

Et rÉgypte est-elle autre chose que la vallée même du

fleuve, autrement dit le terrain inondé par ses eaux ? Ne s'étend-elle point des deux côtés du Nil, au levant et au couchant ? Mais TÉthiopie , à son tour, est le prolongement direct de TÉgypte, elle offre avec ce pays de grandes analogies et par sa situation relativement au cours du Nil et par la disposition générale des lieux: comme TÉgypte, elle est étroite, longue et sujette à des inondations périodiques, et tout l'espace situé en dehors de la limite des débordements du fleuve, tant sur la rive orientale que sur la rive occidentale, n'y est de même qu'un désert aride, presque partout inhabitable : cela étant, pourquoi donc ne seraitelle pas, elle aussi, divisée en deux régions distinctes? Le Nil, par la longueur de son cours, lequel s'étend à plus de mille stades au midi, et par la largeur de son lit, capable d'enserrer des îles peuplées de plusieurs milliers d'hommes, comme voilà Méroé, la plus grande de toutes, Méroé, résidence des rois d'Ethiopie et métropole de la contrée, le Nil, dis-je, a pu paraître à ceux qui veulent à toute force séparer l'Asie de la Libye une ligne de démarcation suffisante, et il n'aurait pas suffi à partager en deux l'Ethiopie ! Quelle est pourtant la principale objection de ceux qui s'élèvent contre cette délimitation des deiix continents par le fleuve ? Que l'Egypte et l'Ethiopie se trouvent par là en quelque sorte démembrées et divisées en deux parties, l'une libyque et l'autre asiatique , inconvénient trèsgrand en effet, et qu'on ne peut éviter qu'en renonçant tout à fait à délimiter les deux continents, ou en leur cherchant une autre ligne de démarcation que le fleuve.

26. En dehors de ces expKcations, du reste, on pourrait concevoir encore d'autre façon la division de l'Ethiopie en deux parties. Tous les navigateurs qui ont, dans l'Océan, longé les côtes de la Libye, soit à partir de la mer Erythrée, soit à partir des colonnes d'Hercule, après s'être avancés plus ou moins loin, se sont trouvés arrêtés par différents obstacles et ont dû rétrograder, ce qui a donné, lieu de croire, en général, que le passage était intercepté par un isthme, bien que la mer Atlantique, surtout dans sa partie

australe, ne forme qu'un seul et même courant continu. Mais tous s'étaient accordés à appeler Ethiopie les points ou contrées extrêmes, terme da leur navigation, et à les faire connaître sous cette dénomination. Qu'y aurait-il donc de déraisonnable à admettre qu'Homère, sur la foi de semblables récits, a cru devoir partager les Éthiopiens en deux groupes, Tun oriental, l'autre occidental^ en attendant qu'on sût s'ils occupaient aussi ou n'occupaient point tout l'espace intermédiaire ? Éphore, enfin, rapporte une autre tradition fort ancienne, qu'on peut supposer sans invraisemblance avoir été connue d'Homère: suivant cette tradition, qui avait cours, dit-il, parmi les Tartessiens, les Éthiopiens auraient poussé leurs incursions dans Tintérieur de l'Afrique jusqu'au Dyris [ou Atlas] ^ et y auraient laissé une partie des kurs, tandis que le reste se serait répandu tout le long du littoral; or Éphore conjecture que c'est le fait de cette séparation qui a suggéré à Homère l'expression suivante :

(c Les Éthiopiens divisés en deux nations aux extrémités de « la terre. a>

27. Voilà déjà ce qu'on pourrait répondre à Aristarque et à ses partisans ; mais il y a maint autre argument plus plausible encore à faire valoir, pour achever de décharger le poëte de l'imputation de grossière ignorance qui pèse sur lui. Ainsi, en me reportant aux opinions des anciens Grecs, en voyant comment ils comprenaient tout ce qu'ils connaissaient de peuples septentrionapx sous le seul et même nom de Scythes, ou sous celui de nomades qu'emploie Homère, et comment plus tard, avec le progrès des découvertes dans l'Occident, ils adoptèrent aussi pour cette partie de la tçrre des dénominations générales, soit les noms simple» de Celtes et d'IbèreSy soit les noms mixtes de Celtibères et de Celtoscythes, étant réduits par ignorance à ranger ainsi sous une seule et même dénornination des peu-

1. Nous avons cru pouvoir traduire ce passage d'après la correction si. heureuse de M. Ch. Muller de^û^toK en aûçîwç. Voy. son Itidex varix lectioniSy p. 942, col. 3, 1. 2 et suiv. Cf. Hase, Journal des Savants^ 1858, p. GS'Q.

pies séparés et distincts, je crois pouvoir affirmer que le nom d^Éthiopie désignait de même pour eux toute la région méridionale de la terre baignée par l'Océan. Et voici qui le prouve. C'est d'abord un passage du Promélhée déchaîné d'Eschyle * :

a [Là tu verras] l'Erythrée rouler ses flots sacrés sur

«r un sable rougi, et s'étendre non loin de TOcéan, ce lac aux « reflets d'airain, ce lac, source de richesses pour TÉthiopien, « où le soleil, qui voit toute chose, vient plonger sans cesse « son corps immortel et par les chaudes ablutions d'une eau « doucement pénétrante retremper l'ardeur de ses coursiers « fatigués. 9

Gomme c'est, en effet, dans toute la longueur du climat méridional que TOcéan rend au soleil le service dont parle le poëte et se trouve avoir par rapport à l'astre du jour la position indiquée dans ces vers, on peut en conclure, ce semble, qu'Eschyle croyait les Éthiopiens répandus réellement sur toute la longueur du climat méridional. On lit maintenant dans le Phaéthon d'Euripide que Clymène avait été donnée à Mérops,

a Mérops, souverain maître de cette terre que, du haut de a son rapide quadrige, le soleil levant frappe d'abord de ses c feux dorés : ses noirs voisins rappellent Pétincelante étable € où se reposent les coursiers de Taurore et du soleil ^. b

Dans le présent passage, à la vérité, le poêle attribue t réiincelante étable » en commun aux coursiers de l'Aurore et à ceux du Soleil ; mais dans tout ce qui suit il se borne k dire qu'elle est placée non loin du palais de Mérops. Or, cette donnée gi^ographique, parla façon du moins dont elle est liée à l'ensemble du drame, ne salirait s'entendre exclusivement de notre Ethiopie, limitrophe *de TÉgypte, et elle nous paraît embrasser plutôt toute l'étendue des côtes de l'Océan, d'une extrémité à l'autre du climat méridional.

1. cf. Ahrens : jEschylifragmmta^^zxis, Didot, 184S),p. 190-19Î.

2. Cf. W^agner : fiurtpicft* /-ra^merKa (Paris, Didot, 1846), p. 801.

28. Éphore explique aussi dans le même sens l'opinion des anciens au sujet de l'Ethiopie. Voici en effet ce qu'on lit dans sa Description de VEurope, « Supposons le ciel et la terre divisés en quatre régions : les Indiens occuperont celle d'où souffle Tapéliote ; les Éthiopiens, celle d'où souffle le notus ; les Celles, la région du couchant ; et les Scythes, la région boréale. » A quoi il ajoute que l'Ethiopie et la Scylhie sont plus étendues que les deux autres régions, rÉthiopie se prolongeant depuis le levant d'hiver jusqu'à l'extrême occident, et la Scythie se trouvant située juste à Topposite. Qu'Homère, maintenant, ait partagé ces idées, la chose ressort clairement et de la position qu'il assigne à Ithaque,

« Vers la sombre région (autrement dit vers le Nord), tanc dis que les autres îl» s s'écartent davantage vers I'auhore et « LE soleil *, »

(expression qui, pour lui. désigno tout le côté méridional de la terre), et de cet autre passage,

a Soit qu'ils volent à droite du côté de Vaurore et du soleil. « soit qu'ils gagnent à gauche la région ténébreuse du ciel*, >

et de celui-ci encore,

« Allons, amis, puisque nous ignorons et le côté de la nuit c et le côté de Taurore, et le point de l'horizon où le soleil, ce c flambeau des humains, descend au-dessous de la terre et le « point d'où son char remonte et s'élève au-dessus ', »

tous passages, du reste, sur lesquels nous revenons vlans notre description d'Ithaque pour les mieux éclaircir. tionséquemment, dans ce vers, .

« Car Jupiter s'en fut hier vers l'Océan pour visiter les verc tueux Éthiopiens * , i

il nous faut généraliser le sens et entendre que l'Océan se

1. Hom., OdysséSy IX, îî5. — a. Id., Iliade. XII 239. — 3. Id., Odyssée, X, 190 -- 4. Id. iUade, 1, 423.

déploie sur toute la longueur du climat méridional et TÉthiopie pareillement, puisque, sur quelque point dudit climat que vous arrêtiez votre pensée, c'est toujours sur TOcéan et sur TÉthiopie que vous tombez. C'est dans un sens général aussi que le poëte a dit ailleurs,

« Mais il fut aperçu de Neptune , qui revenant alors des « rivages de l'Ethiopie, du haut des monts Solymes, le décou- « vrit au loin *, »

cette double expression « des rivages de TÉthiopie , du haut des nionts Solymes » étant l'équivalent de celle-ci « des régions du Midi » ; car ce n'est point des Solymes de Pisidie qiie le poëte parle ici, mais d'un peuple imaginaire, avonsnous dit, portant le même nom, et qu'il suppose placé par rapport à l'esquif siir lequel erre son héros et par rapport aux peuples situés au sud de ce point (lesquels ne sauraient être que ses Éthiopiens) juste dans la même position où les Solymes de Pisidie se trouvaient être par rapport au •Pont et à l'Ethiopie proprement dite, sise au-dessus de rÉgypte. Ce qu'Homère enfin dit des grues doit être pris également en thèse générale :

c Fuyant l'hiver et les pluies torrentielles, elles s'envolent c en criant vers les rivages de l'Océan, et leuro cris annoncent c à la nation des Pygmées et la guerre et le trépas *. »

Car ce n'est pas en Grèce seulement qu'on voit ainsi les grues émigrer vers le Midi ; les choses ne se passent pas autrement en Italie, en Ibérie, aux environs de la mer Caspienne et dans la Bactriane. Mais, comme* il est constant que l'Océan règne tout le long du littoral méridional, et que les grues se portent sur tous les points de l'Océan indifféremment pour y chercher un abri contre les frimas, il faut admettre en même temps que, dans la pensée d'Homère, les Pygmées étaient répandus sur toute la longueur de ses rivages. Que si,, maintenant, il a plu aux modernes

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